Jan Lisiecki

Jan Lisiecki & le Concerto pour piano de Schumann

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
40$* à 198$*
Dates de ce concert
Mercredi 27 Novembre 2013 - 20h00 Terminé
Jeudi 28 Novembre 2013 - 20h00 Terminé
Artistes
Kazushi Ono, conductorchef d’orchestre
Jan Lisiecki, pianopiano

Présentation du concert

MOZART, Symphonie n° 31, « Paris »
SCHUMANN, Concerto pour piano
ROUSSEL, Bacchus et Ariane, suites n° 1 et 2

 

Lauréat du Grand Prix OSM de la Standard Life en 2009, le pianiste canadien Jan Lisiecki jouit déjà d'une grande carrière internationale à 18 ans. Il interprète ici le Concerto de Schumann, l'une des pages les plus populaires du répertoire concertant. Le chef Kazushi Ono, directeur musical de l’Orchestre symphonique de La Monnaie, mènera également l’OSM dans la Symphonie no 31 « de Paris » de Mozart, qui annonce les couleurs et la profondeur des œuvres de la maturité du compositeur, et la deuxième suite du ballet Bacchus et Ariane de Roussel, l'une des pages les plus appréciées du compositeur français.

Une symphonie du 18e siècle d’un compositeur autrichien (avec un accent parisien toutefois), un concerto du 19e siècle allemand et un ballet du 20e siècle d’un Français font partie de ce programme éclectique.

 

Wolfgang Amadeus Mozart

Né à Salzbourg le 27 janvier 1756
Mort à Vienne le 5 décembre 1791

Symphonie no 31 en majeur, K. 297 (300a), « Paris »  

Allegro assai
Andante
Allegro

Mozart a écrit cette symphonie lors de sa visite à Paris au printemps 1778. Elle se distingue de la plupart – et de toutes celles qui l’ont précédée – par la taille de l’orchestre et la splendeur de sa conception. Elle exige des effectifs complets de paires de flûtes, hautbois, clarinettes (utilisées pour la toute première fois par Mozart dans une symphonie) et bassons par deux, cors, trompettes et timbales. La section de cordes dont pouvait disposer Mozart à Paris était nettement supérieure à celle pour laquelle il écrivait habituellement à Salzbourg; 57 musiciens ont pris part à la création à Paris. Le menuet a été omis, puisqu’il n’avait pas encore été intégré aux symphonies parisiennes. Autre élément intéressant, que l’on retrouve dans le premier mouvement : le premier coup d’archet, qui se traduit dans le style français par un accord plein, forte, produit par la section complète des cordes. Mozart a fait plaisir aux Français en y intégrant également tous les vents. Le motif d’ouverture, à l’unisson, immédiatement suivi d’une gamme ascendante rapide, sert de thème qui reviendra à plusieurs reprises tout au long du mouvement. Pour son public parisien, Mozart a intégré d’autres surprises et touches personnelles dans le dernier mouvement, dont un début tranquille (les finales s’amorcent habituellement forte) et une bonne dose d’écriture contrapuntique.

 

Robert Schumann

Né à Zwickay le 8 juin 1810
Mort à Endenich le 29 juillet 1856

Concerto pour piano en la mineur, opus 54

Allegro affettuoso
Intermezzo: Andantino grazioso
Allegro vivace                                                                                          

L’unique concerto pour piano de Schumann a été créé à Dresde le 4 décembre 1845, dans l’auditorium de l’Hôtel de Saxe. Clara, la femme du compositeur était au piano et son ami Fernand Hiller, à qui l’œuvre est dédiée, dirigeait l’orchestre.

Schumann fait fi ici de l’exposition orchestrale associée traditionnellement aux concertos classique. Il propose plutôt un « cri » péremptoire de l’orchestre complet, suivi d’une cascade d’accords du soliste. Un thème mélancolique et plaintif au hautbois solo – une des plus belles idées, aussi tendrement lyrique que poétique, de Schumann – est ensuite immédiatement repris par le piano,  témoignant d’emblée de la relation rapprochée qui s’établira entre soliste et orchestre.

Le souhait de Schumann de créer une œuvre parfaitement unifiée et convaincante se manifeste par la présence continue du thème pénétrant du premier mouvement, qui devient la base des deux suivants. Le motif joyeux, faussement effarouché, de quatre notes, à l’avant-plan de la première section de l’Intermezzo n’est en fait qu’un fragment astucieusement camouflé du thème familier du premier mouvement. L’un des passages les plus ravissants de tout le concerto demeure l’épisode central de l’Intermezzo, les violoncelles s’y déployant en un thème lyrique, passionnément romantique.

