Les dimanches en musique, Les grands concerts du jeudi 1, Les matins symphoniques Fondation J.A. DeSève

DANS LES JARDINS D’ESPAGNE

NUITS DANS LES JARDINS D’ESPAGNE

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Mystère, sensualité et langueur… Pénétrez dans les univers nocturnes de Mozart et de Falla, fascinés par les sonorités voluptueuses de l’Espagne. Comme une percée lumineuse au cœur de la nuit, le concerto pour harpe du compositeur catalan Montsalvatge complète ce programme espagnol. Place au rêve!

 

Présenté par:

 

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PRIX DES BILLETS

À partir de 43$*

JEUDI 30 MARS 2017

10h30

JEUDI 30 MARS 2017

20h00

DIMANCHE 2 AVRIL 2017

14h30

Christoph Gedschold, chef d’orchestre
Xavier de Maistre, harpe
Angela Hewitt, piano

PROGRAMME :

Mozart, Don Giovanni, K. 527, Ouverture (approx. 7 min.)

Montsalvatge, Concerto capriccio pour harpe et orchestre (approx. 25 min.)
Falla, Noches en los jardines de España | Nuits dans les jardins d’Espagne, pour piano et orchestre (approx. 23 min.)

Mozart, Symphonie no 35 en ré majeur, K. 385, « Haffner » (approx. 18 min.)

NOTES DE PROGRAMME

Dans ce programme, deux œuvres populaires de Mozart entourent deux compositions espagnoles, toutes deux des concertos. Même si le terme « concerto » n’apparait pas dans le titre Nuits dans les jardins d’Espagne de Manuel de Falla, le piano y est en vedette dans une somptueuse musique, et le Concerto-Capriccio de Montsalvatge fait valoir un instrument qui a rarement l’occasion de déployer autant ses nombreux attraits.

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART

Né à Salzbourg, le 27 janvier 1756 – Mort à Vienne, le 5 décembre 1791

 

Don Giovanni, K. 527 : Ouverture

 

Dans la foulée de l’immense succès remporté par les Noces de Figaro à Prague, le directeur de la maison d’opéra italien de la ville demande à Mozart un autre opéra. Avec son librettiste Lorenzo da Ponte, il s’approprie la légende de don Juan, ce libertin narcissique, insouciant, toujours en quête de nouveaux plaisirs charnels. L’opéra qui en résulte, créé à Prague en 1787, est à juste titre considéré comme l’une des manifestations suprêmes de l’esprit humain. L’Ouverture fournit un indice de l’ambiguïté de cet opéra, exceptionnel mélange de sérieux et d’humour, de tragédie et de comédie. Puissante, dramatique, la musique du début est suivie d’un Allegro léger, animé et joyeux.

 

 

MANUEL DE FALLA

Né à Cádiz, en Espagne, le 23 novembre 1876 – Mort à Alta Garcia, Córdoba, en Argentine, le 14 novembre 1946

 

Nuits dans les jardins d’Espagne

 

Né d’un père valencien et d’une mère catalane établis à Cádiz, dans le sud de l’Espagne, Manuel de Falla est tout naturellement influencé par la musique gitane et le folklore andalou. Comme plusieurs musiciens espagnols de son époque, il passe quelque temps à Paris où il commence, en 1909, une série de trois nocturnes pour piano. Plusieurs collègues l’incitent à orchestrer la musique, ce qu’il fait, mais seulement après être rentré en Espagne et après un bon moment. L’œuvre est créée à Madrid le 9 avril 1916, sous la direction d’Enrique Fernández Arbós et avec le pianiste José Cubiles.

 

Les trois nocturnes ne sont pas transformés en un concerto régulier constitué de trois mouvements, mais plutôt en une œuvre concertante de nature descriptive, avec le piano en vedette. Pour de Falla, la musique est destinée à « évoquer le souvenir de lieux, de sensations et de sentiments. Les thèmes sont basés sur les rythmes, modes, cadences et ornements qui caractérisent la musique populaire andalouse, même s’ils sont rarement employés dans leurs formes originales. »

 

Exécuté tranquillo e misterioso, le premier mouvement évoque la légendaire résidence mauresque et les jardins voisins de l’Alhambra. L’impression de profond mystère imprégné de tension est soutenue dans le deuxième mouvement, qui dépeint un lointain jardin non identifié au moyen de bribes de mélodies ponctuées de sons de tambourins et d’évocations de guitares. Ceci se poursuit sans pause dans le mouvement final, dont les sonorités enivrantes font croire à quelque fête gitane, même si de Falla n’a pas confirmé cette impression. La fébrilité s’estompe, et la musique se disperse dans le mystère et le calme de l’odorante nuit andalouse.

