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CONCOURS OSM STANDARD LIFE
73e édition
Du 21 au 24 novembre 2012
PIANO ET PERCUSSION
HISTORIQUE
Depuis sa création en 1940, le Concours OSM Standard Life a propulsé près de trois cents lauréats sur les scènes nationale et internationale. Attirant dans son sillage partenaires prestigieux et juges de grande réputation, le Concours affirme toujours davantage sa mission éducative en soutenant les jeunes musiciens canadiens.
Lors de chacune de ses éditions, des dizaines de personnes ont travaillé avec passion à la réalisation du Concours, assurant ainsi la réussite d'un des plus anciens projets d'éducation musicale montréalais, par sa couleur propre et par son port d'attache. Cependant, si l'on considère l'origine de ses candidats et leur rayonnement, qui dépasse bien souvent d'ailleurs les limites du territoire, ce projet prend une envergure nationale et même internationale.
Les Matinées Symphoniques
Quand il accepte la direction musicale de la Société des Concerts symphoniques de Montréal (qui portera le nom d'Orchestre symphonique de Montréal à partir de 1954), Wilfrid Pelletier, pédagogue et visionnaire, met tout en œuvre pour réaliser un double défi : contribuer à la formation des musiciens et parfaire l'éducation musicale de ses concitoyens.
C'est ainsi qu'il crée, le l6 novembre 1935, les Matinées Symphoniques, série de concerts qui s’adressent à la clientèle scolaire et qui visent à initier les jeunes Montréalais à la musique symphonique. Impliquée dès le début du projet, Madame Antonia David, épouse du sénateur Athanase David, forme le Comité Féminin de propagande, qui sollicite des dons auprès de bienfaiteurs et organise des collectes de fonds, ainsi que le Comité des Matinées, voué au recrutement de la clientèle scolaire. Les organisateurs du projet voient leurs efforts couronnés de succès lorsque professeurs, élèves et parents envahissent littéralement l'Auditorium du Plateau, le samedi 16 novembre 1935, pour le concert inaugural dirigé par Wilfrid Pelletier.
Dès la première saison, six matinées sont offertes le samedi après-midi, rehaussées des commentaires de Wilfrid Pelletier, de notices biographiques et d'exemples musicaux présentés par les musiciens de l'Orchestre. Offert par la maison Edmond-Archambault, un livret de six pages est remis à chaque auditeur, premier lien d'une collaboration avec la maison Archambault qui durera plus de 25 ans.
Le succès obtenu par les matinées bilingues incite la mise sur pied d'une formule analogue pour la clientèle anglophone. Les Young People's Symphony Concerts, créés par Wilfrid Pelletier et Madame Alexander Howatson – alors vice-présidente du Montreal Ladies Musical Club – sont inaugurés le samedi 22 octobre 1947, au Montreal High School Hall sous la direction du mæstro.
L'origine du Concours
Stimulé par la réussite du projet, le Comité des Matinées développe la formule des Matinées symphoniques en ajoutant des concours et des prix. Le premier concours consiste à répondre, par écrit et à l'endos du livret pédagogique, aux dix questions posées par Wilfrid Pelletier à la fin de chaque séance. Un prix annuel de 50 $ est offert par Edmond Archambault au grand gagnant.
Dans la même foulée sont instaurés d'autres concours annuels afin de favoriser tous les talents du jeune auditoire. Naissent le Concours de rédaction, le Concours du «Scrap–book» et, plus tard, le Concours de solfège, organisé et supervisé par le compositeur Claude Champagne. À la même période, d'autres bourses sont également offertes pour stimuler le développement de la musique ou la poursuite d'études supérieures : le Prix Jean-Lallemand (une bourse de 500 $ créée en 1936 pour stimuler la composition d'œuvres canadiennes), le Prix Paul-Baby (une bourse de 100 $ attribuée pendant plusieurs saisons aux jeunes talents de quatre à neuf ans afin de développer leurs aptitudes musicales avec un professeur qualifié), les bourses d'études de l'École Normale de Musique de la Congrégation de Notre-Dame, ainsi que celles du compositeur Gabriel Cusson, attribuées pour l'harmonie et la composition.
Pour encourager les élèves à étudier un instrument de musique, un Comité d'auditions est également mis sur pied pour soumettre les candidatures à Wilfrid Pelletier ou à Désiré Defauw – qui le remplacera comme directeur et animateur des Matinées, de 1941 à 1946 – qui invitent les jeunes interprètes à se produire comme solistes ou concertistes.
