Kent Nagano reçoit Lang Lang

L'artiste en résidence de la fondation familiale Larry et Cookie Rossy

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
42$* à 223$*
Dates de ce concert
Mercredi 11 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Jeudi 12 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Lang Lang, pianopiano

Présentation du concert

Haydn, Symphonie n˚30 en do majeur, « Alleluia » (approx. 30 min.)

Varèse, Amériques (approx. 26 min.)

Prokofiev, Symphonie no 1 en majeur, op. 25, « Classique » (approx. 15 min.)

Mozart, Concerto pour piano no 24 en do mineur, K. 491 (approx. 31 min.)

 

Véritable icône du piano à 30 ans à peine, la popularité du pianiste chinois Lang Lang fait l’envie de plusieurs artistes. Reconnu pour son style flamboyant et ses interprétations de Chopin et de Liszt, Lang Lang livre au public des prestations  au paroxysme de l’émotion. Pour souligner le 50e anniversaire du décès du compositeur français Edgar Varèse, maestro Nagano dirigera également l’OSM dans la monumentale Amériques, qui n’est pas sans rappeler le Sacre du printemps de Stravinski, destinée à un orchestre de grande taille, presque constamment sollicité. En ouverture de programme, l’OSM et Kent Nagano continuent leurs relectures de symphonies de Haydn.

De l’allégresse de Haydn au dramatisme mozartien, en passant par le « classicisme » de Prokofiev ou le non-conformisme de Varèse, l’OSM joue sur les contrastes. Toutefois, la diversité des styles et des langages des compositeurs présente une certaine complémentarité et participe à l’équilibre du concert de ce soir.

Franz Joseph Haydn

Né à Rohrau-sur-la-Leitha, le 31 mars 1732 – Mort à Vienne, le 31 mai 1809

Symphonie no 30 en do majeur, « Alleluia »

Allegro
Andante
Tempo di Menuet, più tosto Allegro

Écrite en 1765, alors que Haydn était depuis peu au service du prince Esterházy, la Symphonie « Alleluia » s’inscrit dans la lignée des sinfonia italiennes, et sera une des dernières symphonies tripartites du compositeur. Peu après, Haydn développera la symphonie en quatre mouvements et se tournera temporairement vers le style Sturm und Drang.

L’Alleluia grégorien constitue le matériau thématique de l’Allegro initial. Cette citation, mise en valeur par les cuivres, contribue à l’unité et au panache de ce mouvement festif. Soucieux de souligner les qualités des musiciens de l’orchestre princier, Haydn accorde à la flûte quelques passages concertants au cours de l’Andante. Il conclut élégamment son œuvre par un Menuet, exploitant un bref motif confié alternativement aux divers groupes d’instruments, offrant ainsi un subtil jeu de variations de texture et de timbres.

À la cour des Eszterházy, Haydn se trouvait à la tête d’un orchestre de musiciens qualifiés. Il avait alors tout loisir d’expérimenter et de se « livrer à toutes les audaces » que lui dictait son imagination, le prince lui donnant entière liberté pour composer. Le relatif isolement au château d'Eszterházy permit au compositeur de développer un style original et personnel, sans obligation de se conformer aux goûts de l’époque. Cette originalité contribua à assoir sa renommée qui, dès 1766, franchissait les murs d’Esterháza pour s’étendre rapidement à toute l’Europe.

Edgard Varèse

Né à Paris, le 22 décembre 1883 – Mort à New York, le 6 novembre 1965

Amériques (version de 1929)

« Ne me voyez pas comme un compositeur. Je suis un artisan qui spécule sur les fréquences. »

Varèse souhaitait mettre à profit son bagage d’ingénieur électroacousticien en associant les avancées technologiques à la création musicale. Ses constantes recherches sur le timbre, les intensités, les fréquences ou le rythme l’amenèrent à concevoir la musique non plus en termes de notes, mais de « masses organisées de sons » se mouvant « l’une contre l’autre ».

Œuvre d’un seul mouvement, composée entre 1918 et 1921, Amériques traduit les spéculations musicales de son auteur : emploi d’un langage novateur débarrassé de tout « élément anecdotique », complexité rythmique, opposition ou fusion de blocs sonores en mouvement, brusques cassures, variations rapides d’intensité, absence de mélodie – qui rend la musique soporifique selon Varèse –, le tout habité d’une énergie primale, viscérale qu’exaltent les percussions. Au final, « une pièce de musique pure », « l’interprétation d’un état d’âme ».

