Pergolèse & Bach

Maison symphonique de Montréal
Prix des billets
37$* à 57$*
Dates de ce concert
Dimanche 4 Mai 2014 - 14h30 Terminé
Artistes
OSM ChoirChœur de l'OSM
Andrew MeGill, OSM Chorus masterchef de chœur
Isabelle Huchette, sopranosoprano
Isabelle Leclerc, sopranosoprano
Marie Magistry, sopranosoprano
Jana Miller, sopranosoprano
Marie-Annick Béliveau, mezzo-sopranomezzo-soprano
Maude Brunet, mezzo-sopranomezzo-soprano
Josée Lalonde, mezzo-sopranomezzo-soprano
Stéphanie Pothier, mezzo-sopranomezzo-soprano
Marianne Dugal, violinviolon
Brigitte Rolland, violinviolon
Natalie Racine, violaalto
Sofia Gentile, violaalto
Gary Russel, cellovioloncelle
Eric Chappel, double basscontrebasse
Jean-Willy Kunz, organorgue

Présentation du concert

PALESTRINA, Stabat Mater
BACH, Cantate n° 4, « Christ lag in Todesbanden »
PERGOLESE, Stabat Mater

 

Basée sur l’une des pages les plus touchantes de la prose liturgique, évoquant la douleur de la Vierge face à la crucifixion de son fils, le Stabat Mater se veut un chant entre prière et pleurs, douleur et acceptation, dans lequel la voix plane souvent au-dessus de thèmes souvent déchirants. Retrouvez ici les célèbres pages signées par Palestrina et Pergolèse, ainsi qu’une cantate de jeunesse de Bach, « Le Christ gisait dans les liens de la mort ».

L’une des pages les plus touchantes de la prose liturgique, composée au 13e siècle et attribuée au franciscain Jacopone da Todi, le Stabat Mater est souvent considéré comme l’expression d’une nouvelle forme de piété, plus émotive, typique de la fin du Moyen Âge. Évoquant la douleur de la Vierge face à la crucifixion de son fils, il devient un chant entre prière et pleurs, douleur et acceptation, dans lequel la voix plane au-dessus de thèmes souvent déchirants. Nous entendrons aujourd’hui les lectures de Palestrina et Pergolesi, qui encadrent une cantate de jeunesse de Bach, Le Christ gisait dans les liens de la mort.

Giovanni Pierluigi da Palestrina

Né à Palestrina (près de Rome) autour de 1525 – Mort à Rome le 2 février 1594

Stabat Mater

Victimae Paschali à 8
Magnificat à 8
Nunc dimittis à 8
Dum complerentur à 6
Ad Dominum cum tribularer à 4
Stabat Mater à 8
Alma redemptoris à 4
Recordare à 3 – à 8
Ad te levavi oculos meos à 4
Veni sancte spiritus à 8

Palestrina a laissé de nombreuses compositions, dont au moins 140 madrigaux, 72 hymnes, plus de 300 motets et une centaine de messes. Sa Missa sine nomine a notamment séduit Bach, qui l’étudia en profondeur alors qu’il travaillait à sa Messe en si mineur. Chez Palestrina, compositeur phare de la Renaissance tardive, la mélodie procède le plus souvent de façon conjointe, ainsi que la façon dont la musique coule, refusant tout statisme, les dissonances étant habituellement reléguées aux temps faibles de la mesure, ce qui permet un traitement polyphonique plus fluide. 

Écrit autour de 1589, son Stabat Mater demeure un merveilleux exemple du style polychoral vénitien. Ses harmonies modales insufflent une atmosphère de nostalgie et de regret, la musique devenant peinture de mots, comme ces toiles d’époque dans lesquelles on retrouve une mère éplorée au pied de la croix. L’œuvre devait immédiatement séduire les autorités papales qui la considéraient un chef-d’œuvre au même titre que le Miserere d’Allegri (reproduit de mémoire par un jeune Mozart des années après) et décréteraient qu’elle ne pouvait être jouée que par le chœur papal lors du Dimanche des rameaux. Cette page exquise demeure l’un des exemples les plus réussis d’écriture antiphonaire à nous être parvenu, les chanteurs se plaçant souvent en concert de chaque côté du public pour atteindre le même effet obtenu lors l’interprétation dans la Chapelle Sixtine.

Wagner portait un tel respect à l’œuvre qu’il en en réalisé une transcription en 1848 pour un concert historique tenu à Dresde, s’appuyant sur les pratiques interprétatives de l’époque de sa création.