Le Prix Archambault
Pour soutenir et encourager de façon plus ciblée les jeunes artistes qui complètent leur formation musicale, un nouveau concours d'interprétation est instauré dès 1940 : le Prix Archambault. Créé par Edmond Archambault, il a pour but d'aider les jeunes artistes canadiens à poursuivre leurs études en piano, en instruments à cordes et en chant, en vue d'entreprendre une carrière professionnelle. À cette époque, une bourse de 100 $ est remise pour chacune des disciplines. En plus d'avoir le privilège de se faire entendre comme soliste avec l'Orchestre, les lauréats participent alors à un concert offert par la maison Archambault, au Ritz Carlton.
Après un arrêt de deux ans, le Concours reprend ses activités en 1965 sous l'appellation de Concours OSM. Un comité de bénévoles se consacrant exclusivement à cet événement annuel se joint au personnel administratif de l'Orchestre et fait renaître l'événement.
Des lauréats reconnus
Les lauréats du Prix Archambault et du Concours OSM se démarquent par leur talent et remportent différents prix et honneurs prestigieux qui ouvrent à certains les portes de Milan, de Londres, de Paris. Ils y poursuivent leurs études dans des institutions telles que le célèbre Conservatoire américain de Fontainebleau, avec Nadia Boulanger, ou la prestigieuse Juilliard School de New York.
S'adressant surtout, à l'origine, aux jeunes musiciens de la grande région métropolitaine, le Concours semble s'élargir à l'ensemble des artistes canadiens au cours des années 1960. C'est ainsi qu'en 1969, le Concours OSM récompense sa première lauréate vivant hors du Québec : la pianiste Angela Hewitt.
Depuis environ vingt ans, toutes les régions du pays sont représentées et on remarque que plusieurs des jeunes candidats poursuivent déjà des études avancées en Europe et aux États-Unis au moment de leur inscription au Concours (notamment à la Juilliard School, à la Indiana University School of Music de Bloomington et au Cleveland Institute of Music).
Se consacrant les premières années au chant, au piano, au violon et au violoncelle, le Concours rejoint progressivement l'ensemble des familles de l'orchestre, les présentant à partir de 1973, en alternance. Il semble que le Concours mentionne pour la première fois la catégorie «instruments à vent» (cuivres et bois) en 1969, omettant toutefois le trombone qui apparaît en 1980 et le tuba en 1999. Si l'alto rejoint la catégorie «cordes» en 1971, la contrebasse a un parcours plus incertain : après n'avoir été inscrite qu'en 1986, elle disparaît en 1988 pour réapparaître, définitivement cette fois, en 1994. Il faut attendre 2002 pour voir les percussions faire leur entrée. Quant à la harpe, elle rejoindra les autres instruments en 2007.
Prix et partenaires
Au fil des ans, de nombreux prix s'ajoutent, rendant le Concours l'un des événements les plus intéressants pour les jeunes artistes. Aujourd'hui, le Concours OSM Standard Life est sans aucun doute l'un des seuls à offrir à ses lauréats quatre catégories de prix : des bourses en argent, des bourses de formation permettant aux artistes d'approfondir leur apprentissage, un enregistrement audio professionnel dans les studios de Radio-Canada et, enfin, la possibilité de se produire devant public à travers le Canada et notamment à Montréal avec l'Orchestre symphonique de Montréal.
Ces prix sont le résultat de la générosité de collaborateurs, de partenaires et de mécènes sans lesquels les retombées du Concours ne sauraient être les mêmes. Quelques-uns sont de fidèles associés depuis les débuts, entre autres, le Comité des bénévoles et le Fond les Amis de l'Art (Bourse Aline-Hector-Perrier). D'autres se sont joints à l'événement au cours des vingt dernières années, resserrant ainsi les liens que le Concours développe avec des institutions partout au Canada (Société Radio-Canada, Association des musiciens de l'OSM, Centre Banff, Centre d'arts Orford, Newfoundland Symphony Orchestra, Yamaha) ainsi qu'aux États-Unis (Lyon & Healy Harps).
Parmi ceux qui se sont signalés par l'importance de leur appui, mentionnons Standard Life qui, depuis 1992, offre les premiers prix aux lauréats, en plus de s'avérer un partenaire indispensable à plusieurs autres niveaux. En 2004, la compagnie est devenue le commanditaire principal de cet événement qui se nomme dorénavant le Concours OSM Standard Life.
