JEAN PAPINEAU-COUTURE

JEAN PAPINEAU-COUTURE

PARTENAIRE DE SAISON

papineau

Né en

1916

Décédé en

2000

Œuvre au programme

Trois pièces pour orchestre (1961)

Concert

2, 5 et 6 novembre 2016

De son vivant, il était coutume de considérer Jean Papineau-Couture comme le doyen des compositeurs contemporains du Québec. Né en 1916, il devançait effectivement d’une bonne décennie la génération de ceux qui propulsèrent les répertoires canadien et québécois sur les scènes musicales internationales. Petit-fils de Guillaume Couture, l’un des pionniers de la musique canadienne, Jean Papineau-Couture s’intéresse très tôt à la musique des compositeurs modernes français. Il est d’abord l’élève des québécois Gabriel Cusson et Léo-Pol Morin, avant de se rendre aux États-Unis, au début des années 1940, pour étudier auprès de Nadia Boulanger. Par l’entremise de celle-ci, il rencontre Igor Stravinsky, qui a sur lui une influence déterminante.

Au Canada, Jean Papineau-Couture a consacré sa carrière à la défense de la musique canadienne. En collaborant avec les compositeurs du Canada anglais, réunis à Toronto autour du compositeur John Weinzweig, il a contribué à mettre sur pied un grand nombre d’institutions qui sont aujourd’hui vitales à la vie musicale du pays. Qu’on pense à la fondation de la Ligue canadienne des compositeurs ou à celle du Centre de musique canadienne, ou encore à la mise sur pied de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), Papineau-Couture a pris part à toutes les démarches. Il fut même, de 1968 à 1973, doyen de la jeune Faculté de musique de l’Université de Montréal. Au fil des ans, il s’est mérité de nombreux prix et distinctions, dont les grades de Grand officier de l’Ordre du Québec et de Compagnon de l’Ordre du Canada.

La musique de Jean Papineau-Couture s’est beaucoup transformée au cours des années. Ses œuvres, d’abord fortement imprégnées de l’influence de Stravinsky et des compositeurs modernes français, sont passées d’un néo-classicisme à l’espièglerie proche de celle de Francis Poulenc, à une esthétique plus concentrée, où l’harmonie reflète notamment des considérations plus contemporaines.

Ces Trois pièces pour orchestre furent commandées à Papineau-Couture par le Cosmopolitan Club de Saskatoon, et c’est sous la direction du compositeur lui-même que l’Orchestre symphonique de Saskatoon en assura la création, le 25 novembre 1962. L’œuvre est dédiée au compositeur Murray Adaskin, qui enseignait à l’époque à l’Université de la Saskatchewan.

Les trois pièces de cet opus sont un prélude, un choral et un mouvement perpétuel. La transparence du prélude et sa pulsation régulière témoignent d’une pensée encore marquée par le néo-classicisme. D’une texture d’abord fine, puis de plus en plus dense, ce morceau repose sur de multiples répétitions de motifs, constamment variés par la couleur instrumentale. Le choral, pour sa part, ne fait appel qu’aux vents. Les cuivres y sont dominants, et leur discours est ponctué par l’intervention régulière des bois. Le mouvement perpétuel, enfin, est surtout caractérisé par son aspect très rythmé et par l’accumulation de motifs répétés dans toutes les voix. Cette accumulation est à la source de l’énergie qui engendre le mouvement perpétuel.

Notes de Papineau-Couture au sujet des Trois pièces :

« Les « Trois pièces pour Orchestre » […] furent terminées le 25 novembre 1961.

Ce sont trois courts mouvements contrastants. Le premier, d’allure modérée expose une ligne mélodique plutôt coulante contre des harmonies de caractères statiques souvent basées sur un ostinato de deux notes alternées.

Le second est un « Choral » très lent pour les instruments à vent seuls. Dans la deuxième partie de ce « Choral », on trouve de nombreuses entrées en canon.

La troisième pièce est une sorte de mouvement perpétuel sous forme de rondo. C’est le plus rapide et le plus brillant des trois mouvements.

Toute l’œuvre utilise la technique du total-chromatique. »

– Notes de Jean Papineau-Couture, conservées dans les archives du Centre de musique canadienne à Montréal.

Vidéos

Écoutez Jean Papineau-Couture parler de ses années de formation.

Enregistrements

Jean Papineau-Couture, Centredisques, 1999.

Portraits de compositeurs canadiens : Jean Papineau-Couture, Centredisques, 2 disques, 2002.

Littérature

BAIL MILOT, Louise. Jean Papineau-Couture : La vie, la carrière, l’œuvre. Lasalle, Hurtubise HMH, 1986.