 

 

XAVIER MONTSALVATGE

Né à Gérone, Espagne, le 11 mars 1912 – Mort à Barcelone, le 7 mai 2002

 

Concerto-capriccio, pour harpe et orchestre

 

Essentiellement formé au Conservatoire de musique de Barcelone, Xavier Montsalvatge a grandement contribué à la vie musicale de cette ville comme critique, éditeur, pédagogue et compositeur. Cette carrière féconde lui a notamment valu le titre de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres décerné par la France en 1957, et un doctorat honorifique de l’Université Libre de Barcelone. Il a composé une musique surtout tonale, même si elle comporte parfois des dissonances qui rappellent le néo-classicisme de Stravinsky ou du Groupe des Six. Ses Cinco canciones negras, l’opéra « de magie » El gato con botas (Le chat botté, 1948), et le Concierto breve pour piano et orchestre (1952), popularisé par la pianiste Alicia de Larrocha, sont quelques-unes de ses œuvres les plus connues.

 

Composé entre la fin de 1974 et le début de 1975, le Concerto-capriccio est créé au Teatro Real de Madrid par le grand harpiste espagnol Nicanor Zabaleta, qui en est le dédicataire, et l’Orquesta Nacional de España dirigé par Rafael Frühbeck de Burgos. Il requiert un orchestre régulier auquel Montsalvatge a ajouté une vaste section de percussions (plus de 20 éléments différents), jouée par quatre musiciens. Cette section prend l’allure d’un deuxième soliste, collectif celui-là, et la harpe soliste se fait souvent entendre dans diverses combinaisons avec l’un – ou plus d’un – de ces instruments.

 

Pour Montsalvatge, la forme de l’œuvre ressemble délibérément à celle du concerto traditionnel de style italien.  « L’ajout du mot capriccio fait écho à certaines libertés que j’ai prises. Le premier mouvement est celui dont la structure formelle est la plus claire. Il comporte deux thèmes, qui reviennent tous deux au cours de la récapitulation. Dans le deuxième mouvement, la harpe est le seul instrument protagoniste. L’orchestre, avec lequel elle poursuit un dialogue, est réduit à des proportions de musique de chambre. Le dernier mouvement est un développement de la galopa, une danse traditionnelle des Tupiguaranis du Paraguay et du nord-est de l’Argentine. Pour l’exécuter, les Tupiguaranis emploient d’anciennes harpes spéciales dont la sonorité unique et la qualité rythmique m’ont suggéré le caractère de ce mouvement. Ces éléments m’ont aussi incité à donner au mouvement la forme d’un rondo. »

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART

 

Symphonie no 35 en ré majeur, K. 385, « Haffner »

 

Pour accompagner les célébrations entourant l’anoblissement d’un de ses fils fin juillet ou début août 1782, l’illustre famille salzbourgeoise Haffner a besoin de musique, mais ne cherche pas vers qui se tourner. En 1776, Mozart avait déjà écrit la Sérénade Haffner, K. 250, pour le mariage d’une des filles de la famille. Six ans plus tard, les Haffner ont donc une autre occasion de célébrer et sollicitent de Leopold Mozart qu’il demande une nouvelle sérénade à son fils Wolfgang, maintenant établi à Vienne. Wolfgang accepte, mais il a alors tellement de projets à réaliser que même avec les meilleures intentions, il ne peut la terminer à temps.

 

L’année suivante, lui-même a besoin d’une symphonie pour un concert entièrement constitué de sa propre musique, et qui sera donné à Vienne. Il transforme en symphonie la sérénade inutilisée en en supprimant la marche d’ouverture (devenue la pièce autonome K. 408, no 2) et l’un des menuets (probablement perdu), et ajoute une paire de flûtes et de clarinettes à l’instrumentation originale des autres mouvements.  Ces nouveaux instruments ne font que doubler les lignes mélodiques et les accords déjà existants dans les mouvements extrêmes, mais la symphonie doit sa sonorité enrichie à l’une des plus vastes formations orchestrales (incluant douze instruments à vent) jamais conçues par Mozart. La Symphonie Haffner est créée le 23 mars 1783.

