TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA

LE TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Dans le cadre de la saison 2016-2017, le TSO nous rend visite à la Maison symphonique de Montréal, alors que l’OSM présente un concert au Roy Thomson Hall de Toronto en décembre : une tradition qui remonte à 1966!

PRIX DES BILLETS

À partir de 43$*

MERCREDI 25 JANVIER 2017

20h00

COMPLET

TORONTO SYMPHONY ORCHESTRA

PETER OUNDJIAN, chef d’orchestre

TORONTO SYMPHONY YOUTH ORCHESTRA

STEWART GOODYEAR, piano

PROGRAMMATION :

Edward Top, Eruption, première mondiale (approx. 10 min.)

Tchaïkovski, Concerto pour piano no 1 en si bémol mineur, op. 23 (approx. 33 min.)

Dvořák, Symphonie no 7 en ré mineur, op. 70 (approx. 38 min.)

BIOGRAPHIES

PETER OUNDJIAN

CHEF D’ORCHESTRE

 

Natif de Toronto, le chef d’orchestre Peter Oundjian est reconnu non seulement pour sa présence dynamique dans le milieu de la musique symphonique, mais aussi pour sa profonde musicalité, son esprit de collaboration et sa personnalité engageante. Sa nomination comme directeur musical du Toronto Symphony Orchestra (TSO) en 2004 a donné une forte impulsion à l’orchestre grâce au grand nombre d’enregistrements et de tournées qu’il a réalisés, et à sa programmation novatrice appréciée par un auditoire sans cesse croissant. Tous ces facteurs ont participé à consolider la place de l’ensemble dans le monde. En 2014, le chef dirigeait le TSO dans une tournée européenne incluant une prestation à guichet fermé au Concertgebouw d’Amsterdam et une autre à la salle Harpa de Reykjavik, la première d’un orchestre nord-américain à cet endroit.

 

Peter Oundjian a été nommé directeur musical du Royal Scottish National Orchestra (RSNO) en 2012. Sous sa baguette, l’orchestre a effectué plusieurs tournées couronnées de succès, dont une en Chine, tout en poursuivant sa collaboration avec la maison Chandos. Au cours de la dernière saison, M. Oundjian et le RSNO ouvraient le Festival d’Édimbourg avec l’Harmonium Project, un concept original qui leur a valu les éloges tant de la critique que du public.

 

Sur les grands podiums qu’il a fréquentés, de Berlin à Amsterdam en passant par Tel-Aviv, New York, Chicago et Sydney, peu de chefs savent faire preuve d’autant de musicalité et d’engagement dans leur fonction que Peter Oundjian. L’artiste a aussi fait des apparitions dans quelques-uns des principaux rassemblements annuels de musiciens et de mélomanes. Citons les BBC Proms et le Festival du Printemps de Prague, le Festival d’Édimbourg et le Festival Mozart du Philadelphia Orchestra, dont il a été le directeur artistique de 2003 à 2005.

 

De 2006 à 2010, M. Oundjian a été chef invité principal du Detroit Symphony Orchestra et, entre 1997 et 2007, directeur artistique du Caramoor International Music Festival de New York. Depuis 1981, il est professeur invité à la Yale School of Music et, en 2013, il a été décoré par l’université de la médaille Sanford en reconnaissance de ses services distingués dans le domaine musical.

 

EDWARD TOP

COMPOSITEUR

 

Natif des Pays-Bas, Edward Top étudie la composition et le violon au Conservatoire de Rotterdam et la musicologie au King’s College de Londres. Entre 2011 et 2014, il a été compositeur en résidence au Vancouver Symphony Orchestra ; l’orchestre lui a commandé une œuvre, Totem, qu’il a interprétée à l’occasion d’une tournée sur la côte Ouest américaine en 2013. Durant la saison 2015-2016, le Vancouver Island Symphony créait son Concerto pour trombone basse. Depuis 2014, M. Top dirige la classe de composition à la Vancouver Academy of Music. Il a remporté de nombreux prix internationaux de composition, dont récemment celui du concours Egidio Carella à Val Tidone et celui du concours 2 Agosto à Bologne, en Italie. Il a reçu des commandes de différents groupes, notamment le Schönberg Ensemble, le Vancouver’s Standing Wave, la Holland Symfonia, le Raschèr Saxophone Quartet, le Vocal LAB des Pays-Bas, le Quatuor Doelen. De plus, ses œuvres ont été jouées par la Radio Kamer Filharmonie des Pays-Bas, l’Orchestre du Théâtre communal de Bologne et la Tokyo Sinfonietta, et elles ont été dirigées par les chefs Bramwell Tovey, Peter Eötvös, Fabrice Bollon et Peter Rundel. Edward Top est compositeur associé au Centre de musique canadienne et il publie chez Donemus, aux Pays-Bas.