Faisant suite au retour du matériau d’ouverture de l’Intermezzo, un court pont comprend l’embryon du premier thème du finale, lui aussi (sans surprise) déclinaison du thème fécond du premier mouvement. La caractéristique la plus marquante du mouvement est sans doute le deuxième thème récurrent et ses malicieuses syncopes.

 

Albert Roussel

Né à Tourcoing, France, le 5 avril 1869
Mort à Royan, le 23 août 1937

Bacchus et Ariane, Suites nos1 et n° 2

Roussel est difficile à catégoriser stylistiquement. Selon la pièce, on peut retrouver dans sa musique des formes néoclassiques et des textures équilibrées, des éléments impressionnistes, des sonorités orchestrales sensuelles, des gammes et rythmes orientaux, ainsi que des techniques modernes telles que la polytonalité et la polyrythmie. On ne peut l’associer à une école ou un « isme » et il n’a pas influencé de façon majeure le cours de la musique au 20e siècle. Pourtant, sa musique reste unique, « à son image, réfléchie dans tous les aspects avec la loyauté d’un miroir », comme l’écrivait Georges Jean-Aubry. Dans Bacchus et Ariane, les impressions les plus tenaces sont laissées par des rythmes emphatiques, puissants, même primitifs, par de longues lignes mélodiques sensuelles et ondoyantes et par l’orchestration efficace, brillante et, par moments, voluptueuse.

Roussel a plusieurs fois puisé son inspiration musicale dans la mythologie grecque. Son œuvre la plus connue du genre reste Bacchus et Ariane, son ballet en deux actes de 35 minutes. La première production a été montée à l’Opéra de Paris le 22 mai 1931, sur une chorégraphie de Serge Lifar avec des décors de Georgio de Chirico. Philippe Gaubert était au podium. Bacchus et Ariane est mieux connu aujourd’hui pour sa soi-disant Deuxième Suite, une appellation inappropriée. En fait, cette « suite » reprend le deuxième acte du ballet alors que la « Suite no 1 », très rarement jouée de façon indépendante, correspond au premier acte. Les première et deuxième suites combinées constituent de fait la partition complète du ballet.

Avant que le ballet commence, le héros grec Thésée a tué le Minotaure, monstre notoire habitant dans un labyrinthe sur l’île de Crète. (Le Minotaure dévorait jeunes hommes et jeunes femmes, offerts en sacrifice.) Thésée avait réussi à sortir du labyrinthe en suivant le fil qu’Ariane lui avait confié. Thésée et Ariane, alors amoureux, quittent la Crète et accostent sur l’île de Naxos.

Le rideau se lève sur une danse énergique célébrant la libération du Minotaure. Soudain une ombre menaçante paraît, suscitant confusion et panique. C’est le roi Bacchus, qui jette un sort à Ariane et conduit les autres, dont Thésée, vers leurs navires. Après leur départ, le dieu danse autour d’Ariane endormie, qui rêve qu’elle danse avec lui.

Le deuxième acte s’ouvre sur un portrait orchestral exquis d’une Ariane paisiblement endormie. Elle se réveille, seule, abandonnée par Thésée. Elle panique (clarinette solo), grimpe sur un haut rocher et plonge vers une mort certaine (dépeinte par un glissando dans l’orchestre), mais est rattrapée par les bras de Bacchus, qui surgit de derrière un large rocher. Les deux reprennent leur « danse rêvée » du premier acte (seule musique que l’on retrouve dans les deux actes). Bacchus danse alors pour Ariane, sur un rythme rappelant une gigue.

La musique s’efface juste avant la scène du baiser, représentée par une longue mélodie ondoyante, chaleureuse, présentée par les couleurs chaudes des cors, des altos et des violoncelles. Le baiser a un effet magique, non seulement sur Ariane, mais sur toute l’île de Naxos, qui revient à la vie avec ses vignes verdoyantes, ses faunes et ses ménades (bacchantes), s’appropriant une danse primitive et crue. Ariane danse maintenant au son d’une ligne sinueuse au violon solo. Sa danse devient plus passionnée et Bacchus la rejoint dans un complexe motif rythmique en 10/8. Une danse encore plus frénétique survient alors dans la dernière bacchanale, chaque créature de l’île se joignant à la fête, alors que l’orchestre répand un maelstrom de rythmes délirants et de couleurs débridées. Le thème du baiser est entendu une dernière fois aux cors, fortissimo, alors que Bacchus offre à Ariane une couronne d’étoiles cueillies dans le ciel.

 

Robert Markow

Traduction de Lucie Renaud

 

* La tarification, les artistes, le répertoire, les dates et les heures des concerts peuvent être modifiés sans préavis.

Les prix indiqués incluent des frais non remboursables de 9 $. Certains frais de manutention peuvent être exigés.