Événement de réseautage organisé par

Le printemps de Schumann

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
42$* à 200,25$*
Dates de ce concert
Mercredi 15 Avril 2015 - 20h00 Terminé
Jeudi 16 Avril 2015 - 20h00 Terminé
Artistes
Sir Roger Norrington, conductorchef d’orchestre
Arabella Steinbacher, violinviolon

Présentation du concert

Schumann, Symphonie no 1 en si bémol majeur, op. 38, « Le printemps » (approx. 30 min.)

 

Brahms, Concerto pour violon en ré majeur, op. 77 (approx. 40 min.)

 

Violoniste remarquable, saluée notamment pour ses enregistrements de la musique de Bartók, Milhaud et Chostakovitch, l’Allemande Arabella Steinbacher interprète le Concerto pour violon de Brahms, à la fois l’un des plus populaires et des plus exigeants du répertoire. L’éblouissante Symphonie « Le printemps » de Schumann – dont le cinéaste Éric Rohmer empruntait le titre pour un de ses films – évoque une période de « plénitude de bonheur » dans la vie du compositeur. Toujours très apprécié de l’OSM, le réputé chef d’orchestre Sir Roger Norrington dirige ce programme qui annonce on ne peut mieux l’arrivée de la belle saison.

 

Des œuvres importantes de deux compositeurs romantiques éminents du 19e siècle de générations successives – Schumann est né en 1810, Brahms en 1833 – sont au programme ce soir. On peut établir de nombreuses comparaisons statistiques en considérant les catalogues des deux hommes : quatre magnifiques symphonies (nous en entendrons une de Schumann), des concertos pour piano, violon et violoncelle (nous en entendrons un de Brahms), de nombreux lieder et pièces pour piano, une grande quantité de musique chorale et de chambre, mais aucun opéra, hormis le funeste Genoveva de Schumann. Pourtant, leurs personnalités musicales sont uniques et l’un ne pourrait jamais être confondu pour l’autre.

ROBERT SCHUMANN

Né à Zwickau, le 8 juin 1810 – Mort à Endenich, le 29 juillet 1856
SYMPHONIE N˚ 1 EN SI BÉMOL MAJEUR, OP. 38, « LE PRINTEMPS »

Schumann a esquissé l’intégralité de sa Symphonie « Le printemps » en tout au plus quatre jours en janvier 1841 dans un élan d’énergie créatrice et complété l’orchestration un mois plus tard. La première eut lieu le 31 mars, Mendelssohn dirigeant l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. On ne peut que mettre en doute l’appellation « Le printemps » quand une œuvre est entièrement conçue en plein hiver. Cependant, pour Schumann, l’association vernale n’était pas tant liée à une saison inscrite au calendrier qu’à un printemps personnel, émotionnel – une saison d’ardeur romantique, d’optimisme et d’exubérance créative. Il avait épousé Clara Wieck tout juste quatre mois et demi avant d’amorcer son travail sur la symphonie. Un poème d’Adolf Böttger, lu à ce moment-là, peut être perçu comme une autre source d’inspiration, plus tangible. Le dernier vers se lit : « Im Tale blüth der Früling auf! » (Dans la vallée, le printemps s’épanouit !), mots qui correspondent à la fanfare d’ouverture de la symphonie. Schumann avait demandé qu’on la joue « comme si elle venait du Très-Haut, comme un appel à l’éveil ». Elle servira également de thème principal à la section principale Allegro et son motif énergique et rythmique prédomine d’un bout à l’autre. Le deuxième thème lyrique est entendu aux bois.

Le Larghetto se conçoit comme une tendre cantilène. Des violons présentent un thème gracieux au long souffle que l’on pourrait évoquer « de divine longueur » (retournant ainsi le compliment de Schumann envers la Grande symphonie en do majeur de Schubert). Quand le thème revient vers la fin du mouvement, il est remanié pour cor solo et hautbois, mélange particulièrement heureux de couleurs tonales exploitées par Brahms dans un passage similaire à la fin du mouvement lent de sa Première symphonie.

Le Scherzo comprend deux trios contrastants l’un avec l’autre, de même qu’avec le Scherzo attenant. Le premier de ceux-ci est de longueur inhabituelle – 182 mesures, par rapport au Scherzo, qui ne fait que 96 mesures, si l’on inclut les reprises.

Le finale suit presque sans pause, annoncé par une autre fanfare dont le motif reviendra sous divers couverts mélodiques et rythmiques tout au long du mouvement. Un premier thème alerte aux violons et un énergique deuxième thème aux bois et cordes en mineur constituent les éléments essentiels du mouvement. La symphonie se termine dans un joyeux abandon, nous laissant avec l’impression que tout est bien dans le monde.

