Soirée présentée par
Concert présenté en collaboration avec Pro Musica

Lang Lang en récital

L'artiste en résidence de la fondation familiale Larry et Cookie Rossy

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
46$* à 126$*
Dates de ce concert
Vendredi 13 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Lang Lang, pianopiano

Présentation du concert

Bach, Concerto italien en fa majeur, BWV 971

Tchaïkovski, Les saisons, op. 37a

Chopin, Scherzo no 1 en si mineur, op. 20

Chopin, Scherzo no 2 en si bémol mineur, op. 31

Chopin, Scherzo no 3 en do dièse mineur, op. 39

Chopin, Scherzo no 4 en mi majeur, op. 54

 

Véritable icône du piano à 30 ans à peine, la popularité du pianiste chinois Lang Lang fait l’envie de plusieurs artistes. Reconnu pour son style flamboyant et ses interprétations de Chopin et de Liszt, Lang Lang livre au public des prestations au paroxysme de l’émotion. Généreux sur scène, il a su démontrer au cours des dernières années un esprit d’ouverture en s’alliant à nombre de projets éclectiques. À voir et à entendre absolument!

Deux œuvres faisant partie du répertoire essentiel de tous les pianistes, écrites par des hommes qui, en leur temps, étaient de remarquables artistes du clavier, encadrent le récital de Lang Lang. En son centre se trouve une page signée par un compositeur (Tchaïkovski) dont le Premier concerto pour piano est peut-être bien le plus populaire de tous, mais dont les pièces plus courtes pour piano restent inexplicablement en marge.

 

 

Johann Sebastian Bach

Né à Eisenach, le 21 mars 1685

Mort à Leipzig, le 28 juillet 1750

 

Concerto italien, BWV 971

 

Publié à Nuremberg en 1735, le Concerto italien de Bach cherchait à traiter le clavier aussi bien comme soliste que membre de l’orchestre, comme le faisait typiquement le concerto grosso italien. (Exactement un siècle plus tard, Schumann tenterait de faire de même avec la forme sonate dans sa Sonate pour piano no 3, sous-titrée « Concerto sans orchestre ».) Bach n’était pas le premier, mais le succès fut tel que l’œuvre susciterait de nombreux éloges Johann Adolf Scheibe, un contemporain, écrirait en 1739 : « Je dois brièvement mentionner que les concertos peuvent aussi être écrits pour un instrument seul, sans accompagnement – particulièrement les concertos pour clavier ou luth. Dans de telles pièces, la structure de base est la même que dans les concertos pour plusieurs instruments. […] Prééminent parmi ceux publiés, on retrouve celui pour clavier du célèbre Bach de Leipzig. »

 

Bach a pu simuler l’effet des passages solistes et les tutti sur un même instrument en utilisant deux claviers, chacun doté d’une sonorité distincte. Les pianistes d’aujourd’hui doivent recréer cet effet par des contrastes de nuances, de toucher, d’articulation ou d’autres moyens. Dans le premier mouvement d’un concerto grosso type de Vivaldi, Corelli ou leurs contemporains italiens, les cordes auraient présenté le motif mélodique dès le début, qui reviendrait en fragments tout au long du mouvement, en alternance avec des épisodes contrastants du soliste. Tout comme les concerti grossi italiens de son époque, le mouvement lent central de Bach rappelle l’air opératique, la voix soliste chantant une ample cantilène s’élevant au-dessus d’un accompagnement discret. Le dernier mouvement de Bach se veut un brillant déploiement technique.

 

 

Piotr Ilitch Tchaïkovski

Né à Votkinsk, le 7 mai 1840

Mort à Saint-Pétersbourg, le 6 novembre 1893

 

Les saisons, op. 37bis

 

Janvier - Au coin du feu (Moderato semplice ma espressivo)

Février - Le Carnaval (Allegro giusto)

Mars - Chant de l'alouette (Andantino espressivo)

Avril - Perce-neige (Allegretto con moto e un poco rubato)

Mai - Les nuits de mai (Andantino)

Juin - Barcarolle (Andante cantabile)

Juillet - Chant du faucheur  (Allegro moderato con moto)

Août - La moisson  (Allegro vivace)

Septembre - La chasse (Allegro non troppo)

Octobre - Chant d'automne (Andante doloroso e molto cantabile)

Novembre - Troïka (Allegro moderato)

Décembre - Noël (Tempo di valse)

 

La collection connue par erreur en Occident sous le titre Les saisons – même si un simple regard aux noms des pièces nous révèle que, en fait, elle devrait plutôt, comme Tchaïkovski l’avait à l’origine noté en russe, être titrée Les mois – comprend peut-être les moins inconnues de la centaine de miniatures pour le piano de Tchaïkovski

 

À la fin de 1875, le rédacteur en chef d’un journal musical de Saint-Pétersbourg, le Nuvellist, a eu l’idée de demander à des compositeurs célèbres d’écrire une série de courtes pièces pour piano pour amateurs, qui seraient incluses dans chaque numéro mensuel du journal au fil de l’année 1876. Pas particulièrement friand de la miniature, Tchaïkovski s’est senti contraint d’accepter, en grande partie parce qu’il avait besoin d’argent (la célèbre relation qu’il entretiendrait avec la généreuse bienfaitrice Nadejda von Meck ne verrait pas le jour avant deux ans). Des années après, il évoquerait ses pièces comme des « crêpes musicales expédiées ». Quelque temps après la publication des pièces de façon individuelle, Tchaïkovski les apporta à son éditeur régulier Jurgenson, qui les publia en tant qu’opus 37bis ou 37a. (L’opus 37 est la Grande sonate en sol majeur.) Une première publication dans une édition anglaise ayant fautivement noté sur la partition Les saisons, le titre est resté.

