Andrew Staniland
Né à Red Deer en 1977
Two movements for Orchestra
Andrew Staniland est le directeur de la programmation du Alliance for Canadian New Music Projects. Il s'est par ailleurs joint à la Faculté de musique de Memorial University, à Saint-Jean (Terre-Neuve), en janvier 2010. Ses œuvres, qui ont remporté de nombreux prix prestigieux, ont été diffusées dans plus de 35 pays. Auparavant, il a occupé le poste de compositeur affilié au Toronto Symphony Orchestra (2006-2009), ainsi que celui de compositeur en résidence au Centre de création musicale Iannis Xenakis (2005) et de compositeur affilié à l'Orchestre du Centre national des Arts (2002-2004). Il explique ainsi Two movements for Orchestra :
« Two movements for Orchestra est ma première œuvre symphonique majeure. Je l'ai composée en 2002, longtemps avant d'être nommé compositeur affilié du Toronto Symphony Orchestra, un poste que j'ai occupé de 2006 à 2009. Il m'a été agréable de me repencher sur cette partition, qui me rappelle l'époque à laquelle je découvrais encore les grandes œuvres symphoniques. Le tempérament de cette partition provient des spécificités formelles quelque peu inhabituelles que l'on y trouve. Tel que le titre le suggère, elle est constituée de deux mouvements, une forme qui me fascine depuis de nombreuses années, bien que peu de compositions symphoniques lui aient été dédiées (la magnifique Symphonie no 5 de Carl Neillsen me vient à l'esprit). Le premier mouvement, intitulé Introduction, se résume à une série de gestes mélodiques ascendants qui se conclut par un solo fantomatique à la flûte. Intitulé Lyrical, le second mouvement débute par des sonorités aux textures angulaires et légèrement disjointes, desquelles émerge un mouvement mélodique descendant aux accents dramatiques. Celui-ci est suivi d'une calme et obsédante rétrospective de l'ensemble de l'œuvre, écrite dans un style pointilliste, qui s'apparente aux coquillages que l'on retrouve sur une plage au lendemain d'un tempête. »
Joseph Haydn
Né le 31 mars 1732 à Rohrau an der Leitha
Mort le 31 mai 1809 à Vienne
Symphonie no 104, en ré majeur, « Londres », Hob 1/104
La vie de Haydn prend un nouveau tournant en 1790 alors que l’imprésario Johann Peter Salomon surgit sans avertissement chez le compositeur. « Je m’appelle Salomon. Je viens de Londres et suis venu vous quérir. Demain, nous conclurons un accord », annonce-t-il sans ambages. Haydn n’hésite pas longtemps. Il écrira pour le public de la capitale britannique douze symphonies au cours des cinq années suivantes, dont celle-ci, son dernier essai consacré au genre. L’œuvre sera donnée pour la première fois le 4 mai 1795, sous la direction du compositeur qui l’intègre à un concert à son propre bénéfice, entièrement dédié à ses compositions. Elle connaît une reconnaissance publique instantanée.
L’œuvre s’ouvre sur une introduction lente, en mineur, qui se fond ensuite dans l’Allegro principal, qui ne comporte qu’un seul thème, chantant, particulièrement polyvalent, qui permettra au compositeur de le décliner dans les deux mouvements suivants. L’Andante, de forme lied (A-B-A’) respire l’élégance classique. La première section, dédiée presque exclusivement aux cordes (un basson y fera une brève incursion), se veut calme et paisible, alors que la seconde, quasi violente, s’inscrit dans un registre volontiers dramatique. De nombreuses syncopes ponctuent le menuet, plein d’humour, avant que le finale, inspiré d’une mélodie folklorique, ne se déploie sur une basse de musette.
