Présenté par

La traversée symphonique (Fréquence OSM, 3e épisode)

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
48$* à 81$*
Dates de ce concert
Samedi 27 Septembre 2014 - 20h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Céline Bonnier, actresscomédienne
Rémy Girard, actorcomédien
Michel Desautels, hostanimateur
Benoît Brière, actorcomédien
Michel G. Barette, stage directormettreur en scène
Daniel Langlois, writerauteur
Joannie Rochette, skater, Olympic medalistpatineuse, médaillée olympique

Présentation du concert

129 jours en solitaire pour accomplir un exploit digne d’un athlète olympien: traverser l'océan Atlantique à la rame. C'est le défi qu'a relevé Mylène Paquette avec une équipe remarquable au sol. Inspiré de son aventure, Kent Nagano vous propose pour ce troisième épisode de Fréquence OSM des œuvres à l'image des plus grandes prouesses humaines. Une soirée palpitante!

Les œuvres au programme de ce concert ont été choisies pour les émotions qu’elles évoquent, passant de la crainte à l’euphorie.

 

« C'était par un bon vendredi / Nous avons parti de Lisbonne / C'est pour en France revenir / Dans le grand navire de Bayonne »… Quelle meilleure façon d’entamer ce parcours en haute mer qu’avec un arrangement de Gilles Bellemare de Navire de Bayonne (commande d’Espace Musique pour ce concert). Cette magnifique chanson de la Nouvelle-France a notamment été reprise par Les Charbonniers de l’enfer et La Nef sur l’album La traversée miraculeuse en 2008.

 

Notre navire imaginaire accostera d’abord à Pohjola. Lieu mythique finnois, il est considéré la source du mal, mais aussi terre d’accueil de l’arbre du monde. Selon la légende, La fille de Pohjola (dont la mère était la puissante sorcière Louhi) aurait eu plusieurs courtisans. Jean Sibelius a conçu à partir de fragments de cettehistoire l’une de ses partitions les plus colorées, créée en 1906 à Saint-Pétersbourg. Le motif du rire de l’héroïne alors qu’elle se moque des déboires du prétendant Väinämöinen aurait servi d’inspiration à Bernard Hermann pour la célèbre scène de la douche de Psycho.

                    

Peu de compositeurs réussiront à personnifier l’esprit national autant que Bedřich Smetana. Entre 1874 et 1879, il composera Má Vlast (Ma patrie), un cycle de six poèmes symphoniques évoquant l’histoire ou les paysages de la Bohème. Écrite en trois semaines à la fin 1874, Vltava, du nom de la plus longue rivière de la République tchèque, affluent de l’Elbe, mieux connue sous son nom allemand La Moldau, demeure incontestablement la page la plus aimée du compositeur.  

 

« Le vrai conservatoire, c’est le rythme éternel de la mer, le vent dans les feuilles, et mille petits bruits qu’on écoute avec soin », affirmait Claude Debussy. Facile de comprendre comment le mouvement incessant des vagues ait pu lui inspirer son unique symphonie,  La mer, dans laquelle l’orchestre se veut « tumultueux et varié… comme la mer! » Le tumulte évoqué pourrait aussi être celui de son histoire d’amour particulièrement mouvementée avec Emma Bardac, chanteuse à qui Fauré avait dédié son œuvre La bonne chanson. Certains commentateurs voient d’ailleurs dans La mer une véritable métaphore de cette relation, les rythmes de la mer devenant miroir des rythmes de l’amour, le « Dialogue du vent et de la mer » celui des deux amants, jusqu’à l’ultime climax du grand thème solaire qui clôt l’œuvre. L’œuvre sera donnée pour la première fois le 15 octobre 1905.

Marcel Landowski s’est toujours considéré un compositeur indépendant, ouvert au langage du 20e siècle, mais réfractaire aux avant-gardes. On lui décernera en 1950 le Grand Prix de composition de la Ville de Paris. Quelques années plus tard, il écrira son Concerto pour ondes Martenot, qui sera d’abord entendu au Festival de Vichy, en septembre 1955, Ginette Martenot assumant la partie soliste. Instrument des plus étonnants et précurseur de la musique électronique, les ondes Martenot devaient inspirer nombre de compositeurs, dès sa première présentation publique en 1928. (Plus de 1500 œuvres ont depuis été écrites pour cet instrument et des chanteurs populaires, dont Joe Jackson et Jonny Greenwood de Radiohead, l’intègrent régulièrement à leurs créations.)

