Série Les Récitals D'Orgue

QUAND L’ORGUE DEVIENT CINÉMA

QUAND L’ORGUE DEVIENT CINÉMA

PARTENAIRE DE SAISON

Maison symphonique de Montréal

Soirée de courts métrages marqués par l’humour tels que Le Vagabond (The Vagabond) et Charlot au music-hall (A night in the Show) de Charlie Chaplin,
Le Baiser de Stefen Le Lay, Le Voyage dans la lune de Georges Méliès et Les Voisins de Norman McLaren accompagnés d’improvisations en direct par deux jeunes et brillants organistes. Un court-métrage humoristique d’un(e) jeune cinéaste québécois(e) membre de Kino’00 sera également présenté lors de cette soirée toute spéciale.

Événement présenté en collaboration avec Kino’00, organisme incontournable de la scène cinématographique québécoise qui soutient depuis près de 20 ans la production et la diffusion de courts métrages indépendants et plus particulièrement d’artistes émergents.

Le Grand Orgue Pierre-Béique a été généreusement offert à l’OSM par madame Jacqueline Desmarais.

PRIX DES BILLETS

À partir de 43$*

VENDREDI 17 FÉVRIER 2017

20h00

COMPLET

Organistes:

Baptiste-Florian Marle-Ouvrard

Samuel Liégeon

 

Présentateur:

Jean-Willy Kunz

 

Soirée de courts métrages accompagnés d’improvisations en direct à l’orgue.

Cet événement est présenté en collaboration avec Kino’00, organisme incontournable de la scène cinématographique québécoise qui soutient depuis près de 20 ans la production et la diffusion de courts métrages indépendants, et plus particulièrement d’artistes émergents.

CHARLIE CHAPLIN, A NIGHT IN THE SHOW (23′)
STEfAN LE LAY, LE BAISER (4’)
MCLAREN, VOISINS (8′)
COURT-MÉTRAGE KINO (5′)
David Émond-Ferrat, ALBERT (5′)
Gaëlle Quemener, Le nouveau bureau,(5′)
GEORGE MÉLIÈS, VOYAGE DANS LA LUNE (14′)
THOMAS GIUSIANO & MATHIEU REY – EDNA (5’)
CHARLIE CHAPLIN, THE VAGABOND (25′)

Notes de programme

LES ŒUVRES

 

Que seraient nos films préférés sans leurs bandes sonores? Imaginez la scène de la douche de Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock sans la musique de Murder de Bernard Herrmann, Dark Vader sans sa Marche impériale (John Williams, 1980), ou 2001 : l’odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick sans Ainsi parlait Zarathoustra (1896) de Richard Strauss. Si nous tenons beaucoup à la musique de nos films favoris, nous devons nous rappeler qu’au début du cinéma, il était  impossible de préenregistrer des bandes sonores : le plus souvent, la musique était assurée pour l’essentiel par un pianiste-improvisateur ou, dans des théâtres plus vastes, par un organiste. L’orgue à tuyaux, avec son éventail presque infini de sonorités et de nuances, de la plus grande douceur aux grondements les plus terrifiants, se prêtait bien à cet art en plein essor de l’image animée. Par leurs improvisations, les organistes créatifs pouvaient accentuer le drame, le pathétique ou l’humour représentés à l’écran. En outre, la tradition de l’improvisation à l’orgue constituait un art déjà largement répandu, perfectionné par les organistes des cathédrales d’Europe et d’Amérique du Nord. En fait, cette pratique s’est déplacée avec une aisance remarquable depuis le « lieu du culte divin » vers ce nouveau sanctuaire de la culture populaire, le cinéma. Le programme de ce soir couvre 115 ans d’histoire du film muet, à partir des premières expérimentations sur ce moyen d’expression jusqu’aux technologies 3D du nouveau millénaire, en passant par les récents courts métrages de David Émond-Ferrat et de Gaëlle Quemener réalisés en collaboration avec Kino’00. Les organistes Samuel Liégion et Baptiste-Florian Marle-Ouvrard improvisent tout au long des visionnements sur le Grand Orgue Pierre-Béique, dans le cadre de cette soirée animée par l’organiste en résidence de l’OSM, Jean-Willy Kunz.

 

A Night in the Show [Charlot au music-hall] (1915) de Charlie Chaplin présente l’acteur muet bien-aimé au sommet de son art dans une comédie burlesque où il joue deux rôles différents, M. Pest et M. Rowdy. Les personnages de Chaplin sèment le trouble et le chaos généralisé dans un spectacle de variétés de style vaudeville. Pendant que M. Rowdy, ivre, déverse sa bière sur la foule du haut de son balcon, M. Pest (incarnation habituelle de Chaplin) peine à trouver son siège. Avant que le rideau ne tombe, il aura eu des accrochages avec presque chaque musicien de l’orchestre, offrant à l’improvisateur autant d’occasions d’accompagnements créatifs. Une série de numéros de vaudeville médiocres, mais évocateurs, dont « La belle Wienerwurst », une charmeuse de serpent et un cracheur de feu, attirent les railleries de l’auditoire. Ajoutez à cela quelques tartes à la crème et un tuyau d’arrosage à forte pression, et vous y êtes !

