L’Orient imaginaire

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
42$* à 200,25$*
Dates de ce concert
Mercredi 4 Mars 2015 - 20h00 Terminé
Dimanche 8 Mars 2015 - 14h30 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
François-Frédéric Guy, pianopiano
Monika Jalili, sopranosoprano
Françoise Altan, sopranosoprano
Didem Basar, KanunKanun

Présentation du concert

Saint-Saëns, Samson et Dalila, « Bacchanale » (approx. 7 min.)

Kiya Tabassian, Vers où l’oiseau migrera ? (approx. 12 min.) Première mondiale – Commande de l’OSM

Saint-Saëns, Concerto pour piano no 5 en fa majeur, op. 103, « Égyptien » (approx. 29 min.)

Entracte

 

Dukas, La Péri, poème dansé (approx. 20 min.)

Kambiz Mozhdehi (arr. Jamshied Sharifi), Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) (approx. 6 min.)

Anonyme (arr. Jamshied Sharifi), Gol-e Gandom (Fleur de blé) (approx. 3 min.)

R. Strauss, Salomé, « Danse des sept voiles » (approx. 9 min.)

 

En collaboration avec le Musée des beaux-arts des Montréal et en lien avec l’exposition Benjamin Constant : Fastes et fascinations de l’orientalisme européen

 

Causerie

En prélude au concert, Mathieu Dugal s’entretiendra avec

Marianne Perron, directrice de la programmation de l’OSM, Kiya Tabassian, compositeur et les chanteuses Françoise Atlan et Monika Jalili.

Mercredi 4 mars 2015 à 19 h
Dimanche 8 mars 2015 à 13 h 30
Foyer Allegro de la Maison symphonique de Montréal

 

Les compositeurs se sont servis de leur musique comme d’une fenêtre sur l’extraordinaire, le non-familier. Cela devient particulièrement audible quand on aborde la question d’exotisme, mouvement ayant fleuri à la fin du 19e siècle et début du 20e siècle, alors que les compositeurs dépeignaient des scènes imaginées sises dans des contrées lointaines à travers le rythme, l’instrumentation et le timbre. Ce qui était considéré orientalisme exotique dans les années 1890 en France ne l’est sans doute plus aujourd’hui, mais la musique reste un témoignage de cet intérêt latent pour l’inconnu et l’imaginaire – un regard nostalgique au-delà de l’horizon visible.

 

Camille Saint-Saëns

Né à Paris, le 9 octobre 1835

Mort à Alger, le 16 décembre 1921

 

Samson et Dalila, « Bacchanale »

 

La bacchanale occupe une place privilégiée dans la musique symphonique française. En tant que danse, elle occupe une place de choix dans Daphnis et Chloé de Ravel et Bacchus et Ariane de Roussel. Inspirée des danses excessives et orgiaques présentées dans le cadre des antiques festivals dédiés à Bacchus, dieu du vin, la bacchanale du ballet et de l’opéra français y est liée en esprit, mais non en substance. Dans la tradition du grand opéra français, une bacchanale offrait l’occasion parfaite pour insérer une danse entraînante dans le cours de l’action, surtout si le sujet était en lien avec le paganisme, la lascivité ou quelque concept considéré comme « non chrétien ». Créé à Weimar en décembre 1877, l’opéra Samson et Dalila de Saint-Saëns ne fait pas exception à la règle. Dans le troisième acte, les prêtres philistins interprètent cette danse sauvage, percussive, alors qu’ils se préparent pour un sacrifice et que Samson s’apprête à détruire le temple de Dagon. Un hautbois séducteur plante le décor, dans un mode qui rappelle librement l’exotisme oriental. La danse s’ensuit, devenant tapageuse avant le retour du mode « oriental » suggéré au début. Un interlude contrastant développe un thème amoureux sensuel, mais la danse frénétique revient, cette fois rehaussée de percussion, s'accélérant jusqu’à son entraînante conclusion.

 

Kiya Tabassian

Né à Téhéran, en 1976

Habite présentement à Montréal

 

Vers où loiseau migrera ?

Création mondiale – commande de l’OSM

 

Le compositeur et musicien irano-canadien Kiya Tabassian allie sa connaissance de la musique traditionnelle perse à sa sensibilité et sa formation en musique classique occidentale d'avant-garde. Ses études avec le maître perse Kayhan Kalhor, de même qu’avec Gilles Tremblay au Conservatoire de musique de Montréal, ont mené à une hybridation complète de style qu’il explore avec son groupe Constantinople. Dans cette nouvelle œuvre, sa première pour orchestre symphonique complet, Tabassian s’est inspiré de chants arabo-andalous et séfarades. Le texte central de l’œuvre, chanté en arabe et en hébreu, est d’Ibn‘Arabî, ancien philosophe mystique. Le poème est un appel au respect à l’environnement et à l’ouverture envers les autres. Kiya Tabassian précise : « [le poème] honore l’amour et la coexistence de diverses croyances, sujets qui aujourd’hui, près de 800 ans après, continuent de poser problème. »

 

En un seul mouvement pour orchestre, soprano et kanun (instrument à cordes du Moyen-Orient qui rappelle la cithare), la musique est issue d’une tradition purement modale. « Dans le développement, commente le compositeur, on retrouve une superposition d’événements modaux, qui forment une harmonie globale émanant du mouvement modal, très proche d’un mode traditionnellement oriental de pensée musicale. » Le titre de l’œuvre évoque l’incertitude et réfléchit au « comportement de l’homme face à lui-même et son environnement. »

 

 

Camille Saint-Saëns

 

Concerto pour piano no 5 en fa majeur, op. 103, « Égyptien »

 

