L’Aiglon : le fils de Napoléon

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
48$* à 159$*
Dates de ce concert
Mardi 17 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Jeudi 19 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Samedi 21 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Anne-Catherine Gillet, soprano (L’Aiglon)soprano (L’Aiglon)
Marc Barrard, baritone (Flambeau) baryton (Flambeau)
Étienne Dupuis, baritone (Metternich) baryton (Metternich)
Philippe Sly, baritone (Marmont) baryton (Marmont)
Pascal Charbonneau, tenor (L’attaché militaire) ténor (L’attaché militaire)
Isaiah Bell, tenor (Gentz) ténor (Gentz)
Tyler Duncan, baritone (Prokesch) baryton (Prokesch)
Jean-Michel Richer, tenor (Sedlinsky)ténor (Sedlinsky)
Marianne Fiset, soprano (Thérèse) soprano (Thérèse)
Julie Boulianne, mezzo-soprano (Fanny Elssler and Marie-Louise)mezzo-soprano (Fanny Elssler and Marie-Louise)
Julie Boulianne, mezzo-soprano (Fanny Elssler) mezzo-soprano (Fanny Elssler)
Kimy McLaren, soprano (Comtesse Camerata) soprano (Comtesse Camerata)
OSM ChoirChœur de l’OSM
Andrew Megill, OSM chorus masterchef de chœur de l’OSM
Les petits chanteurs du Mont-Royal, under the direction of Gilbert Patenaude sous la direction de Gilbert Patenaude
Daniel Roussel , stage directormise en espace
Esther Gonthier, rehearsal pianistpianiste-répétitrice

Présentation du concert

Ibert/Honegger, L’Aiglon

 

Drame en cinq actes et en alexandrins d’Edmond Rostand présenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt de Paris en mars 1900, L’Aiglon dresse le portrait du fils de Napoléon, proclamé roi de Rome à sa naissance, qui tente de s’émanciper de l’ombre projetée par son père pour enfin marcher dans ses traces. En 1937, après quelques adaptations cinématographiques, ce texte emblématique devait connaître une nouvelle vie, grâce à Jacques Ibert et Arthur Honegger, qui se partageraient les cinq actes de ce drame musical. Une occasion unique de découvrir cette œuvre peu jouée et enregistrée.

Représentations avec surtitres en français et en anglais.
 

 

Causerie préconcert à 18 h 45

CHANGEMENT À L’HORAIRE
Veuillez noter que la causerie qui devait débuter à 19h tel qu’indiqué sur les billets est devancée à 18 h 45.

Dans la salle de la Maison symphonique, Georges Nicholson s’entretiendra avec Pierre-Jean Chalençon, président du Cercle France Napoléon et administrateur du Souvenir napoléonien, Serge Joyal, historien spécialiste de l’époque qui fera état du lien fort entre Napoléon et l’Amérique et de quelle manière cette histoire nous touche encore aujourd’hui et Jean-Pierre Brossmann, ancien directeur du Théâtre du Châtelet à Paris.

Mardi 17 mars, jeudi 19 mars et samedi 21 mars à 18 h 45 à la Maison symphonique de Montréal

Création d’œuvre d'art en direct au foyer Allegro
L’artiste Melissa Del Pinto constituera en direct, une grande œuvre inspirée de L’Aiglon avant le concert et pendant l’entracte.

L’Aiglon

Opéra en cinq actes de Jacques Ibert et Arthur Honegger

Livret d’Henri Cain d’après la pièce en six actes L’Aiglon, d’Edmond Rostand (1900)

 

 

« L’avenir ! l’avenir ! mystère !

Toutes les choses de la terre,

Gloire, fortune militaire,

Couronne éclatante des rois,

Victoire aux ailes embrasées,

Ambitions réalisées,

Ne sont jamais sur nous posées

Que comme l’oiseau sur nos toits ! »

 

Victor Hugo, « Napoléon II »,
tiré du recueil Les chants du crépuscule

 

 

Créé le 11 mars 1937 à l’Opéra de Monte-Carlo, L’Aiglon est un opéra à quatre mains. Pour ce travail d’équipe d’un type tout à fait exceptionnel dans l’histoire du genre lyrique, Jacques Ibert (1890-1962) et Arthur Honegger (1892-1955) se sont partagé le travail de composition selon des modalités qu’ils ont soigneusement entourées de mystère, se contentant de dire lorsqu’on les interrogeait : « l’un a écrit les bémols, l’autre les dièses ». L’étude des manuscrits indique cependant qu’Ibert serait l’auteur des actes I et V, Honegger des actes II et IV, et que l’acte III est le fruit de la collaboration des deux compositeurs.

 

D’une unité stylistique étonnante malgré cet effet de juxtaposition, la partition témoigne de la volonté d’Ibert et d’Honegger de faire une musique aussi accessible que possible. Comme le précisent les deux compositeurs dans Le Figaro du 21 août 1937, il s’agissait pour eux d’« écrire une œuvre d’un caractère populaire et direct », qui puisse « toucher et émouvoir tous les publics, sans cesser d’être une œuvre d’art ».

 

Il faut dire que le sujet proposé par le directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, Raoul Gunsbourg, était de nature à émouvoir les foules, surtout à une époque marquée par la montée des nationalismes. L’Aiglon, c’est Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, fils unique de Napoléon Ier et de sa deuxième épouse, l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche. Sacré prince impérial et Roi de Rome à sa naissance en 1811, nommé Napoléon II au moment de l’abdication de son père en 1815 (alors qu’il a tout juste quatre ans), mais aussitôt chassé du trône par l’arrivée au pouvoir de Louis XVIII, l’Aiglon a passé la plus grande partie de sa courte vie à la cour d’Autriche, sous le titre de duc de Reichstadt que lui a attribué en 1818 son grand-père maternel, l’empereur François Ier d’Autriche.