 

STEWART GOODYEAR

PIANO

 

Qualifié de « phénomène » par le Los Angeles Times et d’« un des meilleurs pianistes de sa génération » par le Philadelphia Inquirer, Stewart Goodyear est un jeune pianiste accompli tant comme soliste dans les concertos que comme chambriste, récitaliste et compositeur. Il s’est produit avec les plus grands orchestres du monde. Parmi les faits saillants de sa saison 2016-2017, citons des récitals au McCarter Theatre et au musée de la collection Phillips, un retour au New Jersey Symphony Orchestra et au Toronto Symphony Orchestra, et des débuts au Savannah Music Festival pour donner, en une seule journée, l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven.

 

La discographie de Stewart Goodyear comprend, de Beethoven, le cycle complet de ses sonates (en nomination aux prix JUNO dans la catégorie « Album classique de l’année : solo », en 2014) et les Variations Diabelli pour le label Marquis Classics ; le Concerto no 1 de Tchaïkovski et le Concerto de Grieg réunis, puis les Concertos nos 2 et 3 de Rachmaninov, deux albums enregistrés avec l’Orchestre symphonique national tchèque dirigé respectivement par Stanislav Bogunia et Hans Matthias Forster. Ces deux enregistrements sur étiquette Steinway and Sons ont été louangés par la critique. L’enregistrement des Rachmaninov a été salué par une nomination aux prix Juno dans la catégorie « Album classique de l’année : soliste avec grand ensemble accompagnateur ». Également gravée chez Steinway and Sons, on trouve la transcription par M. Goodyear de Casse-Noisette (le ballet complet) de Tchaïkovski, un produit lancé en octobre 2015 et choisi par le New York Times comme un des meilleurs albums de musique classique de l’année. Des œuvres pour piano de Ravel interprétées par l’artiste paraîtront chez Orchid Classics à l’automne 2017.

 

Stewart Goodyear a d’abord été formé au Royal Conservatory de Toronto, puis il a obtenu son baccalauréat au Curtis Institute of Music et sa maîtrise à la Juilliard School. Improvisateur et compositeur réputé, il a reçu des commandes de divers orchestres et ensembles de chambre, et il se fait l’interprète de ses propres œuvres solos.

TORONTO SYMPHONY YOUTH ORCHESTRA

EARL LEE

CHEF D’ORCHESTRE

 

Depuis plus de 40 ans, la mission du Toronto Symphony Youth Orchestra (TSYO) consiste à offrir une expérience d’orchestre de haut niveau à de talentueux jeunes musiciens de moins de 22 ans.

 

Le programme du TSYO fournit aux participants une occasion unique et marquante d’enrichir leur parcours d’importantes réussites, quelle que soit leur orientation de carrière. L’orchestre travaille en étroite collaboration avec le Toronto Symphony Orchestra (TSO) dont les musiciens agissent à titre de mentors auprès des jeunes au cours de la saison. De plus, les artistes invités par le TSO présentent des classes de maîtres à l’intention des membres du TSYO. Enfin, chaque année, les deux ensembles se produisent côte à côte dans un concert au Roy Thomson Hall. Le TSYO est dirigé par Earl Lee, sous le parrainage de RBC.

NOTES DE PROGRAMME

LES ŒUVRES

 

Chacune de nos saisons musicales nous amène en tournée à Montréal et à Ottawa pour présenter un programme passionnant : cette année ne fait pas exception. En prime, nos invités très spéciaux que sont les musiciens du Toronto Symphony Youth Orchestra jouent aux côtés de leurs mentors du TSO. Dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, nous avons passé une commande au compositeur canadien Edward Top. Intitulée Eruption, cette œuvre explosive porte bien son nom ! Stewart Goodyear joue le rôle de soliste dans le majestueux Concerto no 1 de Tchaïkovski, un des plus populaires jamais écrits. Surtout célèbre pour ses superbes mélodies, cette œuvre est aussi construite de façon fort ingénieuse. Le programme se termine avec la Symphonie no 7 de Dvořák, une œuvre fascinante et évocatrice. Beaucoup moins exubérante que la Symphonie du Nouveau Monde et beaucoup plus turbulente que l’élégante Huitième, c’est peut-être la symphonie la plus personnelle du compositeur.