Frédéric Chopin
Né à Zelazowa-Wola, près de Varsovie le 1er mars 1810
Mort à Paris le 17 octobre 1849
Concerto pour piano no 1, opus 11 en mi mineur
À l’époque romantique, les pianistes-compositeurs enrichissent la littérature pianistique de façon exceptionnelle: Schubert, Schumann, Brahms, Mendelssohn, Liszt et surtout Chopin. Pour lui, la musique demeure un langage, capable de tout exprimer : pensées, sentiments, sensations. Plutôt que de traiter le piano comme un instrument de percussion, il le transforme en chanteur. « Sous ses doigts, chaque phrase musicale sonnait comme du chant, et avec une clarté telle que chaque note prenait la signification d’une syllabe, chaque mesure celle d’un mot, chaque phrase celle d’une pensée », expliquent Mikuli et Koczalski dans Chopin vu par ses élèves de Jean-Jacques Eigeldinger. « Loin de charger de notes son émotion, à la manière de Wagner par exemple, il charge d’émotion chaque note, et j’allais dire : de responsabilité. Et s’il est sans doute de plus grands musiciens, il n’en est pas de plus parfait. De sorte que l’œuvre de Chopin, guère plus volumineuse dans son genre que l’œuvre poétique de Baudelaire, est comparable aux Fleurs du mal par l’intense concentration et signification des meilleures pièces qui la composent, et par l’extraordinaire influence que l’une et l’autre, par là même, purent exercer », résume quant à lui André Gide dans ses Notes sur Chopin.
Chopin a consacré uniquement deux concertos à son instrument de prédilection, tous deux œuvres de jeunesse composées avant son départ de Varsovie. Le 22 septembre 1830, son Concerto en mi mineur (en fait, le second écrit, mais premier publié) est complété : « J'ai terminé mon deuxième concerto et devant lui je me trouve aussi ignorant qu'à l'époque où je ne connaissais rien encore du clavier, écrit-il à son ami Titus Woyciechowski. Il est tellement original que je crains de ne pas arriver à l'apprendre…» L’œuvre est créée le 11 octobre 1830, au Théâtre National de Varsovie. Le lendemain du concert, il se confie : « Mon concert a bien réussi hier. Je n'ai pas eu du tout le trac; j'ai joué comme si j'avais été tout seul. Tout fut bien. La salle était pleine. Bravos assourdissants… » Le 2 novembre, il quitte Varsovie et n’y reviendra jamais. L’insurrection éclatera quelques semaines à peine après.
Richard Strauss
Né à Munich le 11 juin 1864
Mort à Garmisch-Partenkirchen le 8 septembre 1949
Der Rosenkavalier, suite
Avec Le Chevalier à la rose, opéra écrit sur un livret du poète Hugo von Hoffmanstahl, créé à Dresde le 26 janvier 1911, Richard Strauss libère son « génie comico-lyrique », l’essence même de sa personnalité comme le faisait remarquer son ami, le romancier Romain Rolland. Des années plus tard, en 1945, quand des soldats américains viendront réquisitionner sa villa, le compositeur les accueillera d’ailleurs d’un « Je suis le compositeur du Chevalier à la rose », comme si le succès de cette œuvre justifiait tout le reste.
L’action se déroule à Vienne au milieu du XVIIIe siècle et met en scène la princesse von Werdenberg (aussi appelée la maréchale), une femme mature, amoureuse du tout jeune Oktavian, ainsi que le baron von Ochs, qui souhaite séduire la jeune Sophie. Comme gage de l’amour du baron, elle demande à Oktavian de porter une rose d’argent à Sophie, mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de l’adolescent. Après plusieurs rebondissements, la maréchale finit par se rendre à l’évidence et permet l’union des deux tourtereaux.
Plusieurs suites ont été tirées de l’opéra et reprennent les thèmes principaux. La musique s’y révèle spontanée, mélodieuse et d’une grande diversité, ponctuée de mouvements de valses chatoyants.
Notes sur la Symphonie no 104 de Haydn, le Concerto pour piano de Chopin et le Chevalier à la rose de Strauss: Lucie Renaud |