Un avenir prometteur
Le Concours OSM Standard Life, dont l'histoire est intimement liée à celle de l'Orchestre comme à celle de sa communauté, poursuit depuis 1940 la mission mise de l'avant par Wilfrid Pelletier.
L'organisation et le succès du Concours reposent en grande partie sur l'engagement et la qualité de ses bénévoles, soulignés à maintes reprises par Pierre Béique, directeur général émérite de l'orchestre. Travaillant en étroite collaboration avec l'OSM, le Comité du Concours – composé d'une quinzaine de membres – informe le public, accueille les candidats d'ici et de l'extérieur du pays, sollicite des appuis financiers, développe de nouveaux partenariats et assume une partie importante des fonctions administratives. Résultat de sa notoriété grandissante, le Concours OSM Standard Life est maintenant doté d'une coordonnatrice et d'un secrétariat permanent.
Les lauréats
Les organisateurs du Concours OSM Standard Life constatent, non sans fierté, qu'un grand nombre de solistes canadiens réputés sur les scènes nationale ou internationale ont été, un jour, lauréat de cet événement. Parmi ces artistes, mentionnons les chanteurs Léopold Simoneau (1944), Joseph Rouleau (1949), Nicole Lorange (1965), Marie-Danielle Parent (1979), Lyne Fortin (1985), Karina Gauvin (1987), Aline Kutan (1993) et Phillip Addis (2004); les pianistes Ronald Turini (1950), Henri Brassard (1965), Janina Fialkowska (1967), André Laplante (1968), Angela Hewitt (1969, 1975), Louis Lortie (1972), Stéphane Lemelin (1973), Louise-André Baril (1973), Naida Cole (1989), Richard Raymond (1989), Wonny Song (1993) et Jan Lisiecki (2009); les violonistes Chantal Juillet (1974), Angèle Dubeau (1976), Scott St. John (1982), Martin Beaver (1986), James Ehnes (1992) et Alexandre da Costa (1996); les violoncellistes Denis Brott (1965, 1967, 1971), Gary Hoffman (1978) et Ofra Harnoy (1978); le hautboïste Philippe Magnan (1982), le tromboniste Alain Trudel (1984), le trompettiste Jens Lindemann (1990), ainsi que le lauréat en violon Lewis Greenblatt (1965), connu aujourd'hui sous le nom de Lewis Furey, auteur-compositeur.
Plusieurs lauréats travaillent dans les capitales musicales européennes et nord-américaines comme musiciens d'orchestre, chambristes ou professeurs, tels que les violonistes Meyer Stolow (1952), Malcolm Lowe (1971), Céline Leathead (1978), David Lefèvre (1988) et Hélène Collerette (1990) et les flûtistes Jeffrey Khaner (1978) et Joanna G'Froerer (1990).
De nombreux gagnants du Concours ont également décidé de poursuivre une carrière de musiciens au sein de l'OSM. Parmi eux, les violonistes Gilles Baillargeon (1949), Gérald Sergent (1955), Mario Masella (1956), Denise Lupien (1974), Jean-François Rivest (1976) et Jonathan Crow (1996), les violoncellistes Lyze Vézina (1950) et Suzanne Perrault-Bezkorvany (1951). Parmi les lauréats qui font toujours partie de l'OSM figurent les violonistes Andrew Wan (2007), violon solo de l'orchestre, Marie Lacasse (1984) et Marianne Dugal (1994), l'altiste Lambert Jun-Yuan Chen (2007), le bassoniste Stéphane Lévesque (1994), le hautboïste Pierre-Vincent Plante (1974), le flûtiste Denis Bluteau (1986), ainsi que le corniste Denis Derome (1996).
L'enseignement occupe une partie importante de la vie d'un grand nombre de lauréats. Certains souhaitent partager leur carrière entre leurs activités de professeur et celles d'interprète; d'autres ont délaissé presque entièrement la scène pour communiquer leur passion de la musique à leurs élèves. Les pianistes Jeanne Landry (1945), Gilles Manny (1948), Henri Brassard (1965), Robert Mayerovitch (1970), Thomas Green (1970), Paul Berkovitz (1971), Jacinthe Couture (1973) et Jacques C. Després (1977); les chanteuses Marguerite Laliberté-Denoncourt (1948), Jacqueline Martel Cistellini (1957), Sylvia Saurette (1960), Céline Dussault (1971) et Micah Yiu (1987), les violonistes Martin Foster (1970) et Lucie Robert (1974), et la violoncelliste Raymonde Martin (1947) font partie de ces artistes qui ont consacré, ou consacrent encore aujourd'hui, du temps aux jeunes, permettant à ces derniers de bénéficier de leur riche expérience.