 

La pièce d’Edmond Rostand sur laquelle est basé le livret mis en musique par Ibert et Honegger relate la recherche d’identité de ce fragile adolescent « germanisé » malgré lui, toujours profondément attaché à la France et au souvenir de son père dont il rêve – en vain – de reprendre le flambeau. Derrière le récit de ce destin tragique se cache un autre rêve, celui d’une France souveraine qui, comme à l’époque des conquêtes napoléoniennes, règnerait sur l’Europe. Il n’est donc pas étonnant que l’opéra créé avec succès en 1937 ait disparu de la scène à peine trois ans plus tard : sous l’Occupation, représenter une œuvre aussi profondément empreinte de nationalisme français n’était absolument pas envisageable, d’autant plus que la musique d’Honegger reprend plusieurs chants révolutionnaires français qui n’avaient évidemment pas droit de cité dans la « nouvelle Europe » nazie.

 

Acte I : Les ailes qui s’ouvrent

 

Nous sommes en 1831, dix ans après la mort de Napoléon Ier. C’est soir de bal au palais viennois de Schönbrunn, où résident le Duc de Reichstadt et sa mère. Marie-Louise introduit à la cour sa nouvelle lectrice, la jeune Française Thérèse de Lorget, qui plaît immédiatement au Duc. Le diplomate autrichien Metternich, fervent anti-bonapartiste chargé de la formation du Duc à Vienne, présente à ce dernier un nouveau venu : le maréchal Marmont, un ancien général de Napoléon, à qui le Duc reproche d’avoir trahi l’Empereur en livrant ses armées à l’ennemi. Regrettant sa défection passée, Marmont promet son soutien au fils de Napoléon. Séraphin Flambeau, faux valet qui est en réalité un ancien grognard de Bonaparte, joint sa voix à celle de Marmont pour inciter le Duc à rentrer en France pour y prendre le pouvoir.

 

Acte II : Les ailes qui battent

 

Pour signifier à Flambeau qu’il accepte le soutien des conspirateurs qui veulent l’aider à retourner en France, le Duc a déposé sur une table le chapeau de son père. En apercevant le bicorne de Napoléon, Metternich explose de rage contre son vieil ennemi. Flambeau, vêtu de son uniforme de grenadier, lui fait croire un instant que l’Aigle lui-même va entrer dans la pièce; mais c’est l’Aiglon qui entre, juste à temps pour permettre à Flambeau de fuir en entonnant Le chant du départ, l’un des airs de la Révolution française. Metternich entreprend alors de démolir la confiance du Duc en lui dépeignant la faiblesse qu’il a héritée de ses ancêtres Habsbourg.

 

Acte III : Les ailes meurtries

 

Le Duc, effondré par ce que lui a dit Metternich, participe sans grand enthousiasme à un bal masqué à Schönbrunn. Il y rencontre Thérèse, à qui il confie son désarroi. Son ami, le comte Prokesch, lui redonne foi en sa capacité à régner sur la France. Les conspirateurs entrent en action : la comtesse Camerata, cousine du Duc, change de costume avec lui et quitte ostensiblement le bal pour lui laisser le temps de fuir sans être poursuivi. En insultant publiquement Napoléon, le diplomate Frédéric de Gentz passe à deux doigts de faire découvrir le complot, mais un attaché français évite au Duc de se trahir en relevant à sa place cette insulte faite à la France.

 

Dans la première version du troisième acte, entièrement composée par Honegger, le duo entre le Duc et Thérèse était très long – et, de l’avis des deux compositeurs, trop mielleux. Après les premières représentations, ils ont donc décidé d’abréger cette scène, et de remplacer la musique ainsi éliminée par une longue séquence de valses viennoises écrite par Ibert.

 

Acte IV : Les ailes brisées

 

Les conspirateurs se rejoignent sur la plaine de Wagram, lieu d’une importante victoire de Napoléon sur l’armée autrichienne. Au moment où le Duc s’apprête à partir pour Paris, la comtesse Camerata accourt pour le prévenir que la conspiration est découverte et qu’il est poursuivi. Plutôt que de se rendre aux autorités autrichiennes, Flambeau se poignarde lui-même. Le Duc adoucit son agonie en lui donnant l’illusion qu’il meurt à la véritable bataille de Wagram, entouré de l’armée affaiblie mais victorieuse de Napoléon. Finissant par croire lui-même à son pieux mensonge, il prend la tête d’un bataillon imaginaire pour attaquer son propre régiment de l’armée autrichienne, qui arrive à ce moment précis. Cette scène d’une force dramatique extraordinaire reprend un passage de la musique d’Honegger pour le film Napoléon d’Abel Gance (1927), dans lequel se superposent Le chant du départ et La Marseillaise.

 

Acte V : Les ailes fermées

 

Quelques mois plus tard, en 1832. Le Duc, mourant, reçoit sa dernière communion en présence de toute la cour. Thérèse berce son agonie en lui fredonnant des chansons populaires françaises qui lui rappellent son enfance : Il pleut, il pleut, bergère, Nous n’irons plus au bois, Sur le pont d’Avignon. Consterné de n’avoir rien accompli pendant son passage sur terre, le Duc meurt en écoutant l’attaché français lui lire le récit de sa naissance, alors qu’il portait encore les titres glorieux de prince impérial et de Roi de Rome.

 

© Marie-Hélène Benoit-Otis

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