 

Né à Granby en 1951, Denis Gougeon considère que « la communication est l’essence même de la création » et que « toute œuvre doit viser à toucher l’autre ». Créée en 1990 par l’Orchestre Métropolitain, À l’aventure a été jouée par l’Orchestre symphonique de Montréal lors de sa tournée en Amérique du Sud l’année suivante. L’œuvre a remporté le Premier Prix au Concours SOCAN en 1991 dans la catégorie « Meilleure œuvre pour orchestre au Canada ». Le compositeur en parle en ces termes : « Dès les premières notes d’À l’aventure, l’auditeur est emporté dans un tourbillon d’aventures. Cette pièce trouve sa forme au fur et à mesure que l’œuvre évolue et qu’elle prend conscience d’elle-même, au même titre qu’une aventure est, par essence, indéterminée. L’œuvre joue sur de très forts contrastes sur tous les plans. L’inattendu et la surprise sont donc des éléments de structures essentiels à la personnalité de l’œuvre. »

 

Rien ne pourrait être plus simple que le motif sur lequel est basé l’Allegro initial de la Cinquième Symphonie de Ludwig van Beethoven. Pourtant, plus de deux siècles précisément après la première (le 22 décembre 1808), on continue d’être renversé par l’habileté avec laquelle le compositeur manipule ce matériel si fragmentaire. Après l’avoir entendue lors de sa création, E. T. A. Hoffmann écrit : « L’esprit de tout auditeur sensible sera frappé profondément, intimement, par une seule impression durable – de désir, infinie, inapaisable – du premier au dernier accord. Même après la fin, il sera incapable d’échapper au merveilleux monde de l’esprit dans lequel les énergies musicales l’ont enveloppé par la douleur et le plaisir. »  

 

Présenté à Paris en 1829, Guillaume Tell est le dernier et plus imposant opéra de Gioachino Rossini. Son livret narre les hauts faits du patriote suisse du 14e siècle qui a permis le rejet de la tyrannie. Comme l’opéra qu’elle présente, son Ouverture est construite sur une échelle quasi épique. Qualifiée de poème symphonique complet en lui-même et même de symphonie miniature en quatre mouvements ininterrompus, l’ouverture se divise en quatre sections et se conclut par le célèbre galop final des patriotes suisses.

 

Dmitri Chostakovitch est souvent considéré aujourd’hui comme le « Beethoven du 20e siècle ». Il est l’auteur de 15 symphonies monumentales, véritables chants du peuple soviétique, dans lesquelles il loue en apparence le régime (en utilisant par exemple des chants ou des rythmes militaires), mais le décrie de façon déguisée (en juxtaposant par exemple des dissonances à ces chants). Sa plus jouée, la Cinquième symphonie a été écrite en trois mois pour souligner le vingtième anniversaire de la Révolution. Elle a su capter l’enthousiasme aussi bien des dirigeants, qui y ont trouvé un langage conforme à l’esthétique du Parti, que du peuple qui y perçoit, exprimés de façon à peine voilée, le désespoir, la résistance, mais aussi un cri final de victoire ou de défi.  

 

Composés d’abord pour piano en 1874, quelques mois après que Modeste Moussorgski ait visité une exposition de plus de 400 œuvres de Victor Hartmann à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, les Tableaux d’une exposition évoquent en dix moments-clés une visite muséale imaginaire. Elle se termine par une page particulièrement flamboyante, « La grande porte de Kiev », qui traite en musique le projet (jamais réalisé) d’Hartmann pour une arche spectaculaire, qu’il souhaitait voir construite à l’entrée de la ville. L’extraordinaire orchestration de Ravel (réalisée en 1922) double la richesse créative de Moussorgski.

 

Lucie Renaud

Séries de ce concert
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