Série Les Récitals

LOUIS LORTIE

LOUIS LORTIE : DEUX INTÉGRALES DE CHOPIN

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Artiste en résidence de l’OSM, le pianiste montréalais Louis Lortie entretient des liens étroits avec l’Orchestre depuis ses débuts. Parmi la trentaine d’enregistrements que comporte sa discographie, celui consacré à l’intégrale des études de Chopin est considéré mondialement comme une référence. Délectez-vous lors de ce récital entièrement consacré à Chopin et donné par l’un de nos plus grands artistes!

Concert présenté par
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Présenté en collaboration avec image001

PRIX DES BILLETS

À partir de 43$*

MARDI 4 AVRIL 2017

20h00

Orchestre symphonique de Montréal

Louis Lortie, piano

Artiste en résidence de l’OSM grâce au soutien de la Fondation familiale Larry et Cookie Rossy

PROGRAMME :

Chopin, 12 études pour piano, op. 10

Chopin, 12 études pour piano, op. 25

Chopin, 24 préludes pour piano, op. 28

NOTES DE PROGRAMME

FRÉDÉRIC CHOPIN

Né à Żelazowa Wola, près de Varsovie, le 1er mars 1810 – Mort à Paris, le 17 octobre 1849

 

Le piano n’existait que depuis quelques années et déjà Beethoven en avait révélé tout le potentiel expressif, mais c’est Frédéric Chopin qui lui apprendra à chanter et lui donnera sa modernité. Les deux recueils d’études, opus 10 et opus 25, suivis des Trois nouvelles études, ainsi que les 24 Préludes sont autant de témoignages du génie de Chopin, à la fois innovateur et poète, qui fera du piano l’instrument-roi des romantiques.

 

 

12 études, op. 10

12 études, op. 25

 

« J’ai composé une étude à ma manière ». C’est avec ces mots anodins écrits alors qu’il n’avait que dix-neuf ans que Chopin annonçait sans le savoir à son ami Tytus Woyciechowski que la virtuosité se devait désormais d’être transcendante et allait faire partie de l’expression poétique. Avec ses Études, Chopin non seulement s’émancipe en tant que compositeur, mais donne au piano une nouvelle dimension et le fait entrer dans la modernité. Il n’y a pas que la douzième étude de l’op. 10 qui peut être qualifiée de « révolutionnaire » : elles le sont toutes à leur manière.

 

Le premier recueil, op. 10, contient douze études composées entre 1829 et 1832. Publié en 1833, il a été dédié « à son ami Franz Liszt », qui ne tardera pas à inclure des œuvres de Chopin à son répertoire. La première étude rend immédiatement hommage à Johann Sebastian Bach, dont le Clavier bien tempéré sera l’évangile du compositeur polonais. En do majeur, avec ses arpèges emportés et son dessin mélodique affirmé à la basse, elle semble être une version moderne et romantique du fameux Prélude en do majeur qui ouvre le premier livre de Bach. Les autres études du recueil poursuivront l’exploration des possibilités de l’instrument et du jeu pianistique. La dernière, surnommée Étude révolutionnaire et certainement la plus célèbre de toutes, aurait été composée immédiatement après la chute de Varsovie face aux troupes russes en septembre 1831, et semble, avec sa violence et sa passion, traduire le désarroi du compositeur. Cependant, gardons-nous de toute tentation programmatique : les surnoms, donnés a posteriori à ces pièces, ne reflètent en rien la volonté du compositeur.

 

Le second recueil, op. 25, publié en 1837, comprend douze autres études qui furent composées entre 1832 et 1836 et a été dédié à la compagne de Liszt, la comtesse Marie d’Agoult. Les études de l’op. 25 sont développées dans la même veine que celles du premier recueil, les surpassent même en imagination et en poésie, et continuent de présenter des défis techniques que l’interprète doit résoudre avec musicalité. Robert Schumann, qui entendit Chopin en jouer quelques-unes, dit à propos de son jeu : « Qu’on imagine une harpe éolienne qui aurait toute l’étendue des sons, que la main d’un artiste fait parler en y jetant pêle-mêle toutes sortes d’arabesques fantastiques… » Ce serait cependant une erreur que de voir dans les Études de Chopin un exercice de virtuosité vaine. Selon les témoignages de ses contemporains, Chopin ne cherchait jamais à éblouir et, au contraire, privilégiait un toucher délicat, les sonorités voilées, et insistait sur l’importance du savoir chanter à ses élèves pianistes. Citons le pianiste et pédagogue Alfred Cortot : « […] les Études de Chopin sont inaccessibles au musicien sans virtuosité tout comme au virtuose sans musicalité ».

 

En 1839, Chopin composera trois autres études à l’intention de la Méthode des Méthodes de Fétis et Moscheles à laquelle collaborèrent également Mendelssohn et Liszt.

 

 

24 préludes, op. 28

 

Reprenons la question d’André Gide : « des préludes à quoi? » Jusqu’au début du XIXe siècle, le terme « prélude » s’appliquait au mouvement introductif sans forme précise qui préparait à ce qui allait suivre et que l’on retrouvait au début d’une suite de danses ou avant une fugue. Il pouvait également s’agir d’une pièce au caractère improvisé qui permettait à l’interprète de « se mettre en doigts » et de vérifier l’accord de son instrument. Chopin émancipera le prélude en conservant la liberté formelle et le ton proche de l’improvisation tout en laissant de côté son caractère introductif : ses propres préludes deviennent des instantanés psychologiques, des fragments poétiques. Robert Schumann, qui admirait tant l’art de Chopin, en sera décontenancé : « Ce sont des esquisses, des ébauches ou, si l’on veut, des vestiges d’études, des plumes d’aigles éparses, le tout dans un désordre bariolé. […] le recueil contient des passages morbides, fiévreux, déplaisants; que chacun y trouve son compte. » En revanche, Franz Liszt y trouvera « la libre et grande allure qui caractérise les œuvres de génie. »

 

Une fois de plus, l’influence du Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach se fait sentir. De plus, il les ordonne selon un plan précis : chaque prélude est dans une tonalité différente en suivant le cycle des quintes, chaque tonalité majeure étant suivie de sa relative mineure. Ainsi, le premier est en do majeur, le second en la mineur, le troisième en sol majeur, le quatrième en mi mineur et ainsi de suite. En revanche, Chopin ne les fait pas suivre de fugues.

