Présenté par

James Ehnes joue Mozart

Prix des billets
40$* à 220$*
Dates de ce concert
Samedi 21 Septembre 2013 - 20h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d'orchestre
James Ehnes, violin - artist in residenceviolon - artiste en résidence

Présentation du concert

GILBERT, Le coeur battant de la ville, Première mondiale - Commande de la Place des Arts
MOZART, La Flûte enchantée, ouverture
MOZART, Concerto pour violon n° 5
BRUCKNER, Symphonie n° 3

 

Le violoniste canadien James Ehnes se joint à l'OSM pour le Concerto pour violon no 5 de Mozart, le plus achevé et le plus connu de ceux écrits pour l'instrument par le grand maître. « La douceur de son timbre et la chaleur de son phrasé ont procuré des moments des plus mémorables dans le mouvement lent; chaque fois que le violoniste sculptait l’arc du motif récurent, l’effet était encore plus poétique. » soulignait le Baltimore Sun après une interprétation d’Ehnes d’un concerto de Mozart.

Le programme comprend aussi la Symphonie no 3 de Bruckner, dédiée à Wagner, au souffle héroïque et majestueux, et la création d’une œuvre du jeune compositeur canadien Nicolas Gilbert, soulignant le 50e anniversaire de l’ouverture de la Place des Arts.

Entretien avec James Ehnes

Ce riche programme comprend une commande de la Place des Arts, deux pièces aimées de Mozart et une puissante symphonie romantique.

Nicolas Gilbert

Né à Montréal le 9 octobre 1979
Habite maintenant à Montréal

Le Cœur battant de la ville

Nicolas Gilbert a étudié au Conservatoire de Montréal avec les compositeurs Michel Gonneville et Serge Provost, ainsi qu’à l’Université McGill avec John Rea. Son catalogue comprend une quarantaine d’œuvres, données en Amérique du Nord et du Sud, en Asie et en Europe. Il a reçu de nombreux prix et bourses, dont le Prix Opus 2008 de Compositeur de l’année et dix prix de la SOCAN pour les jeunes compositeurs. Plusieurs orchestres et ensembles, tant nord-américains qu’européens, ont joué sa musique, dont l’OSM (son Petit Chaperon rouge, lors de concerts jeunesse donnés en février dernier). Gilbert a été compositeur en résidence de l’Orchestre national des jeunes du Canada en 2011-12 et fait partie du comité artistique de la SMCQ et est président du Conseil régional – Québec du Centre de Musique Canadienne. Il est également auteur et vient de publier son quatrième roman, Nous.

Le Cœur battant de la ville est une commande de la Place des Arts à l’occasion de son 50e anniversaire. Le compositeur considère qu’elle est probablement son œuvre la plus festive et la plus optimiste à ce jour. […] « Un hommage à ce haut lieu de culture sis au cœur de ma ville natale. Si on parle du Mont-Royal comme des poumons de Montréal, ne pourrait-on pas dire de la Place des Arts qu’elle en est le cœur, le cœur battant? C’est avec cette image en tête que j’ai abordé la composition de l’œuvre, qui trouve sa principale assise musicale dans l’idée de pulsation. […] Sur cette assise rythmique, j’ai construit de très amples mélodies ornementées qui occupent presque systématiquement l’avant-plan. La mélodie, le chant, est ici une façon pour moi de souligner le caractère humain de ce lieu de rassemblement qu’est la Place des Arts. »
 

Wolfgang Amadeus Mozart

Né à Salzbourg le 27 janvier 1756
Mort à Vienne le 5 décembre 1791

La Flûte enchantée, ouverture

La commande de La Flûte enchantée a été passée par Emanuel Schikaneder, le malin et sans scrupules gérant d’acteurs du Theater auf der Wieden de Vienne. Comme Mozart, il était franc-maçon, ce qui a probablement convaincu le compositeur d’accepter sa proposition. La création, le 30 septembre 1791, au théâtre de Schikaneder, dirigée par Mozart lui-même, se révéla un triomphe. Dans le mois qui suivrait, l’opéra serait redonné deux douzaines de fois et, au cours des deux années suivantes, plus de 200 fois. Cruel coup du sort, la mort prématurée de Mozart devait l’empêcher de tirer un bénéfice financier de ce qui deviendrait son œuvre la plus fructueuse.

Le symbolisme maçonnique de La Flûte enchantée agit de façon souterraine, mais certains aspects sont facilement perceptibles à l’oreille. Le chiffre trois ayant une signification particulière l’ouverture est en mi bémol majeur (trois bémols à la clé) et les déclarations des prêtres sont représentées par les trois accords solennels ouvrant l’œuvre. On retrouve ces accords plus tard dans l’ouverture, de même que dans l’opéra.
 