 

Cette œuvre comporte l’un des débuts les plus saisissants de toutes les symphonies de Mozart, avec son audace, sa solennité, ses grands sauts de cordes à l’unisson et sa solide attaque rythmique. Le procédé est si efficace que Mozart l’emploie presque continuellement tout au long du mouvement jusqu’à le faire servir, sous une forme légèrement modifiée, de « deuxième » thème principal dans la tonalité contrastante de la majeur, ainsi que de thème conclusif, lui aussi modifié.

 

Le rythme charmant du thème d’ouverture de l’Andante met en marche un mouvement qui correspond en tous points à l’image de la grâce mozartienne. Un vaste assortiment de trilles et d’autres touches décoratives en accentuent la délicatesse rococo et l’humeur joyeuse.

 

Le solide et vigoureux Menuetto évoque davantage une danse paysanne autrichienne qu’un bal à la cour.

 

Enfin, jetant un coup d’œil à travers le rideau de la scène opératique, la vive mélodie qui conclut la symphonie ressemble trop à l’aria « Ha, wie will ich triumphieren » chantée par Osmin dans L’enlèvement au sérail (créé trois semaines seulement avant la composition de ce mouvement) pour n’être qu’une simple coïncidence.

 

© Robert Markow

BIO

CHRISTOPH GEDSCHOLD

CHEF D’ORCHESTRE

Directeur musical de l’Opéra de Leipzig depuis la saison 2015-2016, Christoph Gedschold est né à Magdebourg et a étudié le piano et la direction d’orchestre à Leipzig et à Hambourg. Il a été directeur musical du Théâtre de Lucerne et du Théâtre national de Nuremberg, puis chef principal au Théâtre national badois de Kalsruhe (région de Bade) de 2009 à 2015, où il a dirigé les opéras Die griechische Passion de Martinů, Euryanthe de Weber, Die Gioconda de Ponchielli, la première représentation allemande de Die Passagierin de Mieczysław Weinberg, Die Meistersinger von Nürnberg, Lohengrin et Der fliegende Holländer de Wagner, Peter Grimes de Britten, Der Rosenkavalier et Ariadne auf Naxos de Richard Strauss, Otello de Verdi et Boris Godounov de Moussorgski. À l’Opéra de Leipzig, il dirigera Der Freischütz, Rusalka, Le château de Barbe-Bleue et Pagliacci, de même que des représentations de Tannhäuser, Madame Butterfly, Tosca et La flûte enchantée.

 

Christoph Gedschold est régulièrement invité à diriger au Semperoper de Dresde ainsi qu’à l’Opéra national de Hambourg. À Dresde, outre des œuvres du répertoire, comme Der Freischütz et La flûte enchantée, il a aussi dirigé la création de Die Passagierin, et à Hambourg, La Bohème, La Traviata, Simon Boccanegra et Eugen Onegin. En mai 2015, il a fait des débuts nord-américains très remarqués en dirigeant l’OSM dans la Symphonie no 11 de Chostakovitch. En mai 2016, il a dirigé l’Opéra de Francfort dans Die Passagierin, au Festival de Vienne.

 

Jusqu’à maintenant, Christoph Gedschold a travaillé avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, la Staatskapelle de Dresde, le Philharmonisches Staatsorchester Hamburg (Orchestre philharmonique de Hambourg), l’Orchestre symphonique de Montréal, le Frankfurter Opern-und Museumsorchester (Orchestre du Musée de Francfort), l’Orchestre national de Mannheim, la Staatsphilharmonie Nürnberg (Staatsphilharmonie bavaroise de Nuremberg), le Sinfonieorchester Basel (Orchestre symphonique de Bâle), ainsi que le Nouvel Orchestre philharmonique du Japon, à Tokyo.

 

 

XAVIER DE MAISTRE

HARPE
Né à Toulon, Xavier de Maistre reçoit sa formation de harpe avec Vassilia Briano au conservatoire de sa ville natale avant de se perfectionner auprès de Catherine Michel et de Jacqueline Borot à Paris. Parallèlement, il accomplit des études à Sciences-Po Paris et à la London School of Economics. Il remporte en 1998 le premier prix et deux prix d’interprétation du plus prestigieux concours de harpe, le U.S.A International Harp Competition (Bloomington)., Il devient, la même année, le premier musicien français admis au sein de la prestigieuse Philharmonie de Vienne.

