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OSM ÉCLATÉ - Un voyage avec Philip Glass

Ce concert est présenté dans le cadre du festival Montréal / Nouvelles Musiques

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
60$* à 100$*
Dates de ce concert
Samedi 7 Mars 2015 - 21h00 Terminé
Artistes
Kent Nagano, conductorchef d’orchestre
Philip Glass, pianist and composerpianiste et compositeur
Françoise Atlan, sopranosoprano
Monika Jalili, sopranosoprano
Didem Basar, kanunkanun
Andrei Malashenko, timpanitimbales
Hugues Tremblay, timpanitimbales

Présentation du concert

Glass, Mad Rush pour piano solo (approx. 13 min.)

Kiya Tabassian, Vers où l’oiseau migrera ? (extrait) (approx. 6 min.)

Première mondiale – Commande de l’OSM

Kambiz Mozhdehi (arr. Jamshied Sharifi), Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) (approx. 6 min.)

Dukas, La Péri, poème dansé (approx. 20 min.)

Glass, Concerto Fantasy pour deux timbaliers et orchestre (approx. 27 min.)

 

Philip Glass est parmi les artistes les plus importants de notre temps. Que ce soit à travers son approche minimaliste hypnotisante et sa fascination pour les musiques du monde, ou à travers le regard de Paul Dukas et du Canadien d’origine iranienne Kiya Tabassian, l’OSM et Kent Nagano vous transportent, le temps d’une soirée éclatée, au cœur d'un univers inspiré par l'Orient. Le voyage promet d'être saisissant !

 

En collaboration avec le Musée des Beaux-arts des Montréal et en lien avec l’exposition Benjamin Constant : Fastes et fascinations de l’orientalisme européen

 

Ce concert est présenté sans entracte.

 

Diffuseur officiel

Causerie  préconcert

En prélude au concert, Matthieu Dugal s’entretiendra avec Marianne Perron, directrice de la programmation de l’OSM, Kiya Tabassian, compositeur et les chanteuses Françoise Atlan et Monika Jalili.

Samedi 7 mars 2015 à 20 h
Maison symphonique de Montréal

 

Les compositeurs occidentaux ont souvent porté leur regard vers l’Est pour y puiser une inspiration musicale, thématique ou même philosophique. Pour la France du tournant du siècle, cela prenait principalement la forme de représentations fantaisistes de contrées inconnues, très détaillées, comme c’est le cas de La Péri de Paul Dukas, une relecture au parfum de jasmin de l’Iran antique. Né à Téhéran, le compositeur canadien Kiya Tabassian pousse plus loin cette transition de l’imaginaire au réel en hybridant ses racines iraniennes et une esthétique d’avant-garde. Aux États-Unis, les premières œuvres de Philip Glass s’inspiraient de la cumulation de rythmes indiens, alors que l’iconographie du bouddhisme tibétain a joué un rôle déterminant dans l’évolution musicale subséquente du compositeur.

 

Philip Glass

Né à Baltimore, le 31 janvier 1937

Habite actuellement à New York

 

Mad Rush pour piano solo (1980)

 

Philip Glass est certainement l’un des compositeurs les plus connus, influents et prolifiques du 20e siècle. Avec une carrière qui s’échelonne des années 1960 à aujourd’hui et un catalogue d’œuvres d’une ampleur rarement atteinte depuis Beethoven et Brahms, Glass a réussi l’exploit unique pour un compositeur de devenir presque omniprésent de son vivant. Sa musique et sa sonorité particulière séduisent un large public, formé aussi bien de connaisseurs que de cinéphiles, comblent le fossé entre la culture populaire et le grand art, tout en élargissant les façons dont nous apprécions et écoutons la musique.

 

Composé en 1979 et faisant partie d’un ensemble plus grand, Mad Rush a été joué par le compositeur sur l’orgue à tuyaux de la Cathédrale Saint John the Divine lors de la première allocution du 14e dalaï-lama à New York. La pièce avait une fin ouverte et sa durée variait donc selon le contexte, mais elle a depuis été dotée d’une section finale. Faisant référence au bouddhisme tibétain, Glass décrit la pièce comme « l’interaction entre les divinités furieuses et pacifiques ». En effet, la structure alterne entre des sections calmes et d’autres agitées, chacune ponctuée d’une note basse, tel un gong signifiant un changement de caractère. L’œuvre est composée d’une série d’harmonies qui se répètent et deviennent inéluctables au fil des reprises. Ce mélange particulier de mélancolie et d’émotions extatiques émergeant des figurations tourbillonnantes est typique de l’univers sonore mystérieusement séduisant de Philip Glass.

