Une soirée

Emanuel Ax et le concerto no 1 de Brahms

Artiste en résidence de la fondation familiale Larry et Cookie Rossy

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
42$* à 200,25$*
Dates de ce concert
Mardi 17 Février 2015 - 20h00 Terminé
Mercredi 18 Février 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Emanuel Ax, pianopiano

Présentation du concert

Samy Moussa, Nocturne, Création mondiale – commande l’OSM (approx. 10 min.)

Mendelssohn, Symphonie no 5 en mineur, op. 107, « Réformation » (approx. 27 min.)

Brahms, Concerto pour piano no 1 enmineur, op. 15 (approx. 44 min.)

 

Parmi les artistes plus prisés sur la scène internationale, Emanuel Ax possède une feuille de route impressionnante, ponctuée de nombreux prix et d’enregistrements acclamés. En 1987, il remporte un Grammy pour sa première parution, qui sera suivi de trois autres pour des albums avec le violoncelliste Yo-Yo Ma. Entre page concertante et symphonie, le Concerto pour piano no 1 de Brahms demeure l’un des plus appréciés des mélomanes et des pianistes, tant pour sa virtuosité que pour sa poésie. D’une orchestration riche et brumeuse, la Symphonie dite « Réformation » évoque pour sa part tout le génie mélodique et dramatique de Mendelssohn.

En général, c'est une symphonie qui constitue la « pièce de résistance » d'un concert. Mais pour le programme de ce soir, c'est un concerto qui remplit cette fonction, un des plus longs et des plus grandioses du répertoire traditionnel. On pourrait même dire que son seul rival à cet égard est le second des deux concertos pour piano de Brahms. C'est pourquoi il sera présenté après l'entracte et non avant. Quant à la Symphonie « Réformation » de Mendelssohn, c'est une œuvre substantielle durant près d'une demi-heure. En guise de prélude à ces deux chefs-d’œuvre, tous deux campés dans le ton de mineur, nous entendrons la création mondiale d'une œuvre de Samy Moussa, un compositeur né à Montréal auquel Kent Nagano accorde un appui solide et constant depuis une dizaine d'années.

 

Samy Moussa

Né à Montréal, le 1er juin 1984

Maintenant établi à Berlin

 

Nocturne

Première mondiale – Commande de l'OSM

 

À la fois compositeur et chef, Samy Moussa mène une belle carrière au Canada, en France et en Allemagne, où il est maintenant établi. Ses œuvres ont été interprétées par divers ensembles, notamment le Sinfonieorchester des Bayerischen Rundfunks, le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, le Vancouver Symphony Orchestra et l'OSM. C’est lors des Biennales de Munich de 2010 et 2014 que les deux opéras de Moussa, L’autre frère et Vastation, ont été créés. Pierre Boulez lui a commandé une œuvre orchestrale pour le Festival de Lucerne, dont la première aura lieu plus tard cette année. Au nombre des orchestres que Moussa a dirigés, mentionnons le Radio-Symphonieorchester Wien, le MDR Sinfonieorchester et le Staatskapelle Halle. En 2012 on lui a décerné le Bayerischen Kunstförderpreis pour son travail de direction avec l’INDEX Ensemble de Munich, formation dont il est devenu le directeur musical en 2010. Il a également remporté le prix du compositeur 2013 de la Fondation musicale Ernst von Siemens. Lors de la récente édition du gala des prix Opus du Conseil québécois de la musique, le prix spécial Compositeur de l’année lui a aussi été décerné. La musique de Moussa se distingue par sa clarté, sa force et son raffinement dans l'orchestration, alors que son énergie et son geste inspiré caractérisent sa direction d'orchestre.

 

Kent Nagano a commandé plusieurs œuvres à Moussa, notamment Léviathan (2005), les deux Études Gegenschein et Zodiakallicht (2009), ainsi que A Globe Itself Infolding, créée l'année dernière. La plus récente en date est Nocturne, une œuvre de dix minutes dédiée à José Evangelista, son principal professeur de composition à l'Université de Montréal.

 

Moussa a longuement remis en question le choix du titre de son œuvre, Nocturne, craignant que plusieurs auditeurs ne l'associent de trop près à Chopin ou à d'autres compositeurs de nocturnes. De fait, le Nocturne de Moussa a peu à voir avec le romantisme de Chopin. « La nuit n'est pas toujours douce, » nous rappelle le compositeur. « La nuit sait aussi être grave et menaçante. » Il ajoute ensuite, « ce Nocturne pourrait bien être l'œuvre où je me suis astreint à la plus grande économie en matière d'harmonie. La pièce comporte essentiellement quatre accords, le plus important étant un accord de septième majeure, d'où naît presque toute la musique. Le déploiement mélodique de cet accord est entendu dans le « thème » d'ouverture joué au cor solo. Cette mélodie réapparaîtra au cours de l'œuvre, parfois inversée, mais toujours reconnaissable, du moins je l'espère. La couleur globale de la pièce est plutôt sombre, en raison de l'utilisation des registres graves de la plupart des instruments. Par trois fois, la musique tentera de s'extirper de ces profondeurs, sans jamais y parvenir. »

