Bach, Mozart et Fauré à l’orgue

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
48$* à 81$*
Dates de ce concert
Samedi 21 Février 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Isabelle Demers, organorgue
Marianne Fiset, sopranosoprano

Présentation du concert

Bach, Prélude et fugue en la mineur, BWV 543 (approx. 8 min.)

Mozart, Exsultate, jubilate, motet pour soprano et orgue, K. 165/158a (approx. 15 min.)

Schumann, Six études en forme de canon, op. 56, n˚4 en la bémol majeur (approx. 5 min.)

Reger, Fantaisie pour orgue sur « Einfeste Burg ist unser Gott », op. 27 (approx. 13 min.)

MacMillan, Cortège académique (approx. 5 min.)

Barié, Élégie, op. 5

Fauré, Requiem, op. 48, « Pie Jesu » (approx. 3 min.)

Daveluy, Sonate pour orgue no 6, « Toccate » (approx. 10 min.)

Même si la mode actuelle est aux « cycles complets », la tradition veut qu’un récital offre un répertoire équilibré de musiques variées d’où émane une unité d’expression. Conforme à cet usage, le récital d’orgue de ce soir exploite la polyvalence de l’orgue dans un parcours à travers le temps, la géographie, les styles et les timbres. Depuis la grandiose solennité de la Fantaisie de Reger jusqu’à la sublime intimité du « Pie Jesu » de Fauré, l’orgue symphonique moderne couvre le spectre complet de l’expression musicale.

Johann Sebastian Bach
Né à Eisenach, le 31 mars 1685
Mort à Leipzig, le 28 juillet 1750

Prélude et fugue en la mineur, BWV 543
Composé au tout début du 18 e siècle, tandis que Bach est organiste à la cour du duc de Saxe-Weimar (1708-1717), le Prélude et fugue en la mineur est représentatif représentatif de plusieurs aspects stylistiques tant de la jeunesse que de la maturité du compositeur. Selon l’esprit d’une toccata traditionnelle, le prélude explore tout le registre de l’orgue dans un style improvisatoire. Les premières mesures sont faites de motifs qui commencent dans l’aigu des claviers et descendent par mouvement chromatique vers le grave pour se poursuivre sur une note tenue au pédalier. La fugue déroule un contrepoint très développé, d’une richesse croissante à chaque nouvelle entrée du sujet. Témoignant à la fois de la complexité et de la puissance de l’orgue, la pleine texture « orchestrale » est atteinte au moment de l’entrée majestueuse du thème à la pédale.

 

Wolfgang Amadeus Mozart
Né à Salzbourg, le 27 janvier 1756
Mort à Vienne, le 5 décembre 1791

Motet Exsultate, jubilate, K. 165/158a
C’est en 1773, à Milan, que Mozart met en musique l’Exsultate, jubilate, œuvre pleine d’exubérance et d’espoir, à l’intention du fameux castrat Venanzio Rauzzini qu’il admire pour sa voix et son habileté technique. Comme dans les meilleures pièces vocales du compositeur, les exigences techniques sont spécialement adaptées à l’interprète choisi : vocalises audacieuses et amples mélodies. Bien qu’il soit divisé en quatre sections principales si on considère le récitatif annexé au premier mouvement, le motet comporte trois mouvements dont l’humeur varie entre l’exaltation du premier Allegro, lequel est une invitation à la réjouissance, la méditation de l’Andante et l’expression de la joie pure et sans entrave de l’Alléluia final.

 

Robert Schumann
Né à Zwickau, le 8 juin 1810
Mort à Endenich, le 29 juillet 1856

Six Études en forme de canon, op. 56, Noo 4 en la bémol majeur)
Les Six études en forme de canon de Robert Schumann ont été écrites à l’origine pour le piano-pédalier du 19 e siècle (aujourd’hui obsolète), sorte de piano équipé d’un pédalier de façon à imiter le mécanisme de l’orgue. Les leçons de contrepoint que Schumann donnait à sa femme Clara ont ravivé son intérêt pour la musique de Bach — inspiration probable, par le style et par la forme, de cette série de compositions. L’Étude no 4 en la bémol majeur commence dans une simplicité presque pastorale avec une longue mélodie flottant sur des accords battus dans le registre moyen et des notes graves soutenues à la pédale. Dans la section centrale, le contrepoint s’intensifie de façon spectaculaire avant une transition abrupte qui ramène le matériau initial. Debussy a fait une transcription pour deux pianos de cette étude, mais elle peut aussi être jouée dans sa forme originale, à l’orgue.

