Les grands concerts du jeudi 2 Power Corporation du Canada, Les grands samedis OSM Air Canada

SIR ANDREW DAVIS & LOUIS LORTIE

SIR ANDREW DAVIS RETROUVE LOUIS LORTIE

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Le chef britannique Sir Andrew Davis dirige Louis Lortie et l’OSM dans un programme comprenant le Concerto pour piano no 1 en mi mineur, op. 11 de Chopin, une grande œuvre à découvrir!

 

 

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Concert du 6 avril présenté par
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PRIX DES BILLETS

À partir de 43$*

JEUDI 6 AVRIL 2017

20h00

SAMEDI 8 AVRIL 2017

20h00

Andrew Davis, chef d’orchestre
Louis Lortie, piano – artiste en résidence de l’OSM grâce au soutien de la Fondation familiale Larry et Cookie Rossy

PROGRAMME :

Delius, Deux pièces pour petit orchestre (extrait) : no 1 « En entendant le premier coucou au printemps » (approx. 7 min.)

  • Chopin, Concerto pour piano no 1 en mi mineur, op. 11 (approx. 39 min)

Tchaïkovski, Symphonie no 6 en si mineur, op. 74, « Pathétique » (approx. 46 min.)

NOTES DE PROGRAMME

FREDERICK DELIUS

Né à Bradford, Angleterre, le 29 janvier 1862 – Mort à Grez-sur-Loing, France, le 10 juin 1934

 

Deux pièces pour petit orchestre (1912) : « En entendant le premier coucou au printemps » (no 1)

 

Exprimer en musique « l’âme de la nation » a été le mot d’ordre un peu partout au XIXe siècle. Les Anglais ont identifié leur âme avec un âge d’or (l’ère élisabéthaine) et avec la vie de campagne, considérée comme un rempart de pureté et bonnes coutumes contre la décadence moderniste incarnée par la ville. Musicalement, ceci permettait un retour au style des (seuls et derniers) grands compositeurs anglais (de Thomas Tallis à Henry Purcell), la redécouverte des chants folkloriques et le développement d’un genre descriptif et pastoral s’inspirant de la nature paisible et rassurante de la campagne anglaise.

 

Frederick Delius fait partie, avec Edward Elgar, de la première génération de compositeurs ayant relancé la musique anglaise. Pourtant, Delius a vécu toute sa vie ailleurs que dans son pays natal. Si chez lui on ne retrouve ni la redécouverte du baroque musical anglais ni du chant populaire (il faudra attendre Ralph Vaughan Williams pour retrouver tous ces thèmes intégrés dans l’œuvre d’un seul compositeur), Delius écrit en revanche un certain nombre de pièces pastorales. Les Deux pièces pour petit orchestre, composées en 1911-1912, en sont un exemple : « On hearing the first cuckoo in spring » [En entendant le premier coucou au printemps] et « Summer night on the river » [Nuit d’été sur le fleuve]. Dans la première, Delius dépeint le réveil placide de la nature : c’est une mélodie ondulante, presque berçante, des cordes, dont les riches harmonies donnent une impression de luminosité. Le coucou fait sentir son chant en empruntant la voix de la clarinette.

 

 

FRÉDÉRIC CHOPIN

Né à Żelazowa Wola, près de Varsovie, le 1er mars 1810 – Mort à Paris, le 17 octobre 1849

 

Concerto pour piano et orchestre no 1 en mi mineur, op. 11

 

Delius et Chopin ont quitté leur terre natale vers l’âge de vingt ans, le premier parce que son père espérait en faire un marchand de laine, le second pour embrasser une carrière de virtuose. Si Delius s’est retrouvé dans une plantation d’oranges en Floride, Chopin s’est projeté là où la vie musicale battait son plein : à Vienne, tout d’abord, puis à Paris, qui deviendra sa ville d’adoption. Pour se présenter en tant que pianiste virtuose, le jeune musicien polonais a besoin d’une carte de visite capable de mettre en valeur son jeu acrobatique en même temps que sa sensibilité, d’épater les critiques tout en émouvant les dames. Il lui faut donc un bon concerto pour piano et orchestre, et il en écrit deux en même temps. C’est le second en ordre de composition qui deviendra, au moment de la publication de la partition, le « no 1 » (op. 11), puisque c’est celui-ci que Chopin choisit comme cheval de bataille : il le joue à Varsovie, Breslau, Vienne, Munich et Paris. Dans la capitale française, sa carrière est consacrée grâce à ce concerto : les salons le réclament, les élèves se multiplient, la maison de piano Pleyel en fait son emblème.