 

 

Felix Mendelssohn

Né à Hambourg, le 3 février 1809

Mort à Leipzig, le 4 novembre 1847

 

Symphonie No. 5 en mineur, Op. 107, « Réformation »

 

Mendelssohn a composé sa Symphonie no 5, « Réformation » à la fin de 1829 et au début de 1830. L'œuvre devait à l'origine commémorer le tricentenaire de la Confession d'Augsbourg, un document relatant les dogmes du protestantisme tel que professé par Martin Luther et servant de base à l'établissement de la Réforme (l'Église luthérienne). En raison d'un climat politique instable, la création prévue pour 1830 n'eut pas lieu et la symphonie ne fut créée que le 15 novembre 1832, à Berlin, sous la direction du compositeur.

 

La symphonie s'amorce dans une aura de dévotion paisible par un motif de quatre notes évoquant une antique mélodie de la liturgie synagogale. L'introduction marquée Andante comprend également une autre référence œcuménique, connue sous le nom de « Amen de Dresde », d'abord exprimée avec calme et dévotion par les cordes. La section principale (Allegro con fuoco) du premier mouvement adopte une structure en forme-sonate traditionnelle. Sans en porter le nom, le deuxième mouvement a tout d'un scherzo où transparaît le ton léger et féérique du Songe d'une nuit d'été, alors que le mouvement lent évoque une « romance sans paroles ».

 

Au terme d'un climax plein de fougue, la musique se pose sur la note sol, soutenue par les cordes graves. Un jet de lumière semble s'échapper de cette atmosphère morose alors que la flûte entonne le célèbre thème composé par Luther, Ein’ feste Burg ist unser Gott! (Notre Dieu est une puissante forteresse !), qui fait office de transition vers le dernier mouvement. D'autres instruments se joignent ensuite progressivement à la flûte pour constituer à partir de cet hymne un choral harmonisé avec plénitude. La portion principale du mouvement commence par un thème vigoureux, d'abord en arpèges ascendants aux violons, puis repris avant qu'un prodigieux développement contrapuntique ne transforme la masse orchestrale en y laissant également transparaître des présentations de l'hymne de Luther. Le caractère triomphal et festif du mouvement trouve son apothéose dans une ultime expression du choral exprimé dans toute sa grandeur par l'orchestre entier.

 

 

Johannes Brahms

Né à Hambourg en le 7 mai 1833 – Mort à Vienne le 3 avril 1897

 

Concerto pour piano no 1 en mineur, op. 15

 

Lorsqu’il achève son Premier concerto pour piano, Brahms n’a que 25 ans. Conscient de ses limites en matière d’orchestration et face à ses constantes remises en question, il obtient le grand soutien de son ami Joseph Joachim, violoniste et chef d’orchestre, notamment dans l’écriture du premier mouvement.

 

Ce mouvement introduit le thème principal, constitué d’arpèges et de trilles aux couleurs sombres, accentué par le tumulte des coups de timbales, telle une tempête qui gronde. Achevé six mois après la mort de Robert Schumann en juillet 1856, le deuxième mouvement s’imprègne de cet événement tragique. Certains, comme le musicologue britannique Donald Tovey, y voient un requiem en l’honneur de celui qui l’avait accueilli chez lui et pris sous son aile. Chose certaine, Brahms confesse dans une lettre à Clara Schumann que ce tendre adagio est un « doux portrait » de celle qui est maintenant la veuve du compositeur. Pour le troisième et dernier mouvement, il compose un rondo plein de fougue à la manière d’un « thème et variations », forme qu’il affectionne tout particulièrement. Le piano et l’orchestre se répondent mutuellement avant de fondre leurs sonorités en un tout symphonique, lors du finale.

 

L’hypothèse d’un triangle amoureux n’a jamais été avérée, bien que les sentiments de Brahms envers Clara Schumann restent, pour le moins, ambigus. Le jeune compositeur nouera avec elle des liens profonds d’amitié. Compositrice et pianiste reconnue, elle sera l’interprète du concerto à quelques reprises. Ils échangeront tous deux leurs regards sur cette œuvre, que lui considère comme un échec.

 

Créé à Hanovre en 1859, le premier concerto de Brahms est assez mal reçu. Le public lui reproche de traiter l’orchestre et le soliste sur un pied d’égalité, alors qu’il s’attend désormais à entendre l’interprète-virtuose briller dans l’exercice du concerto, à l’instar de Liszt, au piano, ou de Paganini, au violon. Malgré quelques succès, comme à Hambourg, et le soutien de Clara Schumann, seuls le temps et la reconnaissance de Brahms réhabiliteront véritablement l’œuvre au sein du répertoire pianistique.

 

© Robert Markow (Mendelssohn & Moussa), traduction de Marc Hyland

© Justin Bernard (Brahms)

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