Entre 1927 et 1929, Varèse révisa la version initiale d’Amériques, réduisant l’effectif instrumental et la durée de la pièce. La première audition de cette version révisée eut lieu à la Salle Gaveau le 30 mai 1929, sous la direction de Gaston Poulet. Bien qu’Amériques fut initialement écrite aux États-Unis, la pièce n’a aucune connotation géographique. Varèse considérait ce titre comme une symbolique « des découvertes de nouveaux mondes sur la Terre, dans l'espace ou, encore, dans l'esprit des hommes ».

L’OSM a interprété Amériques pour la première fois en 1984. De Varèse, l’Orchestre a également présenté Arcana en 1971 de même qu’Intégrales pour petit orchestre et percussions en 1966, 1970 et 1978.

Sergueï Prokofiev

Né à Sontsovka, le 23 avril 1891 – Mort à Moscou, le 5 mars 1953

Symphonie no 1 en majeur, op. 25, « Classique »

Allegro
Larghetto
Gavotta : Non troppo allegro
Finale : molto vivace

Durant l’été 1917, Prokofiev, retiré à la campagne, décide de relever un défi : composer une œuvre symphonique sans l’aide d’un piano. Afin d’acquérir plus de sûreté dans cet exercice périlleux, le compositeur s’inspire des symphonies de Haydn dont la technique d’écriture lui était devenu familière, grâce aux leçons de Tcherepnine. Pas question toutefois de pasticher, ni de sacrifier à l’esthétique néo-classique; l’objectif était de traduire une œuvre de facture classique dans le vocabulaire musical du 20e siècle.

Classique, cette symphonie l’est par sa carrure – quatre mouvements, dont une danse pour le troisième –, par son orchestration – similaire à celle des orchestres de la fin du 18e siècle –, par l’emploi de certaines techniques d’écriture propres aux symphonies allemandes – telles les « fusées de Mannheim » (formules d’arpèges ascendants) dans l’Allegro initial – et par l’utilisation de la forme sonate dans les premier et quatrième mouvements.

Cependant, le vocable est résolument celui d’un musicien bien ancré dans le 20e siècle. Usant d’un langage tonal rehaussé de quelques dissonances et de mordantes modulations, Prokofiev signe une œuvre concise, agrémentée de quelques touches d’humour qui n’auraient pas déplu à Haydn. Une œuvre aux proportions harmonieuses, fidèle à l’équilibre classique où, selon Florent Schmidt, « le savoir égale l’imagination ».

Achevée le 10 septembre 1917, la Symphonie « Classique » reçut un accueil triomphal lors de sa création le 21 avril 1918, à Petrograd, sous la direction du compositeur.

Wolfgang Amadeus Mozart

Né à Salzbourg, le 27 janvier 1756 – Mort à Vienne, le 5 décembre 1791

Concerto pour piano no 24 en do mineur, K. 491

Allegro
Larghetto
Allegretto

Il fallut beaucoup de courage et d’audace à Mozart pour revendiquer son indépendance artistique, précédant en cela Beethoven. C’est ainsi que, bravant l’autorité paternelle, Mozart quitte son emploi de musicien subalterne à Salzbourg et s’installe à Vienne en 1781. Il s’y produit en soliste, s’impose comme un grand interprète, enseigne et fait preuve d’une exceptionnelle activité créatrice. Douze concertos pour piano verront le jour entre 1784 et 1786, dont le vingt-quatrième, créé le 7 avril 1786, précédant de quelques semaines la représentation des Noces de Figaro.

Fort de sa liberté nouvellement acquise et des premiers succès remportés dans la capitale autrichienne, Mozart s’affirme, laissant transparaître dans ce concerto ses tourments, ses révoltes, tout comme sa volonté farouche de triompher des doutes qui l’assaillent; d’où le choix d’une tonalité mineure, contraire aux conventions de l’époque pour ce genre musical. Reflet de la maturité artistique du compositeur, l’œuvre se singularise par son instrumentation développée, son intensité expressive et l’expansion inhabituelle du premier mouvement.

Le concerto s’amorce dans un climat de tension extrême instauré par la nature même de la ligne mélodique sombre, anguleuse, chargée de chromatisme et proche du thème de la Symphonie no 78 de Haydn. La sérénité et le lyrisme de l’Adagio répondront aux accents poignants du premier mouvement. Ce court répit permettra à l’Allegretto final de s’élancer avec détermination dans une suite de huit variations. Et si le sentiment tragique du mouvement initial a disparu, la gravité demeure, laissant l’auditeur dans l’expectative.

© Florence Leyssieux

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