 

Le concerto de Chopin suit le modèle des concertos virtuoses du début du XIXe siècle, construits sur une alternance marquée entre de courts épisodes joués par tout l’orchestre et de longues sections où le piano est protagoniste, discrètement soutenu par une partie de l’orchestre (habituellement les cordes). Ce jeu d’alternance plutôt que d’interaction est évident dès le début : l’orchestre expose les deux thèmes du premier mouvement (tragiquement majestueux, puis intime, le premier; serein, le second), pour ensuite se taire et laisser la place au soliste qui sur ces thèmes élabore des broderies aux caractères improvisés. L’alternance entre les longues sections du soliste et les interventions tutti de l’orchestre se poursuit jusqu’à la fin du mouvement.

 

Le titre du deuxième mouvement, « Romance », en annonce à la fois la forme et le caractère. Le piano chante un long air qui demeure doux du début à la fin, même dans ses moments plus tourmentés. Les mots utilisés par Chopin dans une lettre sont les plus appropriés pour le décrire : « calme, mélancolique, tel un regard attendri se posant sur l’endroit de nos plus chers souvenirs… une rêverie à l’époque d’un beau printemps, au clair de lune ». C’est le style caractéristique d’un genre, celui du nocturne, auquel Chopin donnera une marque inimitable.

 

Dans le dernier mouvement, en forme de rondo (avec deux sections de refrain qui s’alternent à des épisodes de brillante virtuosité), Chopin s’inspire d’une danse populaire polonaise, la krakowiak. Il s’agit d’une danse rapide en mètre binaire, qu’il avait déjà utilisée dans son Rondo à la krakowiak pour piano et orchestre de 1828. La même année il avait publié un Rondo à la mazur, s’inspirant de la danse populaire ternaire qui sert de modèle pour une longue et, encore une fois, inimitable série de mazurkas.

 

 

PIOTR ILITCH TCHAÏKOVSKI

Né à Votkinsk, le 7 mai 1840 – Mort à Saint-Pétersbourg, le 6 novembre 1893

 

Symphonie no 6 en si mineur, op. 74, « Pathétique »

 

Selon Ralph Vaughan Williams (qui a lui aussi quitté sa terre pour Paris afin de devenir compositeur, encouragé par Delius), Tchaïkovski n’était pas un modèle à suivre par les jeunes du début du XXe siècle : chez lui, « l’expression [musicale] est souvent trop intense pour l’émotion qu’elle veut traduire ». Cette opinion a été longtemps très répandue auprès des compositeurs modernistes, qui refusaient la musique de Tchaïkovski, trop romantique et sentimentale. Dans la Russie soviétique des années 1920, elle a été accusée d’être bourgeoise, décadente, européiste. Toutefois, le ton passionné de la « Pathétique » ne laissait pas indifférent – Lénine en particulier l’appréciait beaucoup. Cette passion, doublée de la dédicace au neveu du compositeur, a d’ailleurs suscité des interprétations homoérotiques de la partition. Il s’agit de la dernière symphonie complétée par Tchaïkovski, écrite juste avant de mourir (plusieurs la considèrent comme un requiem).

 

Le succès populaire de la symphonie est dû au caractère mémorable de ses thèmes (par-dessus tout, le deuxième du premier mouvement) doués d’un fort caractère et répétés plusieurs fois. Mais cette symphonie contient aussi une bonne dose d’éléments non conventionnels. Le deuxième mouvement, par exemple, est écrit dans un mètre irrégulier (5/4) : le résultat est une valse qui ne s’appuie jamais et qui nous emporte dans son vortex gracieux (con grazia). Autre élément déstabilisant : la fin grandiose du troisième mouvement – une fanfare explosive qui naît sans qu’on s’en aperçoive d’un mouvement très rapide de notes éparpillées parmi les instruments de l’orchestre – ne conclut pas la symphonie. Il y a un quatrième mouvement, lent et sombre, une marche funèbre en réponse à la marche triomphale du troisième, qui a été interprétée comme une prise de conscience de la mort qui suit inexorablement le succès. Il serait rassuré de constater que ce succès ne s’est pas éteint avec lui.

 

© Federico Lazzaro

© Translated from the French by Marc Wieser

 

BIO

SIR ANDREW DAVIS

CHEF D’ORCHESTRE

 

Sir Andrew Davis est le directeur musical et chef principal du Lyric
Opera of Chicago et du Melbourne Symphony Orchestra. Au cours de sa carrière longue de plus de quarante ans, il a été directeur musical et artistique de plusieurs des maisons d’opéras et orchestres symphoniques les plus réputés, incluant le BBC Symphony Orchestra (chef lauréat, chef principal 1991-2004), le Glyndebourne Festival Opera (directeur musical 1988-2000), le Toronto Symphony Orchestra (chef lauréat, chef principal 1975-1988) et le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, qui lui a récemment décerné le titre honorifique de chef d’orchestre émérite.