 

Kiya Tabassian

Né à Téhéran, en 1976

Habite présentement à Montréal

 

Vers où loiseau migrera ? (extrait)

Création mondiale – commande de l’OSM

 

Le compositeur et musicien irano-canadien Kiya Tabassian allie sa connaissance de la musique traditionnelle perse à sa sensibilité et sa formation en avant-garde classique occidentale. Ses études avec le maître perse Kayhan Kalhor, de même qu’avec Gilles Tremblay au Conservatoire de musique de Montréal ont mené à une hybridation complète de style qu’il explore avec son groupe Constantinople. Dans cette nouvelle œuvre, sa première pour orchestre symphonique complet, Tabassian s’est inspiré de chants arabo-andalous et séfarades. Le texte central de l’œuvre, chanté en arabe et en hébreu, est d’Ibn Arabî, ancien philosophe mystique. Le compositeur précise : « Cette œuvre puise son inspiration dans la musique arabo-andalouse, mais je ne voulais pas faire des arrangements de mélodies traditionnelles pour grand orchestre. Cette musique demeure très personnelle, mais possède des couleurs perses qui vivent en moi. »

 

Jamshied Sharifi, arrangeur

Né à Topeka (Kansas), le 17 octobre 1960

 

Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) de Kambiz Mozhdehi

 

Né au Kansas, Jamshied Sharifi a été exposé à un large éventail de musiques du monde dès son plus jeune âge, grâce à sa famille irano-américaine. Il a signé nombre de trames sonores de films, en plus d’arranger et de produire des albums pour de nombreux artistes. Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) est une chanson perse populaire, orchestrée ici tout spécialement pour l’OSM. Sharifi a d’abord arrangé cette chanson pour un projet d’enregistrement avec Monika Jalili et son ensemble Noorsaaz. L’arrangement « tenait plus du radif perse et du maqam arabe que des styles populaires perses des années 1960 et 1970, précise Sharifi. Dans cet arrangement pour l’OSM, j’ai voulu à la fois respecter l’essence des chants telle que Noorsaaz les présente et leur offrir la palette tonale et harmonique plus vaste de l’orchestre. Cela a été un grand plaisir de compléter ces arrangements. »

 

Paul Dukas

Né à Paris, le 1er octobre 1865

Mort à Paris, le 17 mai 1935

 

La Péri, poème dansé

 

Paul Dukas était une figure dominante du Paris du tournant du siècle – il était un compositeur, un critique, un orchestrateur et un pédagogue bien connu –, mais sa nature critique et tatillonne l’a poussé à détruire nombre de ses manuscrits, en léguant relativement peu à la postérité. La Péri, ballet en un acte qu’il décrivait lui-même comme un « poème dansé », est sa dernière œuvre publiée. Complété en 1912, il a d’abord été présenté avec une chorégraphie d’Ivan Clustine en avril de la même année. Par son inspiration musicale et son invention, il concurrence son mieux connu Apprenti sorcier, même si plusieurs critiques considèrent La Péri la plus mûre des deux compositions.

 

L’œuvre s’ouvre sur une élaborée fanfare pour l’ensemble des cuivres : une vaste et triomphale introduction au royaume iranien imaginaire où cette histoire commence. Alerté par les mages que sa fin est proche, Iskender voyage jusqu’aux confins de la terre pour trouver la fleur magique de lotus de l’immortalité. Il finit par la trouver dans les mains d’une exquise créature féerique endormie (la Péri) et lui vole. Bouleversée, la Péri doit détourner l’attention d’Iskender avec une danse, le menant à la désirer et à lui rendre la fleur. Alors que le soleil se lève, la Péri disparaît et Iskender doit accepter qu’il a été abandonné et mourra seul. La partition de Dukas évoque un paysage magique et exotique inspiré autant par le romantisme tardif que l’impressionnisme, mais surtout par les couleurs, les sonorités et les émotions d’une terre orientale imaginée, quasi inconnue en France à l’époque.

 

 

Philip Glass

 

Concerto Fantasy pour deux timbaliers et orchestre

 

Écrit en 2000, le monumental Concerto Fantasy for two timpanists and orchestra est le premier d’une série d’explorations du genre de Philip Glass – on retrouve à ce jour des concertos pour clavecin et violoncelle et deux pour piano. Réservées habituellement aux points culminants des partitions orchestrales, les timbales sont placées ici à l’avant-plan, le registre et la flexibilité de ces instruments à percussion étonnamment polyvalents étant soulignés. Avec 14 timbales et 2 instrumentistes constamment impliqués, l’œuvre est tout aussi excitante à voir qu’à entendre. Jonathan Haas, pour qui la pièce a été écrite à l’origine et qui l’a jouée lors de la création au Lincoln Center, a remarqué que le concerto exige des interprètes exceptionnellement énergiques, puisqu’ils doivent demeurer actifs du début à la fin.

 

Les timbaliers fournissent la force rythmique du premier mouvement, les cordes y superposant des motifs mélodiques. Peu à peu, les solistes adoptent un rôle plus mélodique, l’élan culminant par un énoncé de tout l’orchestre des thèmes principaux. Avec son rythme ininterrompu de marche lente, le deuxième mouvement a une énergie différente. Des notes tenues à l’orchestre offrent une toile de fond aux deux timbaliers qui développent un duo qui deviendra le soutènement harmonique du mouvement. Une dynamique cadence ouvre le troisième mouvement, exploitant le registre expressif complet des timbales, de doux à explosif. La nouvelle entrée de l’orchestre met en lumière un bloc de bois qui rappellent le tic-tac de l’horloge et maintient l’élan bousculé de l’orchestre, nous propulsant vers un percutant énoncé à l’unisson et une conclusion dramatique.

 

© Marc Wieser

Traduction de Lucie Renaud

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