CÉLÉBRATION DU MÉTRO

KENT NAGANO CÉLÈBRE LE MÉTRO DE MONTRÉAL

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Que de chemin parcouru par le Québec depuis les années 1960! Pour ce concert, l’OSM s’associe avec la STM afin de souligner les 50 ans du métro de Montréal lors de la création mondiale d’une œuvre du compositeur José Evangelista. Un programme qui vous transportera à coup sûr!

À noter qu’une paire de billets pour un concert de l’OSM sera offerte gracieusement par Air Canada lors de ces entretiens pré-concert. À ne pas manquer !

En collaboration avec
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Événement post-Akousma
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Concert du 22 octobre présenté par
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PRIX DES BILLETS

43$* à 200$*

JEUDI 20 OCTOBRE 2016

20h00

COMPLET

SAMEDI 22 OCTOBRE 2016

20h00

COMPLET

DIMANCHE 23 OCTOBRE 2016

14h30

COMPLET

Orchestre symphonique de Montréal

Kent Nagano, chef d’orchestre
Truls Mørk, violoncelle

PROGRAMMATION :

José Evangelista, création mondiale pour souligner le 50e anniversaire du Métro – commande de l’OSM (approx. 15 min.)

Schumann, Concerto pour violoncelle en la mineur, op. 129 (approx. 25 min.)

Robert Normandeau, création mondiale d’une oeuvre électroacoustique pour souligner le 50e anniversaire du Métro – commande de l’OSM (approx. 10 min.)

R. Strauss, Ein Heldenleben (Une vie de héros) (approx. 40 min.)

Les grands entretiens préconcert Fromages d’ici :
Jeudi 20 octobre, 19 h
Samedi 22 octobre, 19 h
Dimanche 23 octobre, 13 h 30

Animateur : Matthieu Dugal
Invités : José Evangelista, compositeur,
Robert Normandeau, compositeur
Création et innovation : commande de l’OSM pour souligner le 50e anniversaire du Métro

À propos du compositeur José Evangelista

À propos de Robert Normandeau

 

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Concert présenté en direct et en différé pendant trois mois sur

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Mesurant plus de 12 pieds, l’octobasse est le plus grand et le plus grave des instruments à cordes. L’OSM est le seul orchestre dans le monde à avoir le privilège d’inclure ce rare instrument à ses rangs.

Assistez à ce concert pour entendre le son de cet instrument grandiose.

L’octobasse nous est généreusement prêtée par les mécènes Huguette et Roger Dubois de Canimex.

En savoir plus sur l’octobasse.

NOTES DE PROGRAMME

Les oeuvres

C’est à une grande fête musicale que l’OSM vous convie ce soir. Les compositeurs montréalais José Evangelista et Robert Normandeau célèbrent les 50 ans du métro de Montréal avec deux œuvres très contrastées, composées à l’intention de l’orchestre pour cette occasion. Le Concerto pour violoncelle de Schumann exalte quant à lui le timbre vibrant et passionné de l’instrument soliste pour lequel il a été composé. Enfin, le poème symphonique de Strauss, Ein Heldenleben, dépeint un héros imaginaire (et un peu réel) avec une somptueuse palette d’extraordinaires effets sonores déployés par un orchestre gigantesque.

José Evangelista

Né à Valence, en Espagne, le 5 août 1943. Il vit à Montréal

Accelerando

Accelerando est une œuvre commandée par l’OSM pour souligner le 50e anniversaire du métro de Montréal. Centrée sur l’idée de mouvement, cette musique pour orchestre fait référence au mouvement d’un moteur qui se met en marche, qui démarre. Aussi, l’accélération, le mouvement en avant, évoque le progrès. José Evangelista a voulu célébrer le développement accompli pendant les 50 ans du métro de Montréal.