 

Qu’arrive-t-il quand les techniques de projection cinématographique interrompent et perturbent les personnages et la narration? Dans un brillant pastiche de film muet, Le baiser (2005) de Stephan Le Lay s’ouvre avec deux amoureux sur un rivage rocheux prêts à échanger leur tout premier baiser. Rien de plus banal… Cependant, leur rendez-vous galant est compromis par les défaillances du projecteur qui déchire la pellicule et retourne leur monde à l’envers, littéralement. L’hilarité s’ensuit quand les deux personnages combattent pour conserver leur équilibre, donnant lieu à quelques moments de burlesque qui contrastent avec la naïveté initiale. Tout est bien qui finit bien? Peut-être pas pour ce couple d’amoureux malchanceux…

 

L’Office national du film (ONF) du Canada a longtemps été considéré comme un pionnier dans les techniques de pointe. Norman McLaren, en s’établissant au Canada en 1941 pour mettre sur pied le premier studio d’animation de l’ONF avec des élèves de l’École des beaux-arts de Montréal et de l’Ontario College of Art, allait donner naissance à l’une de ses œuvres les plus significatives et les plus novatrices. Neighbours [Voisins] (1952) est un film contre la guerre porteur d’un message fort simple : « Aimez votre voisin ». Au moyen d’une animation image par image et d’une technique appelée pixilation, McLaren raconte l’histoire de voisins entraînés dans une lutte à mort au sujet d’une fleur qui pousse sur la ligne mitoyenne de leurs propriétés. Dans la scène finale qui donne matière à réflexion, la fleur triomphe. Pour cette réalisation, McLaren a remporté un Oscar et un prix du Palmarès du film canadien.

 

En 1902, l’illusionniste et réalisateur Georges Méliès créait Voyage dans la lune, son plus long film jusqu’alors, d’une durée de 14 minutes. L’œuvre est présentée à travers le monde, à la fois en noir et blanc et dans une version coloriée à la main. Tirant son inspiration des romans de science-fiction de H. G. Wells et de Jules Verne, Méliès utilise ses techniques de scène illusionnistes combinées à des astuces cinématographiques pour raconter l’histoire du professeur Barbenfouillis et de son fantastique voyage vers la lune. Les six explorateurs de l’expédition font la rencontre inopinée d’une race étrangère, représentée par des danseuses des Folies Bergère, et doivent reprendre le chemin de la terre après une violente confrontation avec le roi de la lune. Leur fusée s’abîme en mer qui, pour les besoins du film, est suggérée par un gros plan d’aquarium. À leur retour, Barbenfouillis et ses acolytes sont célébrés dans les rues pour leurs exploits.

 

L’animation a fait des progrès marquants depuis le travail novateur de Norman McLaren. Le film Edna (2005), créé par Thomas Giusiano et Mathieu Rey alors qu’ils étaient étudiants au Supinfocom d’Arles, en France, utilise les technologies d’animation 3D pour mettre en valeur plusieurs moments phares du cinéma. Un personnage à la Charlie Chaplin part à la recherche de sa bien-aimée dans un monde sens dessus dessous, lequel se transforme au fil de tableaux empruntés à Steven Spielberg, dont des scènes de Parc jurassique (1993), d’Indiana Jones et le Temple maudit (1984) et de E. T. (1982).

 

Le programme de ce soir se termine par un retour à Charlie Chaplin qui représente, pour plusieurs, la référence par excellence du film muet. The Vagabond [Charlot musicien] (1916), un autre classique du réalisateur, met en vedette Charlot le clochard, un violoniste de bar qui s’enfuit avec l’argent d’un orchestre concurrent de cuivres et percussions dans une scène de poursuite caractéristique de la comédie. Forcé de fuir à la campagne, Charlot tombe sur une femme kidnappée par des gitans et s’en éprend aussitôt. Un amoureux rival surgit en la personne d’un peintre qui révèle aux parents de la jeune femme où elle se trouve. Alors qu’elle est emmenée à toute allure dans leur voiture, elle prend conscience de son amour pour Charlot et donne l’ordre au chauffeur de faire demi-tour pour aller le chercher.

 

 

 

 

 

BIO

DAVID ÉMOND-FERRAT

RÉALISATEUR

 

Dès ses débuts au cinéma, David Émond-Ferrat a immédiatement démontré son intérêt pour tous les aspects du métier, développant du coup un incontestable éclectisme. Ayant étudié en production cinématographique à la Mel Hoppenheim School of Cinema, à l’Université Concordia, il réalisera que là où il est le plus heureux, là où il trouve sa vraie place, est sans conteste dans le rôle de réalisateur.

De manière générale, on reconnaît le style cinématographique de David par son genre d’abord, qui évolue souvent sur la frontière entre le réel, le fantastique et la science-fiction, prétexte lui permettant surtout d’explorer ce qui l’intéresse particulièrement, soit la sensibilité de l’être humain et ses rapports avec l’autre. Sa production se distingue également par sa facture visuelle léchée et imprégnée de magie.

David a été directeur artistique du mouvement Kino et a réalisé plus d’une quarantaine de courts métrages, dont une dizaine réalisés en France et en Belgique.

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