Camille Saint-Saëns était l’un des compositeurs français les plus prospères de son vivant. Sa renommée, liée non seulement à son travail de compositeur, mais aussi à ses dons légendaires d’organiste à l’Église de la Madeleine à Paris, lui valut un large public et nombre d’occasions de composer, de publier et de jouer. Le compositeur a écrit son Cinquième concerto pour piano pour pouvoir l’interpréter lui-même lors d’un concert du jubilé en son honneur en mai 1896, 50 ans après son premier concert public à la Salle Pleyel. À 60 ans, Saint-Saëns était assurément un virtuose, compte tenu des exigences purement techniques de la partie de piano solo. L’œuvre a été écrite lors d’un séjour d’un an à Louxor, en Égypte, d’où son surnom. Au-delà de l’anecdote, le deuxième mouvement rappelle assurément le cadre dans lequel a évolué le compositeur, avec ses gammes modales orientales qui ont dû sembler bien exotiques aux oreilles européennes, en plus d’une mélodie que Saint-Saëns aurait entendu chanter des bateliers quand il voyageait sur le Nil.   

 

L’Allegro animato s’ouvre en douceur, de façon progressive, les thèmes principaux étant échangés entre le piano et l’orchestre. Cela laisse bientôt place à des gammes scintillantes qui mènent à un deuxième thème très romantique. Le deuxième mouvement est épisodique et met en lumière nombre d’exemples audacieux de peinture musicale tant au piano qu’à l’orchestre, dont l’évocation de grenouilles dans les quenouilles vers la fin. Le finale est mené par des rythmes moteurs qui auraient pu évoquer l’enfer si ce n’est de la joie sans entrave des motifs virtuoses pianistiques, des accords tapageurs et des passages radieux en doubles octaves qui imprègnent le mouvement.

 

 

Paul Dukas

Né à Paris, le 1er octobre 1865

Mort à Paris, le 17 mai 1935

 

La Péri, poème dansé

 

Paul Dukas était une figure dominante du Paris du tournant du siècle – il était un compositeur, un critique, un orchestrateur et un pédagogue bien connu –, mais sa nature critique et tatillonne l’a poussé à détruire nombre de ses manuscrits, en léguant relativement peu à la postérité. La Péri, ballet en un acte qu’il décrivait lui-même comme un « poème dansé », est sa dernière œuvre publiée. Complété en 1912, il a d’abord été présenté avec une chorégraphie d’Ivan Clustine en avril de la même année. Par son inspiration musicale et son invention, il concurrence son mieux connu Apprenti sorcier, même si plusieurs critiques considèrent La Péri la plus mûre des deux compositions.

 

L’œuvre s’ouvre sur une fanfare élaborée pour l’ensemble des cuivres : une vaste et triomphale introduction au royaume iranien imaginaire où cette histoire commence. Alerté par les mages que sa fin est proche, Iskender voyage jusqu’aux confins de la terre pour trouver la fleur magique de lotus de l’immortalité. Il finit par la trouver dans les mains d’une exquise créature féerique endormie (la Péri) et lui vole. Bouleversée, la Péri doit détourner l’attention d’Iskender avec une danse, le menant à la désirer et à lui rendre la fleur. Alors que le soleil se lève, la Péri disparaît et Iskender doit accepter qu’il a été abandonné et mourra seul. La partition de Dukas évoque un paysage magique et exotique inspiré autant par le romantisme tardif que l’impressionnisme, mais surtout par les couleurs, les sonorités et les émotions d’une terre orientale imaginée, quasi inconnue en France à l’époque.

 

Jamshied Sharifi, arrangeur

Né à Topeka (Kansas), le 17 octobre 1960

 

Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) de Kambiz Mozhdehi

Gol-e Gandom (Fleur de blé)

 

Né au Kansas, Jamshied Sharifi a été exposé à un large éventail de musiques du monde dès son plus jeune âge, grâce à sa famille irano-américaine. Il a signé nombre de trames sonores de films, en plus d’arranger et de produire des albums pour de nombreux artistes. Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) et Gol-e Gandom (Fleur de blé) sont deux chansons perses populaires, orchestrées ici tout spécialement pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Sharifi a d’abord arrangé ces chansons pour un projet d’enregistrement avec Monika Jalili et son ensemble Noorsaaz. Les arrangements « tenaient plus du radif perse et du maqam arabe que des styles populaires perses des années 1960 et 1970, précise Sharifi. Dans ces arrangements pour l’OSM, j’ai voulu à la fois respecter l’essence des chants telle que Noorsaaz les présente et leur offrir la palette tonale et harmonique plus vaste de l’orchestre. Cela a été un grand plaisir de compléter ces arrangements. »

 

Richard Strauss

Né à Munich, le 11 juin 1864

Mort à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne), le 8 septembre1949

 

Salomé, « Danse des sept voiles »

 

Tirée du Salomé de 1905 de Richard Strauss, la « Danse des sept voiles » est sans doute l’effeuillage le plus célèbre de l’histoire de l’opéra. Ayant exigé du roi Hérode la promesse de voir son vœu exaucé en échange d’une danse, Salomé s’exécute pendant 10 minutes, s’extrayant des sept voiles un à un jusqu’à ce qu’elle soit nue. Même si Strauss avait noté que la scène devait être jouée « de façon particulièrement décente, comme si faite sur un tapis de prière » au moment de sa création à Dresde en décembre 1905, cela n’a pas empêché des metteurs en scène créatifs d’user d’une certaine liberté artistique. Le grand orchestre évoque la sensualité à travers des changements constants d’élans qui se superposent en une montée en intensité à grand déploiement. Des ornements mélodiques inspirés de l’Orient imprègnent cette scène d’un parfum exotique.

 

 

© Marc Wieser

Traduction de Lucie Renaud

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