L’œuvre s’articule autour d’une mélodie traitée de façon cyclique : sa fin s’enchaîne avec son début et cela recommence. On pourrait voir un parallèle avec le mouvement du métro qui redémarre d’une station à l’autre. La couleur harmonique est intimement liée à la conception mélodique de l’œuvre. C’est la dimension horizontale (mélodie) qui devient verticale (harmonie). Quant au rythme, l’accélération évolue entre 40 et 132 pulsations par minute, ce qui contribue à créer l’impression d’un mouvement perpétuel. Enfin, sur le plan anecdotique, José Evangelista suggère dans la mélodie quelques-uns des sons familiers de notre métro, que vous reconnaîtrez sans doute. (José Evangelista)

Robert Schumann

Né à Zwickau, le 8 juin 1810. Mort à Endenich, le 29 juillet 1856

Concerto pour violoncelle en la mineur, op. 129

1. Nicht zu schnell  2. Langsam  3. Sehr lebhaft (enchaînés sans interruption)

C’est un Schumann ragaillardi qui se rend à Düsseldorf en septembre 1850 pour y occuper le poste de chef à la Société musicale. Le chaleureux accueil qu’on lui réserve ainsi que la perspective de disposer de son propre orchestre semblent raviver l’intérêt de Schumann pour l’écriture symphonique. Dans un élan créatif phénoménal, il compose le Concerto pour violoncelle (en 15 jours à peine), sa Troisième Symphonie (la « Rhénane ») ainsi que d’autres œuvres, au cours des dernières semaines de l’année 1850. Sa femme Clara dira du concerto qu’il est écrit « dans un style qui sied profondément au violoncelle ». Elle écrira d’ailleurs dans son journal, un an après la composition de l’œuvre : « J’ai rejoué le concerto pour violoncelle de Robert, au piano, et cela me procure un grand bonheur musical. La force du lyrisme et l’osmose entre le violoncelle et l’orchestre sont un véritable enchantement, et que dire de la sublime euphonie des passages mélodiques! » Cela étant, le compositeur n’entendra jamais l’œuvre, dont la première exécution posthume n’aura lieu qu’en 1860, à Leipzig, lors d’un concert pour son 50e anniversaire.

Le concerto est imprégné de la ferveur romantique et de l’esprit poétique caractéristiques de Schumann. Au-delà d’une structure traditionnelle en trois mouvements (vif-lent-vif), l’œuvre donne aussi à entendre un esprit novateur, par l’ajout de transitions destinées à lier les mouvements entre eux. Le pont reliant le deuxième au troisième mouvement est conçu à partir de matériau exprimé dans le premier mouvement. L’absence d’exposition orchestrale distingue aussi l’œuvre de la forme prescrite par le canon classique. Après quelques accords d’introduction à l’orchestre, le violoncelle fait entendre son sublime premier thème et place dès lors son chant au tout premier plan. Sauf quelques emportements, la présence orchestrale reste sobre mais la puissance lyrique du soliste est telle que l’auditeur remarque à peine ce dépouillement. Le finale empli de virtuosité contraste fortement avec le lyrisme des mouvements précédents, notamment par la présence insistante d’un motif rythmique récurrent.

Robert Normandeau

Né en 1955 dans la ville de Québec. Il vit à Montréal

Tunnel azur

Rarement le public de l’OSM a-t-il l’occasion d’entendre des créations musicales électroacoustiques. En 1992, Robert Normandeau a reçu le premier doctorat en musique électroacoustique jamais décerné par l’Université de Montréal, où il enseigne depuis 1999. Au cours des trente dernières années, Normandeau a composé une cinquantaine d’œuvres électroacoustiques, dont vingt ont remporté des prix lors de compétitions locales, nationales et internationales. En 1987, il a cofondé la Communauté électroacoustique canadienne, et Réseaux en 1991. Sa musique peut sembler statique, mais également mobile, proposant un univers sonore en constante évolution.

Pour le compositeur, Tunnel azur « est un cinéma pour l’oreille, avec le métro comme personnage principal – espace vide et mystérieux, une interrogation et une crainte. C’est le souterrain, et la caverne,  [qui génère] un suspense avec ses sons graves. » À cette fin, Normandeau a intégré l’orchestre une curiosité appelée octobasse – une contrebasse surdimensionnée, présentée sur la scène de la Maison symphonique en première mondiale. Les habitués du métro verront certainement dans le mot « azur » la référence aux nouveaux trains dont les premiers sont entrés en service en février dernier. C’est peu de temps après que Robert Normandeau a composé Tunnel azure en studio. L’oeuvre a été présentée pour la première fois le 11 août dernier lors d’un concert en plein air sur le Parterre du Quartier des spectacles à Montréal.