 

 

Frédéric Chopin

Né à Zelazowa Wola, Pologne, le 1er mars 1810

Mort à Paris, le 17 octobre 1849

 

Quatre scherzos

 

            No l en si mineur, op. 20

No 2 en si bémol mineur, op. 31

No 3 en do dièse mineur, op. 39

No 4 en mi majeur, op. 54

 

C’est Beethoven qui devait fermement fixer le scherzo dans la terminologie musicale en tant que forme pouvant être adoptée par un mouvement, habituellement de rythme et de forme ternaires (ABA). Pourtant, même un coup d’œil rapide aux huit scherzos des symphonies de Beethoven (toutes sauf la Huitième en contiennent un, de nom ou d’esprit) nous révèle la palette étonnante de caractère et de répercussions émotives, de l’humour bourru de la Deuxième au mystérieux fonctionnement de la Cinquième, de la joyeuse légèreté de la Sixième et de la Septième à l’angoisse impitoyable de la Neuvième. Comme les génies ont coutume de le faire, la conception originale a été adaptée pour accommoder une licence artistique, le terme servant le compositeur et non le contraire. Chopin a hérité de Beethoven cette liberté dans l’approche et ses quatre magnifiques scherzos pour piano démontrent la même variété, intensité d’émotion et puissance d’expression que ceux de Beethoven et donnent lieu à une musique à des lieues des plaisanteries ou blagues sous-entendues par le titre. En fait, en tant que groupe, les Scherzos comptent parmi les plus viriles et puissamment dramatiques créations de Chopin.

 

Franz Liszt parlait des scherzos de Chopin en ces termes : « Une passion voilée et une rage réprimée se retrouvent, passage après passage, dans les scherzos, évoquant une exaspération distillée, dominée par une impression de désespoir, tantôt ironique, tantôt fier. » On n’a pas besoin d’être entièrement d’accord avec la lecture de Liszt pour entrevoir que ces scherzos sont loin d’être des « blagues » légères. Pour Ludwig Kusche, « les quatre scherzos sont aussi dissemblables que faire se peut pour des œuvres dotées d’un même titre. Personne ne peut dire pourquoi ils portent tous le nom de scherzos. Un parfait romantique pourrait les avoir évoqués collectivement sous le titre “Éruptions volcaniques”. »

 

Ces « éruptions volcaniques » ne sont nulle part plus appropriées que dans les sections externes du Scherzo en si mineur (1832). Deux accords percutants, isolés aux deux extrémités du clavier, captent immédiatement l’attention de l’auditeur et donnent le coup d’envoi de cette étourdissante pyrotechnie pianistique. Quand la furie s’épuise, la musique se meut en un passage tranquille, d’une infinie tendresse, sur la mélodie du chant polonais  Lulajze Jezuniu (Dors, Enfant-Jésus) intégrée à un motif doucement oscillant. Tels des chocs électriques, les deux accords qui ouvrent le Scherzo s’immiscent, secouant l’auditeur qui passe d’une musique doucement caressante à l’énergie renouvelée et à la furie du matériau d’ouverture.

 

Le Scherzo en si bémol mineur (1837) a longtemps été l’une des compositions les plus populaires et les plus jouées. Comme le premier, il s’ouvre sur un irrésistible appel. Herbert Weinstock décrit l’architecture de l’œuvre comme « […] un motif qui s’incurve doucement, inégal, en forme d’arche, qui fait ressortir toute l’expressivité latente des idées mélodiques, rythmiques et harmoniques de Chopin. Il parvient à ses fins parce que sa succession gratifie de façon progressive les attentes suscitées. […] Il se tient en équilibre, ne s’écroulera pas, et donne, comme tout édifice magistral, une impression d’être à la fois ancré dans le sol et de s’élever vers le haut avec aisance et à-propos. »

 

Dans le Scherzo en do dièse mineur (1839), des passages d’agitation fébrile, fiévreuse même, alterne avec des progressions rappelant les chorals, chacune se terminant par une délicate bruine d’accords brisés descendants.

 

Le Scherzo en mi majeur (1842) est le plus long des quatre, le seul en majeur et le seul essentiellement aimable et léger, non dramatique. Même à travers l’épisode plus sérieux en do dièse mineur, on peut encore percevoir le sourire à travers les larmes.

 

 

© Robert Markow

Traduction de Lucie Renaud

 

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