Qu'ils soient aujourd'hui solistes, chambristes, musiciens d'orchestre, choristes, chefs d'orchestre, compositeurs, professeurs, luthiers, musicothérapeutes, ou encore qu'ils aient opté pour une carrière dans un autre domaine – comme l'ont fait Moses Gelfand (1944) et Pierre Boux (1959) – tous les lauréats du Concours OSM Standard Life contribuent directement, par leur passion de la musique, à la richesse de la vie culturelle canadienne.
Le jury
Depuis ses débuts, les jurys du Concours OSM ont été composés de musiciens, d’instrumentistes, de chanteurs, de chefs d'orchestre, de compositeurs, de directeurs musicaux ou de réalisateurs d'émissions musicales à Radio-Canada. La diversité des compétences des membres du jury permet une évaluation complète des aptitudes et du talent des jeunes artistes.
Les chefs d'orchestre Kent Nagano (directeur musical de l'OSM depuis 2006), Charles Dutoit, Jacques Lacombe, Yoav Talmi, Agnès Grossman et Pascal Verrot; les chanteurs Colette Boky, Nicole Lorange, Louis Quilico et Joseph Rouleau; les pianistes André Laplante, Stéphane Lemelin et Charles Reiner; le violoncelliste Matt Haimovitz, la hautboïste Louise Pellerin, la harpiste Jennifer Swartz, les compositeurs Walter Boudreau, Denis Gougeon, Jacques Hétu, Clermont Pépin et André Prévost sont quelques-uns des musiciens qui ont fait partie des jurys du Concours.
Depuis quelques années, des artistes internationaux sont régulièrement invités comme juges dans le cadre de cet événement, notamment les pianistes Michel Béroff, Michel Dalberto et Yoheved Kaplinsky, les violonistes Andrew Dawes, Ida Haendel et Régis Pasquier et l'altiste Rivka Golani. Nous avons également accueilli les violoncellistes Ralph Kirshbaum, Antonio Lysy, Tsuyoshi Tsutsumi et Eric Kim, le clarinettiste James Campbell, les sopranos Renata Scotto, Françoise Pollet et Virginia Zeani, les trompettistes Jens Lindemann et Ronald Romm ainsi que les percussionnistes Emmanuel Séjourné, Anthony Cirone et Leigh Howard Stevens. Des personnalités du milieu musical international sont également juges lors de cet événement. Mentionnons à ce titre Jean-Pierre Brossmann, directeur général du Théâtre du Châtelet (Paris) de 1996 à 2006, Welz Kauffman, président-directeur général du festival de Ravinia (Chicago), Henry Fogel, président de l'Orchestre symphonique de Chicago (1985-2003), Charles Hamlen, président du groupe IMG Artists, le producteur Sid McLauchlan de Deutsche Grammophon, les agents Walter Homburger et Earl Blackburn d’Opus 3 ainsi que Barry Shiffman, doyen associé de l'École de musique Glenn Gould du Conservatoire royal de musique (Toronto).
Il est également important pour les organisateurs du Concours qu'au moins un membre de l'Orchestre fasse partie du jury. Ainsi, plusieurs musiciens de l'OSM ont apporté leur contribution au Concours au fil des ans : le violoncelliste Guy Fouquet, les violonistes Richard Roberts, Anne Robert, Eugène Husaruk et Luis Grinhauz, l'altiste Neal Gripp, les flûtistes Timothy Hutchins et Denis Bluteau, le bassoniste Stéphane Lévesque et le corniste Jean Gaudreault.
Voulant profiter de la présence des juges canadiens et étrangers, les organisateurs du Concours proposent depuis 2002 des classes de maître, prolongement de la mission éducative de l'OSM, qui sont offertes aux jeunes artistes étudiant dans les institutions québécoises. Les participants au Concours OSM, mais aussi les étudiants de la province et le public en général bénéficient ainsi des conseils de ces artistes d'expérience.
Recherche et collaboration à la rédaction :
Lyette Ainey, musicologue