 

— Peter Oundjian, directeur musical du TSO

 

 

 

EDWARD TOP

Né à Ommen, aux Pays-Bas, le 1er janvier 1972

 

Eruption

 

Filant à toute allure du début à la fin – un véritable tour de force –, l’œuvre est une éruption en soi, une célébration de l’intense poussée d’une vigueur juvénile. On assiste à un déferlement brut et effréné de sommets musicaux, capturé au moment fugace d’une éruption.

 

L’idée de l’œuvre m’est venue quand, par hasard, j’ai découvert une similarité frappante entre les cadences de l’ars nova, un style répandu en France au Moyen Âge, et les power chords (littéralement « accords de puissance ») caractéristiques du genre heavy metal des temps modernes, où l’utilisation de quintes parfaites parallèles, à la sonorité si distincte, joue un rôle pivot. L’expérience pourrait être comparée à celle d’un peintre d’aujourd’hui qui créerait des fresques dans des grottes, même si bien des développements techniques et stylistiques sont survenus depuis le temps des cavernes. Cette conception primitive, bien que contemporaine, justifiait la transformation d’éléments du sous-genre « métal extrême » – blast beats (intenses coups de caisse claire en doubles croches), power chords évoluant chromatiquement et changements dans la structure rythmique – en une esthétique symphonique de notre temps.

 

Notes du compositeur

Traduction : © Hélène Panneton pour Le Trait juste

 

 

PIOTR ILITCH TCHAÏKOVSKI

Né à Kamsko-Votkinsk, en Russie, le 7 mai 1840 – Mort à Saint-Pétersbourg, le 6 novembre 1893

Concerto pour piano no 1 en si bémol mineur, op. 23 / Piano Concerto no. 1 in B-flat minor, op. 23

(1874-1875/ rév. 1879 et vers 1894)

 

 

La veille de Noël 1874, Tchaïkovski joue la totalité de son Concerto pour piano no 1 devant un collègue du Conservatoire de Moscou, Nikolaï Rubinstein, qui déclare la nouvelle œuvre vulgaire, banale, maladroite, injouable et, à l’exception de « deux ou trois pages », sans valeur. Le compositeur est humilié, mais il ne se laisse pas démonter. « Je ne changerai pas une seule note de la partition, affirme-t-il, et elle sera publiée exactement comme elle se trouve ! »

 

En réalité, les choses ne se passent pas exactement de la sorte : Tchaïkovski achève l’orchestration de l’œuvre en février 1875, mais avant la publication de la première édition, en 1879, il accepte quelques révisions du pianiste anglais Edward Dannreuther (on a découvert récemment que la version la plus souvent jouée aujourd’hui provient d’une troisième édition, publiée vers 1894, comportant des modifications qui ne sont pas de Tchaïkovski). Le distingué pianiste et chef d’orchestre allemand Hans von Bülow tient la partie solo à la création du concerto, dans la lointaine ville de Boston, le 13 octobre 1875, et sera le dédicataire de la partition publiée. Le 21 novembre, le jeune pianiste et compositeur Sergueï Taneïev interprète le concerto à Moscou avec nul autre que Rubinstein au pupitre. Les interprétations de von Bülow et de Taneïev remportent un énorme succès, et Rubinstein lui-même est finalement conquis : en effet, en 1878, il apprend la partie de piano et devient l’un des plus éminents défenseurs de l’œuvre.

 

Sans contredit, le Concerto no 1 de Tchaïkovski fait autorité parmi les concertos romantiques : la partie solo est extrêmement virtuose, à la fois lyrique et héroïque, et les interactions entre le piano et les forces orchestrales sont colorées, dramatiques, parfois conflictuelles ; la partie d’orchestre est également virtuose. La musique du mouvement lent, en particulier, s’avère d’une sensibilité et d’une imagination peu communes. Le délicieux thème principal est introduit par la flûte sur un subtil fond de cordes en pizzicato et, au fur et à mesure qu’avance le mouvement, de ravissantes textures pianistiques se détachent de sonorités orchestrales vibrantes, souvent inattendues, évoquant la musique de ballet à son meilleur. Le tout est signé de la main d’un compositeur, qui prétend ne pas aimer le son du piano avec l’orchestre…

 

Comme beaucoup d’œuvres populaires de Tchaïkovski, le concerto a essuyé sa part de dédain ; la musique demeure néanmoins vivante et originale. Par exemple, l’entrée du soliste est saisissante et tout à fait exceptionnelle : elle survient dans une ouverture grandiose marquée Andante, indépendante en soi, écrite en dehors de la tonalité principale et présentant une ample mélodie qui ne reviendra plus au cours de l’œuvre. Chaque mouvement comporte un thème emprunté : le sautillant premier thème de l’Allegro du premier mouvement et le fougueux thème d’ouverture du Finale sont basés sur des chants folkloriques ukrainiens ; quant à la valse tourbillonnante du milieu du mouvement lent (accompagnée par une partie de piano qui semble courir après sa queue), elle cite un air français — « Il faut s’amuser, danser et rire » populaire à l’époque. Tchaïkovski enrichit ce matériau de mélodies remarquables et, dans les premier et dernier mouvements, il crée des drames musicaux puissants aux couleurs variées.