Johann Sebastian Bach

Né à Eisenach le 31 mars 1685 – Mort à Leipzig le 28 juillet 1750

Cantate Christ lag in Todesbanden (Le Christ gisait dans les liens de la mort), BWV 4

Sinfonia
Christ lag in Todes Banden
Den Tod niemand zwingen kunnt
Jesus Christus, Gottes Sohn
Es war ein wunderlicher Krieg
Hier ist das rechte Osterlamm
So feiern wir das hohe Fest
Wir essen und leben wohl

Œuvre de jeunesse composée entre 1707 et 1713 si l’on adopte une grille comparative critique, la Cantate Christ lag in Todesbanden est basée sur le texte du choral éponyme de Martin Luther. Bach fragmente les sept strophes en autant de mouvements, l’air devenant cantus firmus (mélodie servant de base à une polyphonie) de toute la pièce. Celle-ci aurait peut-être été jouée pour la première fois lors des célébrations pascales en 1707, alors que Bach postulait pour le poste d’organiste à Mülhausen. Les lectures du jour traitant évidemment de la résurrection, le choral de Luther, articulé autour d’une lutte entre vie et mort, s’inscrivait comme complément essentiel de la cérémonie. De plus, la troisième strophe réfère au « dard » de la mort dont parle le 15e verset de la première épitre aux Corinthiens, proposée ce jour-là en juxtaposition à l’Évangile de Marc, alors que la strophe finale rappelle la tradition de la cuisson du pain pascal.

Contrairement aux cantates qu’écrira Bach à Leipzig à partir de 1724, le texte du choral de Luther demeure inchangé, mais est introduit par une sinfonia instrumentale. La mélodie de Luther était basée sur un hymne pascal du 12e siècle, Christ is erstanden, reprenant lui-même la séquence « Victimae paschali laudes ». Bach y intégrera des notes étrangères et de légères modifications rythmiques, afin que l’hymne puisse adopter une mesure régulière. Les parties vocales peuvent être chantées par des solistes ou un chœur, l’œuvre relevant plutôt du Choralkonzert, style en vogue au 17e siècle. La séquence des sept strophes est assemblée de façon symétrique : chœur – duo – solo – chœur – solo – duo – chœur.

Giovanni Battista Pergolesi

Né le 4 janvier 1710 à Jesi – Mort le 17 mars 1736 à Naples

Stabat Mater

Duo : Stabat mater
Soprano : Cuius animam gementem
Duo : O quam tristis et afflicta [
Alto : Quae moerebat et dolebat
Duo : Quis est homo qui non fleret
Soprano : Vidit suum dulcem natum 
Alto : Eia mater, fons amoris
Duo : Fac, ut ardeat cor meum
Duo : Sancta mater, istud aga
Alto : Fac, ut portem Christi
Duo : Inflammatus et accensus
Duo : Quando corpus morietur 

Au cours de sa trop courte vie, Pergolesi n’avait connu qu’une renommée modeste, mais les interprétations dans toute l’Italie (mais aussi à Hambourg, à Dresde et à Paris) de son opéra en un acte La serva padrona dans la vingtaine d’années suivant sa mort devaient le propulser au firmament de la gloire (ce qui donnerait lieu à de nombreuses fausses paternités d’œuvres). Publié pour la première fois à Londres en 1749, le Stabat Mater devait devenir l’œuvre la plus souvent imprimée au 18e siècle et plusieurs compositeurs en réalisèrent des adaptations, dont Bach avec sa Cantate « Tilge, Höchster, meine Sünden » (Fais disparaître, Très-Haut, mes péchés), BWV 1083. Jean-Jacques Rousseau n’a pas hésité à affirmer que les mesures d’ouverture de l’œuvre de Pergolesi demeuraient « les plus parfaites et les plus touchantes qui soient jamais sorties de la plume d’aucun musicien ».

Le compositeur écrivit son Stabat Mater (possible commande du Duc de Maddaloni, mécène de Pergolesi et violoncelliste amateur) dans les derniers mois de sa vie, au monastère des Capucins de Puzzuoli (près de Naples). Le compositeur se savait atteint de tuberculose et avait déjà cédé ses biens à sa tante. (Certains n’ont pu se retenir ici d’établir une correspondance avec le Requiem de Mozart, surtout que les deux compositeurs ont été inhumés dans une fosse commune.) L’œuvre est conçue comme une cantate italienne du 18e siècle, avec arias et duos.

Le compositeur y fait preuve d’un langage harmonique audacieux et d’une maîtrise remarquable du chromatisme (par exemple sur les mots « morientem desolatum »), celui-ci transmettant à merveille le côté doux-amer du texte. Malgré le caractère sacré de l’œuvre, celle-ci recèle certains éléments assurément opératiques, notamment le preste « Quae moerebat ». En confiant les textes chantés uniquement à des voix de femmes, Pergolesi transmet avec une troublante justesse la douleur maternelle.

Lucie Renaud

 

Séries de ce concert
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