 

JOHANNES BRAHMS

Né à Hambourg, le 7 mai 1833 – Mort à Vienne, le 3 avril 1897
CONCERTO POUR VIOLON EN RÉ MAJEUR, OP. 77

« Je doute que je puisse écrire un meilleur concerto. » Voilà quels termes Brahms a utilisés quand il a écrit à Simrock, son éditeur berlinois. La majorité des mélomanes d’aujourd’hui soutiendront sans doute cette affirmation; pourtant, comme plusieurs des œuvres d’envergure de Brahms, le Concerto fut considéré comme sec et pédant. Même le critique Eduard Hanslick, pourtant un défenseur du compositeur de longue date, n’y a pas été sensible. Mais l’eau a coulé sous les ponts depuis. Le Concerto de Brahms a maintenant sa place au sommet, aux côtés de celui de Beethoven (également en majeur). Les commentaires d’Hubert Foss sont éloquents à ce sujet : « De toutes les œuvres importantes de Brahms, voici celle qui réconcilie le plus parfaitement les deux éléments créateurs contraires qui coexistent chez Brahms : les côtés lyrique et constructif, Brahms le mélodiste et Brahms le symphoniste. Ce Concerto est en effet un chant pour violon de proportion symphonique – un épanchement lyrique qui exploite néanmoins totalement le grand pouvoir de développement inventif du compositeur. Le Concerto tire sa substance de l’éclosion des thèmes; ils s’épanouissent devant nous comme les fleurs d’un jardin luxuriant. C’est l’œuvre de grande envergure la plus attachante
de Brahms. »

Brahms a écrit son unique Concerto pour violon en 1878, le complétant au début de l’automne. Fidèle à ses habitudes, il s’est entretenu de questions techniques et musicales avec Joseph Joachim, son ami et conseiller depuis 25 ans. On retrouve dans leur volumineuse correspondance le passage suivant de Brahms à Joachim : « Maintenant que j’en ai achevé la partition, je ne sais vraiment pas ce que vous penserez de la partie solo elle-même. J’avais l’intention, bien entendu, de vous demander de corriger la partition, sans épargner la composition et de me dire franchement si vous estimez qu’elle n’est pas digne d’être jouée. Veuillez indiquer les parties qui vous paraissent difficiles, gauches ou impossibles à interpréter. L’ensemble se présente en quatre mouvements. »

Cette dernière phrase pourra faire sourciller, puisque le Concerto compte trois et non pas quatre mouvements. Cependant, Brahms avait composé au départ quatre mouvements, optant plus tard pour la structure traditionnelle en trois mouvements. « J’ai supprimé les mouvements du milieu qui, bien entendu, étaient les meilleurs, écrirait-il à Joachim, et je les ai remplacés par un médiocre Adagio. » C’était là, bien entendu, une nouvelle manifestation de la tendance qu’avait Brahms à se dévaloriser, puisque le « médiocre Adagio » est un des mouvements les plus magnifiques qui soit. On ne sait pas exactement ce qu’il advint des mouvements que Brahms supprima. Certains pensent qu’il a utilisé les ébauches d’un scherzo dans son Deuxième concerto pour piano écrit à peu près à la même époque. Quant à l’Adagio, Brahms l’a peut-être conservé dans ce Concerto ou l’a gardé en prévision d’un deuxième concerto pour violon qui n’a jamais vu le jour. Brahms dédia la partition et en confia la création à Joachim. L’œuvre fut créée le 1er janvier 1879, avec Brahms au pupitre de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

Le Concerto s’amorce par un thème détendu dans les cordes basses, les bassons et les cors – une orchestration chaleureuse, typiquement brahmsienne. Après la présentation de plusieurs nouvelles idées thématiques, le soliste entre de façon théâtrale, développant le matériel en une longue quasi-cadence avant de se calmer et reprendre les thèmes déjà entendus lors de la longue exposition orchestrale. De plus, le violon introduit un nouveau thème, fluide et euphorique, rappelant la valse.

Le long solo serein de hautbois qui amorce le deuxième mouvement, l’une des plus splendides mélodies jamais produites par Brahms, nous rappelle qu’il était l’un des compositeurs de lieder les plus importants du 19e siècle. Le segment central du mouvement, décrit comme s’élançant vers une « mélancolie passionnée », bascule vers le mode mineur.

Le finale, assuré et passionné, seul étalage de virtuosité, est de forme rondo légèrement modifiée (ABACA) dont le thème principal possède une saveur tzigane hongroise.

© Robert Markow

Traduction de Lucie Renaud

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