Le Troisième concerto de Saint-Saëns

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
42$* à 84$*
Dates de ce concert
Jeudi 27 Novembre 2014 - 10h30 Terminé
Jeudi 27 Novembre 2014 - 19h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Andrew Wan, OSM concertmasterviolon solo de l'OSM

Présentation du concert

Mozart, Sérénade en sol majeur, K. 525, « Petite musique de nuit »

Saint-Saëns, Concerto pour violon no 3 en si mineur, op. 61

Mozart, Symphonie no 40 en sol mineur, K. 550

 

Violon solo de l’OSM depuis 2008, Andrew Wan a remporté de nombreux prix, dont le Prix Opus 2012 de la meilleure interprétation pour ses prestations avec le Nouveau Quatuor Orford. Il interprète ici le Troisième Concerto pour violon de Saint-Saëns. La Symphonie no 40 est non seulement la plus célèbre œuvre symphonique de Mozart, mais probablement aussi la plus dramatique; comment ne pas être emporté par son impétueux thème introductif! Un programme attrayant dirigé par maestro Nagano.

Les compositeurs au programme ce soir, Wolfgang Amadeus Mozart et Camille Saint-Saëns, ont tous deux vécu des expériences uniques. Les deux étaient des enfants prodiges, des virtuoses du clavier tant au piano qu’à l’orgue, ont écrit des compositions originales dès l’âge de cinq ans et continué de créer dans tous les genres et moyens d’expression possibles jusqu’à leur mort. Tous deux ont joué et supervisé la production de leurs œuvres, beaucoup voyagé. Chacun a synthétisé les styles nationaux rencontrés, Mozart au 18e siècle, Saint-Saëns aux 19e et début du 20e.

 

Il est intéressant de noter que deux des concerts les plus importants donnés par Saint-Saëns comprenaient des œuvres de Mozart : son premier concert public à la Salle Pleyel le 6 mai 1846, alors qu’il interprétait le Quatrième concerto pour piano en si bémol de Mozart auquel il avait intégré sa propre cadence, et le concert du jubilée, le 2 juin 1896, qui commençait par l’ouverture du Mariage de Figaro et se terminait encore une fois par le Concerto en si bémol majeur de Mozart. Saint-Saëns a aussi écrit des cadences pour neuf concertos de Mozart (huit pour piano, une pour violon). En juin 1910, il a joué tous les concertos pour piano de Mozart lors d’une série de concerts à Londres.

 

On se souvient aujourd’hui de Saint-Saëns comme d’un compositeur polyvalent et prolifique, mais il était aussi un extraordinaire pianiste, organiste, chef d’orchestre et auteur. Aimant les plaisirs du voyage et de l’observation, il a effectué des tournées un peu partout dans le monde en tant qu’interprète. Parmi ses compositions, on compte cinq symphonies, treize opéras et une variété de compositions instrumentales et vocales dans tous les genres, dont le ballet, la musique de scène et la musique de film.

 

Wolfgang Amadeus Mozart

Né à Salzbourg le 27 janvier 1756 – Mort à Vienne le 5 décembre 1791

 

Sérénade en sol majeur, K. 525, « Petite musique de nuit »

 

On réfère habituellement à la Sérénade, K. 525, probablement la plus connue de toutes les œuvres instrumentales de Mozart, comme « Eine kleine Nachtmusik », titre utilisé dans le catalogue personnel de Mozart. Élaborée avec un soin méticuleux et dotée de mélodies des plus attrayantes, elle semble progresser naturellement et de façon spontanée. En quatre mouvements (un cinquième mouvement aurait été perdu), elle a été écrite en 1787 pour quintette à cordes, mais est généralement interprétée aujourd’hui par un petit ensemble à cordes.

 

La Sérénade regorge de qualités typiquement mozartiennes : élégance, délicatesse et raffinement aristocratique. Le premier mouvement, de traditionnelle forme sonate, présente deux thèmes, le premier assuré, le deuxième plus lyrique. Le développement traverse plusieurs tonalités avant le retour du matériau original. Le deuxième mouvement, une Romanze, de tempo modéré et de forme rondo, expose une charmante mélodie répétée deux fois, entrecoupée de deux mélodies contrastantes. Le troisième mouvement est constitué d’un élégant menuet, d’un amusant trio aux teintes feutrées et d’une reprise du menuet, le tout dans un rythme plein d’allant (Allegretto). L’énergique quatrième mouvement, Allegro, conclut l’œuvre de façon majestueuse.

 

Camille Saint-Saëns

Né à Paris le 9 octobre 1835 – Mort à Alger le 16 décembre 1921

 

Concerto pour violon no 3 en si mineur, op. 61

 

Camille Saint-Saëns est le premier compositeur français à émerger en tant que maître du concerto. Il a écrit dix œuvres pour instrument soliste et orchestre qu’il a nommées « concerto » : trois pour violon, cinq pour piano et deux pour violoncelle. De plus, il a composé 18 autres pièces dans lesquelles soit le cor, la flûte, la clarinette, la harpe, l’orgue, le violon ou le piano est associé à l’orchestre, aux titres évocateurs tels Cyprès et lauriers, La muse et le poète, Havanaise et Africa.