 

Max Reger
Né à Brand, en Bavière, le 19 mars 1873
Mort à Leipzig, le 11 mai 1916

Fantaisie pour orgue sur Ein feste Burg ist unser Gott, op. 27
La Fantaisie de Max Reger sur le célèbre choral luthérien Ein feste Burg ist unser Gott s’inscrit dans la tradition héritée de Bach et de Buxtehude, à l’époque où la mélodie du choral était ornée et amplifiée, le traitement contrapuntique magnifiant la signification implicite du texte. Composée en 1898 pour l’organiste Karl Straube, ami de Reger, cette pièce complexe et grandiose (marquée pomposo) voulait à l’évidence mettre à l’épreuve la technique de l’interprète. Après une introduction imposante jouée à la pédale, le choral résonne à la main gauche de l’organiste, abondamment orné dans les autres voix. Cette section alterne avec des énoncés homophoniques vigoureux du choral, lesquels recourent au plein potentiel sonore de l’orgue. L’œuvre, monumentale, ose des modulations harmoniques surprenantes et très développées tout en respectant la nature fondamentale du choral original.

 

Ernest MacMillan
Né à Mimico, le 18 août 1893
Mort à Toronto, le 6 mai 1973

Cortège académique
Souvent considéré comme une figure fondatrice de la musique canadienne, Sir Ernest MacMillan a écrit Cortège académique à l’occasion des célébrations du centenaire de l’Université de Toronto, en 1953. Il s’agit d’une des très rares pièces qu’il ait composées pour l’instrument, malgré ses prodigieux talents d’organiste révélés dès son plus jeune âge. Cortège académique est d’une écriture traditionnelle, faisant peu état des tendances modernistes qu’on aurait pu escompter d’une œuvre conçue au milieu du siècle dernier. Les sections extrêmes, pompeuses et débordantes de joie, encadrent un épisode central plus doux et fluide. Malgré la nature conservatrice de l'ensemble, Sir Andrew Davis déclarait que « l’avant-dernier accord raille à sa manière la solennité outrageuse du cortège ».

 

Augustin Barié
Né à Paris, le 15 novembre 1883
Mort à Antony, en France, le 22 août 1915

Élégie
Aveugle de naissance, Augustin Barié démontre un talent exceptionnel pour l’orgue, en partie grâce à ses mains anormalement grandes. Il compte parmi ses premiers professeurs Louis Vierne, puis il étudie avec Alexandre Guilmant au Conservatoire de Paris. Après avoir décroché un premier prix du Conservatoire et obtenu les postes d’organiste à Saint-Germain-des-Prés et de professeur à l’Institut national des jeunes aveugles, il meurt à 31 ans d’une hémorragie cérébrale. Élégie est une courte pièce méditative exécutée sur les jeux les plus doux de l’orgue.

 

Gabriel Fauré
Né à Pamiers, en France, le 12 mai 1845
Mort à Paris, le 4 novembre 1924

Requiem, op. 48, « Pie Jesu »
Composé entre 1887 et 1890, le Requiem de Gabriel Fauré est probablement l’œuvre la plus connue du prolifique compositeur français. Contrairement à un grand nombre d’œuvres du même genre, elle ne semble pas avoir été inspirée par quelque événement particulier ni véhiculer la vision apocalyptique associée d’ordinaire à un requiem. Fauré a fait la remarque suivante à son sujet : « Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux. » Dans le « Pie Jesu », l’un des sept mouvements de cette œuvre de 35 minutes, la voix de soprano chante une invocation pour les âmes des défunts : « Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel. »

 

Raymond Daveluy
Né à Victoriaville, le 23 décembre 1926

Sonate pour orgue no 6, IV. Toccata
L’organiste et compositeur canadien Raymond Daveluy a été titulaire des orgues des églises Saint-Jean-Baptiste, Immaculée-Conception, Saint-Sixte et de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Il a été directeur adjoint au Conservatoire de musique du Québec à Montréal de même que président de l’Académie de musique du Québec dans les années 1960. À titre d’organiste, il a été salué pour « la netteté de son jeu, la précision de son legato, la luminosité de son style contrapuntique, son intelligente fidélité au style des œuvres qu’il exécute, sa documentation musicologique qui se traduit par des tempos bien choisis et des registrations logiques » (Le Devoir). La composition des sonates pour orgue solo de Daveluy s’est étalée sur toute sa carrière, la dernière (la septième) remontant à 2009. La « Toccata » interprétée ce soir, extraite de la Sonate no 6, a été écrite en 1998.

© Marc Wieser
Traduction : Le Trait juste (Hélène Panneton)

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