 

L’un des chefs d’orchestre actuellement les plus célèbres et estimés, sir Andrew Davis a dirigé presque tous les plus grands orchestres, compagnies d’opéras et festivals du monde. Au cours de cette saison 2016-2017, il dirige trois opéras au Lyric (Chicago), soit Das Rheingold dans une nouvelle production du Ring, Les Troyens et Don Quichotte. Il est aussi invité à diriger le Cleveland Orchestra, le St. Louis Symphony, l’Orchestre symphonique de Montréal, le BBC Philharmonic, le DSO-Berlin et l’Edinburgh International Festival.

 

Né en 1944 dans le Hertfordshire, en Angleterre, maestro Davis a étudié l’orgue au King’s College de Cambridge, avant d’opter pour la direction d’orchestre. Son vaste répertoire, qui s’étend du baroque à la musique contemporaine, couvre les domaines de la symphonie, de l’opéra et du chant choral. Son grand art est étayé par une discographie riche et souvent primée, notamment constituée d’enregistrements de Berlioz, Delius, Elgar, Grainger, Ives, Holst (en nomination pour un Grammy en 2015, catégorie « Meilleure interprétation chorale ») et de York Bowen (en nomination pour un Grammy en 2012, catégorie « Meilleure exécution orchestrale »). Il enregistre présentement en exclusivité chez Chandos Records.

 

Titulaire d’un doctorat honorifique du Knox College de Galesburg, en Illinois, sir Andrew Davis a été fait commandeur de l’Empire britannique en 1992 et chevalier de la « New Year Honours List » en 1999.

 

LOUIS LORTIE

PIANO

 

 

L’éminent pianiste québécois Louis Lortie a choisi d’interpréter un vaste répertoire plutôt que d’opter pour un style particulier. Selon The London Times, il combine « la totale spontanéité et la calme maturité que seuls possèdent les grands pianistes ».

 

Louis Lortie s’est récemment produit avec les orchestres symphoniques de Chicago, de Sydney et de Boston, avec le Dallas Symphony et l’Orchestre philharmonique de Hong Kong sous la direction de Jaap Van Zweden, avec le Royal Philharmonic et l’Orchestre philharmonique de Varsovie, et a participé à des tournées du Gewandhaus de Leipzig, de l’Orchestre de La Scala et de l’Orchestre Beethoven de Bonn. Son calendrier indique des prestations avec plusieurs orchestres du monde entier, et des récitals à Toronto, Ottawa, Atlanta, Montréal, Vancouver, Seattle, La Jolla, Berlin, Bonn, Rheingau et Florence. Artiste en résidence à l’OSM cette saison, il le sera à l’Orchestre symphonique de Shanghai pour la saison 2017-2018 et fera une tournée qui comprendra des prestations au Tibet.

 

La discographie de Louis Lortie comprend plus de quarante-cinq enregistrements sous étiquette Chandos, dans un répertoire qui va de Mozart à Stravinsky et qui inclut l’intégrale des sonates de Beethoven et celle des Années de pèlerinage de Liszt, l’un des dix meilleurs enregistrements de 2012 selon le New Yorker Magazine. Son enregistrement du Concerto pour piano de Lutosławski, avec le BBC Symphony sous la direction d’Edward Gardner, a été encensé, tout comme l’a été un récent enregistrement Chopin (il enregistre toute la musique pour piano seul de Chopin pour Chandos) considéré, par The New York Times, comme l’un des meilleurs enregistrements de l’année. Il a récemment fait paraitre les Valses de Chopin (« Chopin joué de façon sublime », Fanfare Magazine), des œuvres de Saint-Saëns avec Neeme Järvi et l’Orchestre philharmonique de Bergen, et l’intégrale des œuvres pour deux pianos de Rachmaninov avec Hélène Mercier. Ses prochains enregistrements comprennent notamment des œuvres de Poulenc jouées avec le BBC Philharmonic.

En octobre 2016, la Chapelle musicale Reine Élizabeth de Bruxelles a annoncé que Louis Lortie devenait son nouveau maître en résidence, succédant à Maria João Pires, qui a occupé cette fonction pendant quatre ans. Louis Lortie a étudié à Montréal avec Yvonne Hubert, élève du légendaire Alfred Cortot, à Vienne avec Dieter Weber, spécialiste de Beethoven, puis avec Leon Fleisher, disciple de Schnabel. En 1984, il a remporté le Premier Prix du Concours international de piano Ferruccio Busoni et s’est distingué au Concours international de piano de Leeds. Établi à Berlin depuis 1997, il réside aussi au Canada et en Italie.

Artiste en résidence de l’OSM grâce au soutien de la Fondation familiale Larry et Cookie Rossy  

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