 

La composition de concertos a permis à Saint-Saëns de mettre en lumière la virtuosité technique et d’exprimer des idées musicales. Il explique : « C’est la virtuosité elle-même que je prétendrai défendre. Elle est la source du pittoresque en musique, elle donne à l’artiste des ailes, à l’aide desquelles il échappe au terre à terre et à la platitude. La difficulté vaincue est elle-même une beauté. » Il croyait que la virtuosité avait triomphé dans tous les arts, en littérature et en poésie, et que cette virtuosité, en pénétrant l’orchestre, avait rendu possible les passionnants effets de l’instrumentation moderne. Il ajoute : « Le solo de concerto est un rôle qui doit être conçu et rendu comme un personnage dramatique. »

 

Pour Saint-Saëns, l’art s’articule d’abord autour de la forme. Il soutient : « L’artiste qui ne se sent pas pleinement satisfait par des lignes élégantes, des couleurs harmonieuses, une belle série d’accords, ne comprend pas l’Art. » Il expérimenta avec la forme dans ses trois concertos pour violon.

 

Saint-Saëns aimait particulièrement le violon. Il écrirait pour Pablo de Sarasate (1844-1908), un de ses interprètes préférés, avec lequel il a souvent joué, ses plus grandes pages pour violon et orchestre : Introduction et Rondo Capriccioso, le Premier concerto pour violon, op. 20, le Troisième concerto, op. 61 et un arrangement de la « Sarabande » extraite de la Suite anglaise no 2 de Bach. Il paraît évident que Saint-Saëns portait le talent de Sarasate en haute estime. Il admettra : « Si ma musique pour violon a eu tant de succès, c’est bien à lui que je le dois ! Car il a été un moment le violoniste le plus en vue du monde entier et il jouait partout mes œuvres, inconnues encore. »

 

Depuis sa composition en mars 1880, le Troisième concerto pour violon est demeuré un monument du répertoire pour violon. Après que Sarasate eut parcouru la partition, il écrivit à l’éditeur de Saint-Saëns, Auguste Durand, le 31 mai 1880 : « Le Concerto de Saint-Saëns est un bijou, je t’en prie, dis-lui de ne le faire jouer par personne avant moi. Tu verras que je ferai de cette œuvre de premier ordre un véritable prince des cieux. » Il créa l’œuvre le 2 janvier 1881, Édouard Colonne dirigeant l’orchestre.

 

Le théâtral concerto s’ouvre sur un thème fervent, en contraste avec le mélodieux deuxième thème. Le développement et l’alternance de ceux-ci servent de cadre à ce premier mouvement de forme sonate. Une gracieuse et langoureuse barcarolle, Andantino quasi allegretto, en 6/8, est au cœur du mouvement central en trois sections, qui exploite les arpèges d’harmoniques au violon, doublées par les clarinettes dans le registre grave. Le finale commence par une cadence du violon, s’élevant au-dessus du murmure de l’orchestre. À l’audacieux thème en triolets, Allegro non troppo, succède un thème brillant et affirmatif, repris par l’orchestre comme un choral. Les astucieux changements de couleur ajoutent richesse et subtilité à la musique.

 

Wolfgang Amadeus Mozart

Né à Salzbourg le 27 janvier 1756 – Mort à Vienne le 5 décembre 1791

 

Symphonie no 40 en sol mineur, K. 550

 

La Symphonie no 40 en sol mineur compte parmi les œuvres orchestrales les plus aimées de Mozart et est l’une de ses trois dernières. Habitant Vienne pendant l’ultime décennie de son existence, Mozart les a écrites en six semaines à l’été 1788, une période difficile dans sa vie. Il a d’abord orchestré l’œuvre pour flûte, hautbois, bassons et cors par deux, et cordes. Plus tard, il a intégré deux clarinettes et a revisité les parties de hautbois pour s’adapter à ces changements. Les deux versions sont encore en usage aujourd’hui.

 

La symphonie exsude l’urgence et une profondeur émotionnelle, forme et contenu se trouvant en parfaite synthèse. Le premier mouvement, Allegro molto, est de forme sonate avec son exposition, son développement et sa réexposition tendus. La verve rythmique du thème d’introduction contraste avec l’accompagnement répétitif des altos. Le deuxième thème est présenté sous forme de dialogue entre cordes et vents. L’impétuosité persiste jusqu’à la fin du mouvement. Le deuxième mouvement modéré, un Andante, lui aussi de forme sonate, est de nouveau placé sous le signe de l’intense expressivité, caractérisée par les contrastes clairs et des harmonies dramatiques. Le troisième, un menuet traditionnel, est d’humeur sérieuse, un paisible trio offrant un contraste bienvenu. Plein d’entrain, le quatrième mouvement, Allegro assai, adopte encore une fois la forme sonate, avec deux motifs rythmiques prépondérants qui interagissent de façon complexe, comprenant des passages fugués et chromatiques. La richesse prédominante des variations de textures et d’harmonies mène la symphonie vers une fin triomphale.

 

La symphonie a longtemps été considérée un sommet d’expression musicale mozartienne. Schumann la voyait comme « un modèle de légèreté et de grâce grecques ». D’autres ont souligné son atmosphère sérieuse et tragique, évoquant une œuvre de « passion, de violence et de douleur ».

 

© Sabina Teller Ratner

Traduction française de Lucie Renaud

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