Concerto no 5 en la majeur, K. 219

Allegro aperto

Adagio

Rondeau: Tempo di menuetto

Mozart a passé la plus grande partie de sa 19e année (1775) au service du comte Hieronymous von Colloredo, archevêque de Salzbourg. Au cours de celle-ci, sur une période de six mois, il a écrit quatre des cinq concertos authentifiés pour violon (le premier date probablement de 1773 et deux autres faux subsistent). D’un point de vue stylistique, ces œuvres sont nées de la tradition du violon italien représentée par Tartini, Geminiani, Nardini et Boccherini. La musique est imprégnée de style galant, synonyme d’élégance, de grâce, de charme et de doux sentiments. Pourtant, dans le Concerto K. 219, Mozart dépasse la galanterie attendue pour produire une œuvre plus vaste, variée et développée thématiquement que celle habituellement associée au 18e siècle tardif.

Le premier mouvement est de forme sonate, mais Mozart trompe nos attentes et déjoue nos idées préconçues. Le deuxième mouvement, possède une beauté lyrique que le compositeur a rarement égalée, tandis que le finale, un élégant rondo aux épisodes animés, comprend un vaste passage de musique tourbillonnante « à la turque ».
 

Anton Bruckner

Né à Ansfelden, Autriche, le 4 septembre 1824
Mort à Vienne, le 11 octobre 1896

Symphonie no 3 en mineur

Version 1889 (Éditions Leopold Nowak, 1959)

Gemässigt, mehr bewegt, Misterioso

Adagio, Bewegt, quasi andante

Scherzo: Ziemlich schnell – Trio – Scherzo

Finale: Allegro

Après avoir complété sa Troisième Symphonie en 1873, Bruckner la révisa l’année suivante, puis de façon plus substantielle en 1876-77. C’est sous cette forme que Bruckner lui-même devait diriger le Philharmonique de Vienne lors de la création le 16 décembre 1877, l’un des pires désastres que devait rencontrer le compositeur. Treize ans plus tard, six ans après que Bruckner eut rencontré son premier grand succès à Vienne avec sa Septième Symphonie, la Troisième serait rejouée par le même orchestre sous la direction d’Hans Richter. Bruckner était alors si réputé que la symphonie, d’une durée d’une heure, serait donnée deux fois le même soir, dans deux versions différentes (1877 et 1889) et connaîtrait un grand succès. Personne avant 1873 n’avait tiré des sonorités si monumentales et spectaculaires d’un orchestre dans une œuvre purement symphonique – pas Mozart, Beethoven, Berlioz, ni même Bruckner lui-même. (Wagner l’avait certainement fait dans ses opéras, mais pas dans des symphonies.)

Comme toutes les symphonies de Bruckner, la Troisième s’ouvre en douceur, dans une atmosphère de complet mystère et d’attente. S’élevant au-dessus de l’ostinato des cordes, la trompette solo expose la première idée du premier groupe thématique. La musique croît de façon régulière, inexorable, jusqu’à une série de puissants emportements de l’orchestre entier, entrecoupés de réponses tendrement lyriques et de pauses prégnantes. L’impression d’ampleur qui en découle est stupéfiante. Finalement, nous entendons la deuxième idée, un double thème lumineux, fluide, offert aux deuxièmes violons et altos, chaque section interprétant un segment indépendant d’un tout. La musique semble s’étendre dans l’espace. Le motif rythmique préféré de Bruckner – un jeu entre duolets et triolets – vient à l’avant plan. Le troisième sujet est constitué de répétitions variées d’un motif de quatre notes pour cuivres à l’unisson.

Dans l’Adagio, on retrouve de nouveau trois sujets. Le mouvement s’élève vers son plus haut sommet grâce à une série d’épisodes, même si Bruckner n’a évidemment pas encore maîtrisé l’art d’aider l’auditeur à descendre des hauteurs divines. Le biographe Gabriel Engel capte bien l’atmosphère de ce mouvement en mentionnant que cette musique « révèle les décennies passées par Bruckner dans la splendeur baroque des anciennes cathédrales. Cette impression de grandeur, qui rappelle les structures en dôme des maisons divines ayant nourri et servi de miroir aux aspirations spirituelles élevées de Bruckner, croît de manière de plus en plus écrasante avec chaque symphonie. »

Le troisième mouvement se veut un scherzo typiquement brucknérien, dérivé d’impulsions rythmiques puissantes, fonçant d’un air grave vers la cadence finale. En route, Bruckner trouve le moyen d’inclure une musique plus légère, le trio central se révélant un épisode indéniablement ensoleillé, qui rappelle le Ländler (une danse campagnarde autrichienne fluide, proche de la valse) ou une chanson folklorique.

Même si le finale complexe rencontre certains problèmes structuraux, on ne peut qu’être impressionné par les blocs du colossal édifice musical érigé par Bruckner. À plusieurs reprises, nous entendons des épisodes qui témoignent d’une préoccupation presque obsessive avec la syncope, ce qui donne l’impression que la moitié de l’orchestre est un tantinet en retard. Une apothéose basée sur le motif d’ouverture à la trompette mène la symphonie vers son impressionnante conclusion.

 

Robert Markow

Traduction de Lucie Renaud

 

* La tarification, les artistes, le répertoire, les dates et les heures des concerts peuvent être modifiés sans préavis.

Les prix indiqués incluent des frais non remboursables de 7 $ par billet, taxes en sus. Certains frais de manutention peuvent être exigés.