Entrevue avec Thomas Le Duc-Moreau, chef assistant de l’OSM


À l’occasion du Mois de la jeunesse à l’OSM, le chef assistant Thomas Le Duc-Moreau, revient sur la manière dont la musique a façonné son cheminement de vie. À seulement 26 ans, il est l’un des contacts privilégiés avec les enfants à l’OSM, dirigeant les Matinées Jeunesse et donnant des ateliers de direction d’orchestre dans les écoles, entre autres. Mais cette vocation musicale n’est pas le fruit du hasard. La musique coule dans les veines de Thomas depuis son plus jeune âge! Entre retour sur les souvenirs, regard vers l’avenir et bienfaits de la musique dans le développement humain, voici le fruit de notre discussion avec Thomas Le Duc-Moreau.

1. Quel est ton souvenir le plus marquant dans ton apprentissage de jeune musicien ?

Ce sont mes cinq années passées à l’école primaire Le Plateau, à Montréal, qui est une école à vocation musicale. Nous y faisions de la musique presque deux heures par jour, toujours en situation de groupe. Pendant cinq ans, la musique a été pour moi une expérience communautaire axée sur le travail d’équipe. J’en étais complètement passionné ! Je me rappelle encore les chansons apprises en 2e année, alors que j’avais 7 ans. À partir de là, j’ai toujours trouvé mon plaisir en musique dans le partage avec les autres et la volonté d’un groupe de se dépasser pour faire de belles et grandes choses !

2. La musique permet de voyager, dit-on… Tu as pu expérimenter cela au sens littéral étant plus jeune, d’abord en en France avec l’école Joseph-François-Perreault puis Chine avec l’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal. Qu’est-ce que ces voyages t’ont apporté, en tant que musicien mais aussi en tant qu’individu?

Lorsque j’étais à l’école Joseph-François-Perrault, j’ai eu la chance de faire 3 tournées en France de plus de 3 semaines… et pratiquement toutes payées par la Fondation du programme de musique ! La première a duré 23 jours, j’avais alors 13 ans. C’était assez long sans ma famille. J’y ai développé un grand sens des responsabilités, car je devais m’occuper de ma valise, de mon passeport, en plus de découvrir la cuisine des nombreuses familles françaises où j’étais accueilli ! D’autant plus qu’à 13 ans, on n’aime pas manger de tout… Finalement, je n’ai plus été difficile avec la nourriture après ce voyage.

Lorsqu’on fait une tournée en tant que musicien, ça nous permet généralement de décrocher des tracas de la vie quotidienne et de simplement vivre le moment présent. Aussi, nous faisons de nombreux concerts avec le même répertoire, ce qui nous permet d’approfondir l’interprétation des œuvres. À Joseph-François-Perrault, nous jouions le dernier concert de la tournée pratiquement sans nos partitions, tellement nous connaissions intimement les pièces !

3. Aujourd’hui, tu rends la pareille en donnant toi-même, du haut de tes 26 ans, des ateliers aux enfants et aux jeunes musiciens. Peux-tu nous parler de l’atelier donné dans le cadre du projet OSMose ?

Le projet OSMose vise à donner des ateliers de musique et de danse à des jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme. Dans le cadre de ce projet, j’ai un atelier de direction d’orchestre avec les jeunes participants. Il s’agit de montrer aux jeunes les bases de la gestuelle de la direction d’orchestre, et de leur faire comprendre la notion de tempo. C’était un grand plaisir pour moi de rencontrer les jeunes de l’école Saint-Étienne, et j’ai très hâte de pouvoir les revoir et de poursuivre le projet avec eux !

4. Tu as également eu la chance de diriger un orchestre entier de jeunes musiciens lorsque tu étais en tournée avec l’OSM au Chili à l’automne 2019. Cela devait constituer tout un défi ! Peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ?

J’ai absolument adoré participer à cet atelier ! Nous avons joué un mouvement de la Sérénade pour cordes de Tchaïkovski, qui est une des plus belles œuvres pour orchestre à cordes jamais écrites. Avant la répétition, j’étais déjà très excité à l’idée de diriger cette pièce. Dès les premières mesures, j’ai été absolument impressionné par le haut niveau musical des jeunes, et particulièrement par la qualité de leur son. Nous avons travaillé à bien construire les phrases musicales de la pièce, afin que le discours et les émotions soient plus clairs. Malheureusement, nous n’avions que 30 minutes pour la répétition, ce qui était beaucoup trop court pour ce que nous aurions pu faire ensemble.

5. À l’OSM, ton rôle auprès de la jeunesse est important. Peux-tu nous rappeler certaines de tes tâches à l’égard des jeunes en tant que chef assistant ?

Dans le cadre de mon rôle comme chef assistant à l’OSM, je participe à de nombreuses activités de médiation avec les jeunes, dans les écoles. J’aime beaucoup faire l’activité sur la direction d’orchestre, car cela permet aux jeunes de s’initier à la gestuelle du chef d’orchestre et d’avoir un regard différent sur celui-ci la prochaine fois qu’ils regarderont un concert. Les enfants ont beaucoup de plaisir à participer à cette activité, et c’est toujours gratifiant pour moi de pouvoir communiquer ma passion pour la direction d’orchestre. Également, je dirige tous les concerts jeunesse de l’OSM, qui sont une belle introduction au monde musical de l’orchestre symphonique. J’ai moi-même assisté à de très nombreux concerts jeunesse de l’OSM lorsque j’étais petit, car mon école primaire était invitée à y assister.

6. Au regard de ton parcours, quelle morale tires-tu de l’importance pour les jeunes d’être exposés à la musique classique ?

Une des choses les plus importantes est de réaliser qu’on peut créer de belles choses collectivement! Je crois que les jeunes, en faisant de la musique à l’école, avec leurs amis et leur classe, développent un sens du groupe et de la responsabilité, qui les suivra toute leur vie.

7. Dans la période particulière que nous vivons, pourquoi la musique reste fondamentale, essentielle, notamment pour les plus jeunes ?

En cette période d’incertitude, la musique peut agir comme un compagnon de vie en nous inspirant des émotions ou en nous rappelant des souvenirs. Elle nous permet aussi de nous retrouver nous-mêmes, lorsqu’on se sent perdu ; elle peut être une merveilleuse source de recueillement, une confidente.

Visitez la page du Mois de la jeunesse pour en apprendre plus sur toutes les initiatives qui auront lieu lors de la saison 2020-2021 à l’OSM.