 

Bien que les circonstances entourant la composition du livre des Préludes, op. 28, soient mal connues, on les associe généralement au séjour désastreux que Chopin, sa compagne, George Sand, et les trois enfants de celle-ci, firent à Majorque au cours de l’hiver 1838-1839. D’abord dépourvu de piano, vivant avec le strict nécessaire dans un confort restreint et n’ayant pour toutes partitions musicales que les deux livres du Clavier bien tempéré de Bach, Chopin se consacra à ses Préludes à partir du mois de novembre, mais on sait que près des deux tiers de ceux-ci avaient déjà été composés et ne nécessiteront qu’une révision. Encore aujourd’hui, on ne peut déterminer avec précision lesquels furent composés à Majorque.

 

« Admirables par leur diversité » (Liszt), les Préludes de Chopin se rapprochent tantôt de l’étude, tantôt de la mélodie sans paroles, alors que d’autres esquissent des rythmes de danse. Tous cependant révèlent la pensée intime et les états d’âme de leur auteur. Précisons au passage qu’une fois de plus, les titres qui furent parfois donnés aux préludes n’auraient probablement jamais été approuvés par le compositeur. De plus, bien que nous ayons aujourd’hui tendance à considérer l’op. 28 comme un tout, Chopin ne le voyait pas ainsi et n’interpréta que quelques préludes en concert.

 

Les Préludes, op. 28, font partie des œuvres les plus aimées et les plus admirées de Frédéric Chopin : en plus d’avoir été maintes fois enregistrés (incluant par Louis Lortie) et même repris dans la musique populaire par des artistes aussi variés que Radiohead, Serge Gainsbourg et Antônio Carlos Jobim, ils serviront également de modèle à plusieurs compositeurs des générations suivantes comme Scriabine, Rachmaninov, Debussy, Messiaen et Gershwin, qui poursuivront dans la même veine avec leurs propres préludes.

 

© Jean-Pascal Vachon

© Transalted from the French by Robert Markow

BIO

 

LOUIS LORTIE

PIANO

L’éminent pianiste québécois Louis Lortie a choisi d’interpréter un vaste répertoire plutôt que d’opter pour un style particulier. Selon The London Times, il combine « la totale spontanéité et la calme maturité que seuls possèdent les grands pianistes ».

 

Louis Lortie s’est récemment produit avec les orchestres symphoniques de Chicago, de Sydney et de Boston, avec le Dallas Symphony et l’Orchestre philharmonique de Hong Kong sous la direction de Jaap Van Zweden, avec le Royal Philharmonic et l’Orchestre philharmonique de Varsovie, et a participé à des tournées du Gewandhaus de Leipzig, de l’Orchestre de La Scala et de l’Orchestre Beethoven de Bonn. Son calendrier indique des prestations avec plusieurs orchestres du monde entier, et des récitals à Toronto, Ottawa, Atlanta, Montréal, Vancouver, Seattle, La Jolla, Berlin, Bonn, Rheingau et Florence. Artiste en résidence à l’OSM cette saison, il le sera à l’Orchestre symphonique de Shanghai pour la saison 2017-2018 et fera une tournée qui comprendra des prestations au Tibet.

 

La discographie de Louis Lortie comprend plus de quarante-cinq enregistrements sous étiquette Chandos, dans un répertoire qui va de Mozart à Stravinsky et qui inclut l’intégrale des sonates de Beethoven et celle des Années de pèlerinage de Liszt, l’un des dix meilleurs enregistrements de 2012 selon le New Yorker Magazine. Son enregistrement du Concerto pour piano de Lutosławski, avec le BBC Symphony sous la direction d’Edward Gardner, a été encensé, tout comme l’a été un récent enregistrement Chopin (il enregistre toute la musique pour piano seul de Chopin pour Chandos) considéré, par The New York Times, comme l’un des meilleurs enregistrements de l’année. Il a récemment fait paraitre les Valses de Chopin (« Chopin joué de façon sublime », Fanfare Magazine), des œuvres de Saint-Saëns avec Neeme Järvi et l’Orchestre philharmonique de Bergen, et l’intégrale des œuvres pour deux pianos de Rachmaninov avec Hélène Mercier. Ses prochains enregistrements comprennent notamment des œuvres de Poulenc jouées avec le BBC Philharmonic.

 

En octobre 2016, la Chapelle musicale Reine Élizabeth de Bruxelles a annoncé que Louis Lortie devenait son nouveau maître en résidence, succédant à Maria João Pires, qui a occupé cette fonction pendant quatre ans. Louis Lortie a étudié à Montréal avec Yvonne Hubert (élève du légendaire Alfred Cortot), à Vienne avec Dieter Weber, spécialiste de Beethoven, puis avec Leon Fleisher, disciple de Schnabel. En 1984, il a remporté le Premier Prix du Concours international de piano Ferruccio Busoni et s’est distingué au Concours international de piano de Leeds. Établi à Berlin depuis 1997, il réside aussi au Canada et en Italie.

Artiste en résidence de l’OSM grâce au soutien de la Fondation familiale Larry et Cookie Rossy

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