 

Xavier de Maistre joue comme soliste avec les plus grands orchestres sous la direction de chefs réputés tels sir André Previn, sir Simon Rattle, Riccardo Muti, Daniele Gatti, Philippe Jordan, Kristjan Järvi, Bertrand de Billy, Andrés Orozco-Estrada, Heinrich Schiff et Gilbert Varga. Il est également invité dans les plus grands festivals : Schleswig-Holstein Festival, Salzburger Festspielen, Rheingau Festival, Wiener Festwochen, Festival de Verbier, Printemps de Budapest et Würzburg Mozartfest. Passionné de musique de chambre, il se produit avec Diana Damrau, Arabella Steinbacher, Daniel Müller-Schott, Baiba Skride, Antoine Tamestit, Mojca Erdmann et Magali Mosnier.

 

Xavier de Maistre enregistre exclusivement sous le label Sony Music depuis 2008. Pour son premier CD, Nuit d’étoiles, consacré à Claude Debussy, il a été récompensé du Echo Klassik Award dans la catégorie « Instrumentiste de l’année ». Ont suivi les CD Hommage à Haydn (2009) avec l’Orchestre symphonique de la Radio viennoise sous la direction de Bertrand de Billy et Aranjuez (2010). Notte Veneziana (2012), enregistré avec l’ensemble Arte del Mondo et consacré aux grandes œuvres baroques, a été acclamé par la critique. Cet enregistrement a figuré au palmarès des ventes de musique classique en France et en Allemagne. En 2013 paraissent un DVD avec Diana Damrau et un enregistrement du Concerto pour piano, K. 459, de Mozart transcrit pour la harpe avec le Mozarteum Salzburg sous la direction d’Ivor Bolton. Au printemps 2015 paraît Moldau, comportant un ensemble d’œuvres pour harpe seule consacré au répértoire slave, également acclamé par la critique.

 

Depuis 2001, Xavier de Maistre est professeur à la Musikhochschule de Hambourg et donne régulièrement des classes de maître à la Juilliard School de New York, à la Toho University de Tokyo et au Trinity College de Londres.

 

Xavier de Maistre joue sur une harpe Lyon-Healy.

 

Considérée comme l’une des plus grandes pianistes de l’heure, Angela Hewitt se produit régulièrement à travers le monde, en récital ou avec les plus grands orchestres. Admise au panthéon de la renommée du magazine Gramophone en 2015, elle est particulièrement reconnue comme l’une des principales interprètes d’aujourd’hui des œuvres de Jean-Sébastien Bach.

 

L’automne dernier, elle a d’ailleurs amorcé un projet majeur, « L’odyssée Bach », qui comprend l’intégrale des œuvres pour clavier du compositeur, donnée en douze récitals au cours des quatre prochaines années dans des salles aussi prestigieuses que le Wigmore Hall, à Londres, le 92nd Street Y, à New York, et le Centre national des Arts, à Ottawa, ainsi qu’à Tokyo et à Florence. Son calendrier 2016-2017 comprend aussi des prestations avec les orchestres symphoniques de Baltimore et de Winnipeg et avec l’Orchestre du Centre national des Arts. Au Gasteig de Munich, elle dirige le Festival Strings Lucerne depuis le piano, et fait une tournée au Royaume-Uni avec le Wiener Tonkünstler-Orchester. Elle s’est par ailleurs récemment produite avec le Toronto Symphony Orchestra et le National Symphony Orchestra de Washington.

 

Couronnés de prix, les enregistrements d’Angela Hewitt suscitent partout les éloges. Son Art de la fugue de Bach est paru en 2014, et son projet décennal d’enregistrer les principales œuvres pour clavier de Bach chez Hyperion est perçu par le Sunday Times comme « l’un des exploits de l’enregistrement de notre époque ». Ses plus récentes parutions comprennent son sixième volume de sonates de Beethoven et un nouvel enregistrement des Variations Goldberg de Bach. Sa discographie comprend aussi des œuvres de Mozart, Couperin et Rameau.

 

Issue d’une famille de musiciens, Angela Hewitt a commencé le piano à l’âge de trois ans, a joué en public à quatre ans, et a remporté sa première bourse un an plus tard. Elle a étudié avec Jean-Paul Sévilla et, en 1985, elle a remporté le Concours international de piano Bach de Toronto. En 2006, elle a été décorée de l’Ordre de l’Empire britannique lors des célébrations entourant l’anniversaire de naissance de la reine Élizabeth, et a reçu le titre de Compagnon de l’Ordre du Canada en 2015. Angela Hewitt réside à Londres, mais aussi à Ottawa et en Italie, où elle occupe le poste de directrice artistique du Festival de musique de Trasimeno.

 

 

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