Matthew Ricketts

Matthew Ricketts

PARTENAIRE DE SAISON

ricketts

Né le

15 janvier 1986

Œuvre au programme

Blood Line

Concerts

5, 7 et 10 décembre 2017

Matthew Ricketts est certainement l’un des compositeurs à surveiller au cours des prochaines années. Diplômé de l’Université McGill, où il a étudié auprès des compositeurs Brian Cherney, John Rea et Chris Paul Harman, il complète actuellement ses études doctorales à l’Université Columbia, à New York, sous la supervision du compositeur Fred Lerdahl.

Jouée à de nombreuses reprises en Amérique du Nord et à Paris, la musique de Ricketts lui a valu plusieurs distinctions depuis 2007, parmi lesquelles on compte jusqu’à sept prix de la Fondation SOCAN visant à souligner le travail des jeunes compositeurs. Ricketts a pris part à l’édition 2014 du Forum du Nouvel Ensemble Moderne et a reçu, en 2016, une bourse du réputé Aspen Music Festival (Colorado). De 2016 à 2018, il occupera le poste de compositeur et collaborateur en résidence du NewMusic Initiative, à l’Université East-Carolina. En plus de sa pratique musicale, Matthew Ricketts est l’auteur de textes poétiques et de proses qui firent l’objet de diverses mises en musique, notamment dans le cadre de productions européennes.

Les œuvres de Matthew Ricketts interpellent d’abord par leur aspect polychrome. Consacrées presque exclusivement à la voix ou à de petites formations instrumentales, elles forment autant de toiles sonores aux couleurs parfois mattes, parfois vives, et où certains moments d’effervescence scintillante sont traversés de traits mélodiques au lyrisme éphémère. Dans cette musique ciselée avec assurance, jamais la fragilité ne prend le pas sur une délicatesse qui sait enjoindre l’auditeur à une écoute attentive.

Dans les mots du compositeur…

 

« Lorsqu’on m’a demandé de composer un poème symphonique à l’occasion du 150e anniversaire du Canada, en ciblant particulièrement le rôle joué par le chemin de fer transcontinental dans l’élaboration d’une identité canadienne d’un océan à l’autre, j’ai pensé aux métaphores musicales du corps, de la croissance et du voyage. Ce sont là certaines des métaphores les plus persistantes de notre culture musicale, à savoir que la musique est une sorte de corps (comme le corpus d’un compositeur ou, plus directement, la description des formes, des textures et du rythme de la musique), et aussi que notre expérience de la musique est incarnée, que la musique est un organisme qu’on peut entendre vivre, croître, se développer, se métamorphoser et mourir, et que la musique est un voyage d’un point de départ à un point d’arrivée à travers divers paysages. On pourrait dire de ces trois métaphores qu’elles sont représentatives d’une seule perspective culturelle, la musique comme la vie.

 

Alors au lieu d’explorer des représentations plus “visuelles” ou programmatiques du train comme tel, j’en suis venu à imaginer son rôle spécifique dans l’idée même du Canada comme une sorte d’organisme unifié dont les divers éléments ont été rassemblés dans une entité plus ou moins homogène grâce à cette ligne [ferroviaire] qui traverse le Canada plutôt brutalement. Cette violence ne connaissait sûrement pas de limites (depuis le quasi-esclavage d’immigrants chinois dans la section ouest du chemin de fer jusqu’aux innombrables vies perdues à inspecter les régions incroyablement inhospitalières de la tourbière du centre du Canada, ou les Rocheuses elles-mêmes). Tant de corps donnés à une cause plus vaste, celle du corps national cousu par la voie ferrée.

 

Le premier mouvement, Strands, établit la formation d’une sorte d’organisme musical par la lente rencontre de “lignes” musicales. On entend un corps prendre vie. Le deuxième mouvement, Sequence, amène cet organisme en voyage dans différents lieux et paysages. La vitesse est accentuée, des objets semblent passer très vite dans un halo, comme si on les voyait depuis une fenêtre de train. Le troisième mouvement, Shores, qui suit sans pause, marque l’arrivée sur un rivage, peut-être celui de l’Île de Vancouver (le lieu où je suis né, et le terminus ouest du chemin de fer du Canadien Pacifique). La musique ralentit très subitement alors qu’en apparence, l’activité reste vive bien qu’assourdie et ondoyante “sous la surface” – entendons-nous les vagues, les marées montantes et descendantes, les oiseaux dans le lointain ? » (Matthew Ricketts)

Vidéos

Écoutez en suivant la partition de l’œuvre Burrowed Time de Matthew Ricketts, interprétée par le Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Vaillancourt.

Enregistrements

Écoutez la musique de Matthew Ricketts à partir de sa plate-forme SoundCloud.