Richard Strauss

Né à Munich, le 11 juin 1864. Mort à Garmish-Partenkirchen, le 8 septembre 1949

Ein Heldenleben, op. 40

[Une vie de héros]

Un seul aperçu du titre de l’œuvre et du nombre de musiciens requis pour la jouer laissent deviner que Ein Heldenleben (Une vie de héros) promet une expérience musicale exceptionnellement riche. De fait, cet opus magistral est baigné de sonorités fastueuses, d’orchestrations rutilantes, de puissantes apothéoses, d’énergies colossales et d’un véritable kaléidoscope de couleurs harmoniques. Les forces orchestrales requises ici comptent parmi les plus importantes jamais utilisées par Strauss pour une œuvre purement instrumentale.

On associe fréquemment le héros du titre au compositeur lui-même (Strauss n’a jamais péché par modestie!), mais ce serait une erreur d’y voir seulement une volonté d’autoglorification. L’œuvre comporte bien sûr quelques passages autobiographiques, mais on serait mieux avisé de lire l’essentiel de l’œuvre dans l’esprit « de l’idéal libre d’un héroïsme sans limite et courageux… cet héroïsme qui connaît le poids du combat intérieur et qui tend à l’élévation de l’âme à travers l’épreuve et le désir de conciliation. » (Strauss)

Composé à la fin de 1898, le poème symphonique d’une durée de 50 minutes fut créé le 3 mars 1899 à Francfort, sous la direction de Strauss. Ajoutons qu’un compositeur danois peu connu du nom de Christian Frederik Emil Horneman (1840-1906) a signé une œuvre portant également le titre de Ein  Heldenleben (une ouverture de concert), et que le compositeur canadien renommé R. Murray Schafer a pour sa part composé pour l’OSM en 1968 une parodie moderne de l’original de Strauss, intitulée Son of Heldenleben.

Les six sections de l’œuvre sont toutes enchaînées, à l’exception de la pause qui conclut la première:

I. Le héros ̶ un premier thème principal se déploie à partir des tréfonds de l’orchestre dans un extraordinaire mouvement ascendant couvrant près de trois octaves.

II. Les adversaires du héros – les critiques de Strauss sont représentés ici par une musique abrupte, dissonante et confuse, avec des indications comme « grondant », « tranchant et pointu » et « sifflant ». De manière solennelle, deux tubas expriment un motif à quatre notes porteur d’une « faute d’harmonie », i.e. une progression en quintes parallèles.

III. La compagne du héros – Pauline, l’épouse énergique et espiègle de Strauss, prend ici les traits du violon solo à travers une série de cadences. Aux dires de Strauss, « c’est une femme très complexe, profondément femme, jamais tout à fait la même. » Suit un grand duo lyrique porté par un orchestre chatoyant mais interrompu par un rappel du thème des adversaires.

IV. Le combat du héros – trois trompettes hors-scène appellent au combat. Notre héros se cabre, prêt à l’affrontement. Dans une des plus célèbres scènes de bataille de l’histoire de la musique, Strauss représente le héros, son épouse à ses côtés, ripostant aux attaques de ses ennemis par des déferlements de couleurs et d’effets orchestraux. La scène traduit un chaos indescriptible. Les adversaires seront éventuellement défaits et un chant de victoire somptueux résonne ensuite, au son des huit cors réunis à l’unisson pour cette apothéose triomphale.

V. Les œuvres de paix du héros – ici le compositeur se cite lui-même, dans une fresque réunissant trente et un motifs issus d’oeuvres antérieures, dont six poèmes symphoniques, deux lieder ainsi que l’opéra Guntram. (Pour une analyse détaillée, consulter l’essai de Norman Del Mar, vol. I.) Le héros s’abandonne ensuite à la rêverie avant qu’une dernière altercation avec un critique hargneux ne le fasse céder à la colère et l’éliminer sans équivoque.

VI. La retraite du héros et l’accomplissement – la vie du héros trouve son apaisement mais un mauvais souvenir des critiques vient brièvement gâcher cet état – « l’impression d’un mauvais rêve que ferait un vieil homme sommeillant dans son fauteuil, » comme l’écrit Del Mar. À nouveau sous les traits du violon solo, son épouse le réconforte, offrant jusqu’à la fin un dialogue émouvant avec le cor solo, chaque instrument trouvant son accomplissement final sur le mi bémol, entendu dans l’aigu au violon et dans le grave au cor. Une ultime et colossale présentation du thème du héros, aux cuivres et aux bois, le mènera finalement vers un autre monde.

© Robert Markow

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