ANTONÍN DVOŘÁK

Né à Nelahozeves, près de Kralupy, en Bohême, le 8 septembre 1841 – Mort à Prague, en Bohême, le 1er mai 1904

 

Symphonie no 7 en ré mineur, op. 70 / Symphony no. 7 in D minor, op. 70

(1884-1885)

 

Après des apparitions triomphales à Londres, en mars 1884, où il dirige sa musique pour la première fois en dehors de sa Bohême natale, Dvořák reçoit la commande d’une symphonie par la London Philharmonic Society. Ce sera la Symphonie no 7, qu’il achève en mars 1885 et dont il dirige la première à Londres un mois plus tard.

 

Fourmillant d’idées, la Septième est un chef-d’œuvre de symphonie romantique : développée avec beaucoup d’imagination et de raffinement, elle est organisée en un drame musical cohérent – épique par son envergure, profonde par l’expression. Le tourment émotionnel qui enveloppe l’œuvre pourrait être le reflet de difficultés personnelles de Dvořák. En effet, à peu près à la même époque, il se bat pour que ses opéras tchèques soient acceptés à Vienne alors que son éditeur insiste pour qu’il écrive des opéras en allemand. Ses esquisses montrent ce qu’il lui en a coûté de labeur et d’introspection pour parvenir à compléter cette symphonie. Mais il est porté par le désir ardent de composer un réel chef-d’œuvre, comme son ami Brahms avec sa récente Symphonie no 3, dont il s’est d’ailleurs inspiré — une œuvre « capable de remuer la terre ».

 

Une atmosphère de tragédie s’installe dès les premières mesures : un grave, un roulement de tambour menaçant, un premier thème troublant, étouffé et fragmenté au départ, puis se fondant en un long déchaînement angoissé. La turbulence s’estompe avec le lyrisme d’un second thème, d’abord énoncé en douceur par les bois, puis animé d’une ardeur croissante. Le développement est inhabituellement court, mais hautement dramatique. Il s’intensifie au moyen de la récapitulation éclatante et solennelle du premier thème, qui cède aussitôt la place à une pleine reprise du second. La longue coda atteint à un climax furieux, mais la musique s’éteint, comme résignée — les dernières pages étant aussi sombres et mystérieuses que les premières mesures.

 

Le deuxième mouvement est un flot presque incessant de mélodies : s’y succèdent des thèmes distincts et admirables, tour à tour tendres, passionnés, hésitants et mélancoliques. Dvořák associe à chacun sa propre instrumentation, faisant un usage abondant de solos aux vents. Le mouvement est structuré telle une grande arche et il rappelle le premier mouvement par sa section centrale orageuse.

 

Le Scherzo adopte le caractère furiant, danse folklorique bohémienne tapageuse dont Dvořák est si friand (les rythmes croisés persistants qu’on y trouve sont typiques du genre). Il ne s’agit toutefois pas d’une danse exubérante : la musique est sombre et sans joie, entraînante et durement accentuée, ponctuée à peine de quelques passages fugaces de mélodie expressive. Le Trio du milieu, plus doucereux et pastoral, traduit la vision bucolique du compositeur. Le Vivace est repris, mais laisse bientôt place à une coda substantielle qui s’attarde un peu avant d’aboutir à une conclusion impétueuse et frénétique.

 

Le Finale exploite encore une fois la veine tragique du premier mouvement et sa forme générale est similaire : un premier thème progressant de la mélancolie vers un éclat de puissance redoutable ; un second, d’abord tranquille et lyrique, se transformant en une musique triomphante pour tout l’orchestre ; un développement concis, mais agité ; une récapitulation tronquée du premier thème et une pleine reprise du second ; enfin, une coda turbulente. Cependant, la conclusion n’est pas désespérée. En dix mesures solennelles, Dvořák mène in extremis cette œuvre tumultueuse à son aboutissement, après l’avoir longuement différé et au prix de hautes luttes.

 

 

Kevin Bazzana

Traduction : © Hélène Panneton pour Le Trait juste

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